WIRE — Le député-maire de Mbao, Abdou Karim Sall, hausse le ton. Dans une publication sur sa page Facebook, il dénonce ce qu'il considère comme une dérive du combat politique vers un affrontement institutionnel et estime désormais que la dissolution de l'Assemblée nationale est devenue " une obligation ". Évoquant le précédent historique de la crise entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia, il interpelle directement le président de la République sur sa responsabilité dans la préservation de la stabilité du pays. Abdou Karim Sall se montre particulièrement préoccupé par l'évolution de la situation politique et institutionnelle. Dans un post publié sur sa page Facebook, le député-maire de Mbao livre une prise de position sans ambiguïté, allant jusqu'à réclamer la dissolution de l'Assemblée nationale. D'entrée, Abdou Karim Sall place son propos sur le terrain de la morale politique. " La politique sans morale devient une lutte pour le pouvoir, dépourvue de toute grandeur ", écrit-il. Pour le parlementaire, les tensions politiques actuelles ne doivent pas conduire le Sénégal vers une situation susceptible d'affecter la stabilité institutionnelle. Il estime que le combat politique doit rester inscrit dans un cadre démocratique et met en garde contre une confrontation qui se concentrerait, selon lui, au niveau de l'Assemblée nationale. " Lorsque le combat politique quitte le terrain démocratique pour se jouer exclusivement dans l'hémicycle, il devient urgent de mettre un terme à cette mascarade afin de préserver la stabilité de notre pays ", affirme Abdou Karim Sall. Le député-maire de Mbao convoque ensuite l'histoire politique du Sénégal pour étayer son avertissement. Il fait notamment référence à la crise politique qui avait opposé, au sommet de l'État, Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia. " Le Sénégal ne doit pas renouer avec les pages sombres de son histoire, marquées notamment par la dualité au sommet de l'État entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia ", écrit-il. Abdou Karim Sall s'attaque ensuite directement à la convocation d'une session extraordinaire de l'Assemblée nationale. À ses yeux, une telle initiative, lorsqu'elle vise ce qu'il qualifie de règlement de comptes politiques, constitue une ligne qui ne devrait pas être franchie. " Convoquer une session extraordinaire de l'Assemblée nationale dans le seul but de régler des comptes politiques constitue le pas de trop qu'il ne fallait pas franchir, même lorsque l'on dispose d'une majorité mécanique ", soutient-il. Il poursuit en contestant l'idée selon laquelle la force du nombre au Parlement pourrait, à elle seule, conférer une légitimité morale à toutes les décisions prises par une majorité. " Je demeure convaincu qu'une majorité peut imposer une décision, mais qu'elle ne pourra jamais transformer une faute morale en un acte de justice ", martèle le député-maire de Mbao. Dans la suite de son texte, Abdou Karim Sall interpelle directement le chef de l'État. Il lui attribue, en sa qualité de président de la République, une responsabilité déterminante dans le fonctionnement des institutions et la préservation de la stabilité nationale. " Le président de la République, clé de voûte des institutions et gardien de la Constitution, a le devoir et la responsabilité de veiller au fonctionnement régulier des institutions. Il lui appartient d'agir pour préserver la stabilité, la paix sociale et l'intérêt supérieur de la Nation ", affirme-t-il. La conclusion de sa publication est encore plus catégorique. Pour Abdou Karim Sall, la situation politique exige désormais une réponse institutionnelle radicale : mettre fin à la législature en cours et retourner vers les électeurs. Le député-maire ne présente d'ailleurs plus cette perspective comme une simple possibilité. Il conclut son message par une formule sans détour : " La dissolution de l'Assemblée nationale n'est plus une option : elle est devenue une obligation. " À travers cette sortie, Abdou Karim Sall inscrit ainsi son argumentaire sur trois registres : la morale dans l'action politique, la nécessité de préserver les institutions d'une confrontation qu'il juge dangereuse et, enfin, la responsabilité du président de la République. Son appel à la dissolution de l'Assemblée nationale constitue le point culminant d'une publication dans laquelle il met en garde contre les conséquences d'une escalade politique et parlementaire. www.dakaractu.com

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