WIRE — SITUATION DANS LES CHAMPS DANS LA ZONE CENTRE Les signaux passent au vert La pluviométrie n'a certes pas atteint le volume escompté en début d'hivernage mais les paysans de la zone centre prédisent de bons rendements agricoles. Des projections susceptibles pour certains producteurs d'être compromises si, une pause pluviométrique est enregistrée. Les services de la météo rassurent et annoncent une bonne pluviométrie. Depuis le début de l'hivernage au Sénégal, le constat de la rareté des pluies est général dans certaines localités, notamment dans la zone centre qui peinait à recevoir des précipitations importantes permettant aux paysans de bien se lancer dans la campagne agricole. Kaolack et Kaffrine sont l'illustration parfaite de ce retard. En effet, la région de Kaolack n'avait enregistré que des averses et très rarement. C'est pourquoi les producteurs du bassin arachidier avaient exprimé leurs inquiétudes. En effet, explique Ali Diaw, président de la coopérative de Kahi, dans la région de Kaffrine, le volume d'eau reçu dans la zone, y compris celle de Kaolack, était bien en deçà des attentes des agriculteurs, à pareille période de l'année dernière. Mais, depuis, la situation a changé. Le Saloum a enregistré d'importantes pluies. Le cycle reprend et cela ne procure que du bien dans les champs. Cependant, il prévient tout de même que, si une nouvelle pause pluviométrique est enregistrée, ce sera le chaos dans les champs pour certaines cultures qui vont se désagréger et pourrir. De bons rendements prévus à Kaolack et Kaffrine À Taiba Niassène, Ameth Diakhaté Niass, président cadre local de concertation de producteurs, estime qu'il n'y a rien à signaler, puisque les cultures évoluent normalement. Pas assez d'eau, certes, mais la pluviométrie est de qualité. Membre de la coopérative agricole de Taiba Niassène, Ameth explique aussi que même si au début de l'hivernage les pluies n'étaient pas abondantes, cela ne pose aucun problème du fait des trois phases que compte une saison au Sénégal. En effet, notre interlocuteur fait savoir que la phase du milieu est plus répandue au Sénégal. Celle-ci consiste à ne pas semer dès la tombée des premières pluies qui généralement observent une pause avant de reprendre. C'est à la reprise que la plupart des paysans mettent les semences en terre comme c'est le cas cette saison à Kaolack. Donc pour lui, les cultures évoluent et pas de crainte, surtout que selon lui, les prévisions météorologiques sont justes, car celles-ci avaient annoncé une pause et une reprise jusqu'à la fin de la saison. C'est pourquoi il considère que les pluies vont s'abattre sur les champs encore plus, et ce ne sera que bénéfique pour les producteurs de mil et d'arachide. " Je crois en ce que nous dit la météo qui encourageait les agriculteurs à privilégier les cultures avec des variétés actives. Moi, j'ai suivi ce conseil, puisque la pause pluviométrique était annoncée. Les variantes à cycle court comme l'arachide ont été prisées même si d'autres ont misé sur la variété traditionnelle du cycle long ", dit-il. En tout état de cause, M. Niass affirme qu'à Taiba et à Kaffrine, les cultures se sont bien développées et vont continuer sur cette dynamique sauf en cas d'envahissement des insectes, puisque, d'après lui, la possibilité d'un arrêt des pluies après cette reprise a été écartée par les services de la météo. Les paysans de Diourbel affichent le sourire Toujours dans la zone centrale mais dans la région de Diourbel, les producteurs ont retenu pendant quelques semaines leur souffle. En effet, ces derniers qui s'étaient tenus prêts à engager les opérations champêtres avaient vite déchanté. La pluie se faisant de plus en plus rare. " Les champs se portent bien, malgré la pause pluviométrique, la situation s'est finalement décantée il y a quelques jours avec de fortes pluies ", explique Pape Abdoulaye Diouf, président de l'union régionale des associations paysans de Diourbel. Le pire a été, d'après lui, évité, car quelques jours de pluies sans une goutte d'eau dans les champs, les cultures auraient tellement manqué d'eau qu'elles ne pourraient tenir. Les paysans auraient donc perdu l'ensemble des spéculations. Heureusement pour eux, " la situation a connu un revirement matérialisé par beaucoup de pluies ces temps-ci depuis le 06 août ". Il précise que la situation commençait à être intenable surtout chez les paysans qui avaient semé tôt. Par contre, il prévient qu'un arrêt de la pluviométrie ou même une pause prolongée de celle-ci sera fatale, car la phase de mûrissement ne pourra pas être enclenchée et ce sera la catastrophe en ce sens que, il sera impossible de la rattraper comme dans la première phase, ou même avec un manque d'eau, ça se réactive dès qu'il pleut. " Lors de la dernière réunion hebdomadaire du Groupe de travail pluridisciplinaire tenue à Bambey, sous la présidence du préfet, il a été dit qu'il n'y a rien à craindre sur l'évolution des cultures. Les paysans, les services de la météo et le ministère de l'agriculture, entre autres parties prenantes, ont fait un bilan reluisant de la situation agricole ", rassure Pape Abdoulaye Diouf. Bachir KANE Section:economie
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