WIRE — Alors que le dossier ASER-AEE Power continue de secouer l'actualité sénégalaise, le patron du groupe espagnol, José Ángel González Tausz, a choisi de prendre publiquement la défense de Jean-Michel Sène, directeur général de l'Agence sénégalaise d'électrification rurale (ASER), le dédouanant de toute responsabilité dans les retards accumulés sur le chantier. Poursuivant ses explications sur le plateau de Walf TV, González Tausz attribue les blocages du projet à la suspension d'un an et demi ordonnée par l'Arcop, une décision qu'il qualifie d'" illégitime ", rappelant qu'elle a été invalidée par la Cour suprême. C'est dans ce contexte qu'il tient à écarter toute mise en cause de l'actuelle directeur général de l'ASER. " Jean-Michel, directeur de l'ASER, mon client, est arrivé un an après que le contrat a démarré ", insiste-t-il, soulignant que l'accord avec AEE Power avait été signé bien avant la prise de fonction de Sène, sous l'ancien régime. Un chiffrage précis pour appuyer sa défense Le patron d'AEE Power EPC affirme que les obligations contractuelles de son groupe ont été " remplies jusqu'à présent à 100 % ", avec plus de 40 millions de dollars — environ 24 milliards de F CFA — déjà engagés auprès de ses fournisseurs. Une manière, pour lui, de démontrer que la responsabilité des retards ne pourrait être imputée à sa société, ni à l'actuelle direction de l'ASER, mais plutôt à un problème de disponibilité des fonds côté sénégalais. " Où se trouvent les 84 millions d'euros que personne ne demande ? ", interroge-t-il, soit plus de 55 milliards de F CFA. Interrogé sur la capacité de son groupe à relancer le chantier, González Tausz se veut catégorique : " Nous avons les moyens financiers, nous avons les moyens techniques aussi pour le faire. " Selon lui, l'incertitude ne porterait plus sur AEE Power, mais sur la capacité du gouvernement sénégalais à mobiliser les financements restants. " La question qui se pose aujourd'hui, c'est si le gouvernement sénégalais a les moyens financiers pour le finir ", affirme-t-il, se disant prêt à prendre des risques pour faire avancer les travaux, tout en avertissant : " Le gouvernement doit remplir ses obligations. " En définitive, le dirigeant espagnol attend du gouvernement qu'il donne à l'ASER les moyens " administratifs, légaux et financiers suffisants " pour valider les factures en attente et permettre au projet de redémarrer. Une sortie qui, en écartant Jean-Michel Sène de toute responsabilité dans les retards constatés, déplace résolument la pression sur l'État sénégalais, présenté comme le seul maillon défaillant de la chaîne.
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