WIRE — Une affaire d'escroquerie présumée impliquant un changeur de devises et un interlocuteur utilisant un numéro étranger est actuellement examinée par le Tribunal de grande instance de Mbour. Au centre du dossier, Pathé Diouf, gérant d'un bureau de change à Ngaparou, affirme avoir été trompé par de faux justificatifs de virements bancaires. Il estime avoir transféré au total 8,223 millions de francs CFA à Mamadou Aliou Diallo, poursuivi dans cette procédure. Ce dernier rejette toute implication volontaire et assure avoir lui-même été manipulé. Le tribunal rendra son verdict le 18 août 2026. Les faits remontent à un appel reçu dans la nuit par Pathé Diouf. Son interlocuteur, présenté comme résidant en France, lui aurait demandé de procéder à une opération financière au bénéfice d'un proche présenté comme son frère, Mamadou Aliou Diallo. La première transaction devait porter sur 9 millions de francs CFA. Pour convaincre le changeur de la réalité de l'opération, l'interlocuteur lui aurait fait parvenir plusieurs documents présentés comme des preuves de virements bancaires. Confiant dans ces justificatifs, Pathé Diouf aurait effectué plusieurs transferts. Ce n'est qu'après avoir constaté que les sommes annoncées n'étaient jamais apparues sur son compte qu'il aurait compris qu'il s'agissait de documents falsifiés. Une enquête pour remonter la piste des transferts Après avoir découvert la supercherie, le gérant aurait tenté de joindre Mamadou Aliou Diallo, destinataire des fonds. Ses appels étant restés sans réponse, il a finalement saisi les autorités. Une enquête de gendarmerie a alors été ouverte afin d'identifier les différents protagonistes et de retracer les communications ainsi que les mouvements liés aux numéros de téléphone utilisés dans l'opération. À la barre, Mamadou Aliou Diallo reconnaît avoir reçu les fonds, mais conteste toute participation consciente à une entreprise frauduleuse. Le prévenu, qui exploite lui-même un point de transfert d'argent, affirme avoir agi sur la base des instructions de l'individu utilisant le numéro étranger. Selon ses explications, il aurait ensuite reversé les sommes en direction de la Guinée, à la demande de son interlocuteur, qui invoquait une urgence médicale concernant un membre de sa famille. Une version qui ne convainc pas la partie civile. Me Elimane Kane, conseil de Pathé Diouf, estime que les éléments du dossier révèlent au contraire l'existence d'un mécanisme frauduleux organisé. L'avocat évoque une " association d'escrocs " et sollicite la condamnation du prévenu au paiement de 10 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts. La défense plaide la relaxe Les avocats de Mamadou Aliou Diallo, Mes Omar Sène et Mbodji, ont pour leur part demandé la relaxe de leur client. Ils soutiennent que celui-ci aurait été utilisé à son insu comme intermédiaire dans une opération montée par des individus opérant à distance. La défense insiste notamment sur l'absence, selon elle, d'éléments matériels permettant d'établir une complicité consciente du prévenu. Pour les conseils, le simple fait d'avoir réceptionné et transféré les fonds ne suffit pas à démontrer une participation volontaire à l'escroquerie. Le ministère public, après avoir examiné les différentes versions présentées à l'audience, a requis l'application de la loi. Le tribunal devra désormais départager les protagonistes et déterminer la responsabilité éventuelle de Mamadou Aliou Diallo. Le délibéré est attendu le 18 août 2026.

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