WIRE — Réunie à Saly jusqu'au 13 août, la DGPSN réforme le Programme national de bourses de sécurité familiale (PNBSF). Grâce à l'instauration d'une durée légale de séjour de cinq ans, cette révision stratégique s'inscrit dans la vision " Sénégal 2050 " afin de faire sortir du dispositif les ménages autonomes et d'intégrer les familles les plus vulnérables. Le gouvernement sénégalais réforme en profondeur son dispositif phare d'inclusion sociale. La Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale (DGPSN) a ouvert, hier à Saly, un atelier national de trois jours consacré aux nouvelles orientations et au processus de recertification du Programme national de bourses de sécurité familiale (PNBSF). Cette rencontre stratégique, qui se tient jusqu'au 13 août, rassemble l'ensemble des parties prenantes : institutions sectorielles, société civile et partenaires au développement, notamment la Banque mondiale. Elle s'inscrit directement dans l'Axe 2 de l'Agenda national de transformation " Sénégal 2050 ", dédié au développement du capital humain et à l'équité sociale. L'innovation majeure de cette réforme repose sur l'application du décret n°2026-1435 du 5 août 2026, modifiant celui du 7 avril 2023. Ce texte introduit une durée légale de séjour fixée à cinq ans dans le programme, afin d'assurer une rotation juste et transparente des ressources publiques. Après douze années d'existence, l'objectif est d'actualiser la liste des allocataires en retirant du dispositif les ménages devenus autonomes, pour faire place à ceux tombés dans la précarité. " C'est un impératif moral : s'assurer que chaque franc investi bénéficie à celui qui en a le plus besoin. Le décret introduit une durée légale de séjour afin de garantir une meilleure rotation des bénéficiaires, en cohérence avec la vision de justice sociale du président de la République ", a affirmé le Dr Amadou Diaw, directeur de cabinet du ministre de la Famille, de l'Action sociale et des Solidarités. Un bilan solide pour un pilier social Lancé en 2013, le PNBSF est un pilier de la lutte contre la pauvreté au Sénégal. Le programme soutient actuellement 355 013 ménages, dont 64 217 personnes en situation de handicap détentrices de la Carte d'égalité des chances. En combinant transferts monétaires conditionnels et engagements sociaux (santé, éducation, état civil), le dispositif a prouvé son efficacité. Selon l'étude d'impact de 2023, la consommation par tête chez les bénéficiaires a augmenté de plus de 8%, la vulnérabilité aux chocs économiques a baissé de près de 7%, les activités génératrices de revenus ont progressé de 20%, et la scolarisation des filles âgées de 6 à 12 ans s'est nettement améliorée. Les travaux de l'atelier s'articulent autour de quatre axes majeurs : la stabilisation des critères d'éligibilité via la méthode du Proxy Means Test ; la validation de la stratégie de recertification ; l'harmonisation des procédures entre acteurs ; et l'accélération de la digitalisation des paiements pour sécuriser les transferts. Pour le Délégué général de la DGPSN, Cheikh Mbacké Diop, ce processus vise à établir des critères scientifiques indiscutables : " Ce travail nous permet de proposer différents scénarios à l'autorité. Des ménages sont sortis de l'extrême pauvreté, tandis que d'autres s'y sont enfoncés et doivent, au nom de l'équité, pouvoir en bénéficier. L'objectif est d'arrêter de manière transparente la nouvelle liste. " Les conclusions de cet atelier serviront de base au gouvernement pour déployer une nouvelle génération de bourses de sécurité familiale, plus modernisée et axée sur l'efficacité.
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