WIRE — Le sujet tombe à point nommé : ce samedi 15 août 2026, le gouvernement sénégalais a annoncé un relèvement des prix des carburants automobiles. Le litre de supercarburant passe de 920 à 990 FCFA (+70 FCFA) et le gasoil de 680 à 755 FCFA (+75 FCFA). Les prix du gaz domestique et de l'essence destinée aux pirogues restent, eux, inchangés. Selon les autorités, cet ajustement ramène simplement les prix à leur niveau d'avant la baisse du 6 décembre 2025, et reste partiel : le coût réel d'importation serait de 1 019 FCFA pour le supercarburant et 1 044 FCFA pour le gasoil, ce qui signifie que l'État continue de subventionner chaque litre vendu à la pompe. Depuis janvier 2026, plus de 245 milliards de FCFA auraient déjà été mobilisés en subventions carburant, et la facture annuelle pourrait atteindre 1 069 milliards de FCFA sans cet ajustement. Le gouvernement justifie cette hausse par le renchérissement des cours mondiaux du pétrole (+61 % pour le supercarburant et +69 % pour le gasoil depuis juillet), dans un contexte de tensions au Moyen-Orient. Le classement des pays africains où le carburant est le plus cher Les données les plus détaillées disponibles (GlobalPetrolPrices, avril 2026) situent le Malawi très largement en tête du continent, avec un litre à environ 3,85 dollars US, soit près de 2 190 FCFA — un niveau qui le classe 2ᵉ mondial, juste derrière Hong Kong. Viennent ensuite, par ordre décroissant : Derrière le Malawi viennent, dans l'ordre : le Zimbabwe (2,230 $, soit environ 1 271 FCFA), la Centrafrique (1,849 $, ≈ 1 054 FCFA), la Sierra Leone (1,779 $, ≈ 1 014 FCFA), le Maroc (1,642 $, ≈ 936 FCFA), le Sénégal (1,618 $, ≈ 922 FCFA), le Rwanda (1,577 $, ≈ 899 FCFA), le Mali (1,539 $, ≈ 877 FCFA), le Burkina Faso (1,495 $, ≈ 852 FCFA) et le Cameroun (1,479 $, ≈ 843 FCFA), qui ferme ce top 10. (Conversions indicatives au taux d'août 2026, soit 1 USD ≈ 570 FCFA.) Fait notable : malgré une hausse de plus de 50 % de ses prix intérieurs, le Nigeria — premier producteur pétrolier d'Afrique de l'Ouest — ne figure pas dans ce top 10, ses tarifs restant nettement plus bas grâce à sa production locale. Deux pays de l'Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso) figurent en revanche parmi les dix marchés les plus chers du continent. Le classement des pays où le carburant est le moins cher À l'opposé, les pays disposant de réserves pétrolières importantes et de mécanismes de subvention massifs affichent les prix les plus bas du continent. Selon les données de juillet 2026 : Ce top 10 des prix les plus bas est mené par la Libye (0,023 $/L, à peine 13 FCFA), suivie de l'Angola (0,327 $, ≈ 186 FCFA), de l'Algérie (0,353 $, ≈ 201 FCFA), de l'Égypte (0,492 $, ≈ 280 FCFA), du Soudan (0,700 $, ≈ 399 FCFA), du Nigeria (0,786 $, ≈ 448 FCFA), de la Tunisie (0,856 $, ≈ 488 FCFA), du Niger (0,872 $, ≈ 497 FCFA), du Gabon (1,047 $, ≈ 597 FCFA) et de l'Éthiopie, qui clôture ce classement avec 1,052 $/L (≈ 600 FCFA). (Conversions indicatives au taux d'août 2026, soit 1 USD ≈ 570 FCFA.) À titre de comparaison, l'Afrique du Sud se situe autour de 1,60 $/L (≈ 912 FCFA), un niveau proche de celui du Sénégal. Où se situe le Sénégal exactement ? Le Sénégal occupe une position intermédiaire à l'échelle du continent, mais une position de tête en Afrique de l'Ouest francophone. Avant la hausse de ce 15 août 2026, ses prix se situaient déjà, selon les relevés du premier semestre 2026, parmi les plus élevés de la sous-région, devant la Côte d'Ivoire (environ 820-830 FCFA le super) et à un niveau comparable à celui du Burkina Faso. Avec le nouveau tarif de 990 FCFA le supercarburant, le pays consolide cette position de marché le plus cher (ou parmi les plus chers) de l'espace UEMOA pour ce carburant, tout en restant loin derrière les niveaux extrêmes observés au Malawi, au Zimbabwe ou en Centrafrique. Ce paradoxe s'explique en partie par le fait que le Sénégal, devenu producteur de pétrole et de gaz depuis 2024-2025 (champs de Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim), n'a pas encore transformé cette production en carburant raffiné bon marché pour le marché intérieur : l'essentiel de l'huile et du gaz extraits est destiné à l'exportation, tandis que la consommation nationale continue de dépendre de produits raffinés importés et fortement taxés/subventionnés.
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