WIRE — Le président de l'Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) a tenu un point de presse ce mardi pour revenir sur l'obligation de déclaration de patrimoine et sur la récente publication de la liste des assujettis. Il a tenu à replacer cette démarche dans son contexte juridique et institutionnel, tout en apportant des clarifications sur le fonctionnement interne du dispositif. Le président de l'OFNAC a indiqué, dans son discours, que les fondements internationaux de l'obligation de déclaration de patrimoine, visent à prévenir et combattre la corruption, ainsi que la Convention des Nations Unies contre la corruption. Il a également évoqué la convention de l'Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, dont l'article 7 impose à certaines catégories d'agents publics de déclarer leur patrimoine avant, pendant et à la fin de leurs fonctions. Au Sénégal, cette obligation remonte à 2009, avant d'être révisée par une loi de 2014, puis actualisée par la loi de 2025. Par ailleurs , le président de l'OFNAC a précisé que les déclarations sont traitées de manière confidentielle par les préposés du département dédié, placé sous la responsabilité d'un chef de département. " Je ne peux pas vous dire ce qui est dans le contenu des déclarations des autres assujettis, à part la mienne ", a-t-il affirmé, insistant sur le fait que les informations déposées à l'OFNAC sont couvertes par le secret et ne feront l'objet d'aucune manipulation. Il a par ailleurs pointé une contrainte de moyens importante : le département chargé de la déclaration de patrimoine ne compte que quatre agents, pour environ 2 900 assujettis. Les équipes ont dû travailler jusqu'à trois heures du matin pour tenir l'engagement de publier la liste dans les délais annoncés. Le président de l'OFNAC a également tenu à souligner que l'Office ne se pose ni en donneur de leçons, ni en gendarme, tout en rappelant qu'il s'astreint lui-même à l'exemplarité : l'ensemble des agents de l'institution, y compris les enquêteurs quel que soit leur grade, figurent dans les listes publiées, dans une logique de tolérance zéro en interne. Il a insisté sur le fait que cet exercice ne relève ni de la délation ni d'une volonté de discréditer qui que ce soit, mais répond à une obligation légale : " Ce n'est pas notre initiative de publier les listes, c'est la loi qui nous impose de le faire. " Revenant sur son expérience personnelle de déclarant, le président de l'OFNAC a évoqué deux bénéfices concrets du dispositif : la clarification de sa propre situation patrimoniale, et la protection des héritiers, qui peuvent, selon la loi, accéder à la déclaration d'un proche décédé afin d'en assurer le partage sans que des biens non déclarés échappent à la famille. Il a également relié la crédibilité du dispositif à l'attractivité économique du pays, estimant que la probité de l'administration publique constitue un signal pour les investisseurs étrangers et les multinationales. Le président de l'OFNAC a enfin précisé que la liste publiée reste provisoire, en attendant les opérations de contrôle et d'authentification des déclarations. La liste définitive sera remise au chef de l'État et figurera dans le rapport d'activité annuel de l'institution, en plus de sa publication au Journal officiel prévue par la loi. Ce rapport comportera également des données statistiques sur les taux de dépôt des déclarations. Il a appelé l'ensemble des administrations et départements ministériels à accompagner l'OFNAC dans cette mission, et invité les assujettis n'ayant pas retrouvé leur nom à la bonne place sur la liste à adresser leurs réclamations au département www.dakaractu.com
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