WIRE — Mandaw Ndiaye (31 ans), le gérant de l'auberge-bar à l'enseigne " Le Pounon " sise à Nord-Foire, et Eléne Sandrine Ngom, la réceptionniste, sont dans de sales draps. Ils ont été arrêtés en même temps que 4 prostituées nigérianes et une prostituée sénégalaise pour proxénétisme, mise en danger de la vie d'autrui et non-inscription au fichier sanitaire. D'après l'économie des faits, le commissariat du Tourisme avait reçu une information faisant état d'un réseau intense de proxénétisme, de prostitution clandestine et de blanchiment de capitaux déployé au sein du restaurant-bar et auberge à l'enseigne " Le Pounon " sis à Nord-Foire. La même source signalait également qu'il s'agissait principalement de prostituées d'origine nigériane et de mineures qui seraient impliquées dans cette affaire. Interpellation des prostituées sur les lieux Une descente sur les lieux a permis d'interpeller pour non-inscription au fichier national sanitaire et social (Nifss) et mise en danger de la vie d'autrui : cinq prostituées, dont une de nationalité sénégalaise et les quatre autres de nationalité nigériane, qui exerçaient librement leur activité de prostitution clandestine dans l'enceinte du bar-auberge, avec la complicité du personnel qui tire profit de l'activité illégale de ces dernières. Poursuivant, Eléne Sandrine Ngom, réceptionniste, et Mandaw Ndiaye, le gérant, ont été arrêtés pour des faits de proxénétisme du fait de leur implication dans cette affaire. Entendue, la prostituée nigériane Emo Gift Kinsley a déclaré qu'elle n'est pas détentrice d'un carnet sanitaire lui permettant d'exercer la profession de prostituée. Elle a également fait savoir qu'elle ne s'est pas fait dépister depuis longtemps pour le VIH/Sida et qu'elle ne se soumet pas aux contrôles médicaux imposés par la profession. Elle est bien consciente des risques d'infection qu'elle fait courir à ses clients. Dans ses déclarations, il ressort qu'elle a versé 5 000 Fcfa pour l'accès à l'auberge " Le Pounon ". Bien qu'elle ne soit pas détentrice d'un carnet sanitaire, elle est protégée et exerce librement son activité illégale. Mieux encore, l'auberge perçoit la moitié des sommes qu'elle reçoit lors de ses ébats sexuels rétribués. Sa compatriote Rita Victor Ekpé est dans le même cas. Elle a affirmé être entrée au Sénégal par voie terrestre au mois de novembre 2022 en vue d'exercer son activité de prostitution. C'est ainsi qu'elle a intégré l'auberge " Le Pounon ", bien qu'elle ne soit pas inscrite au fichier sanitaire et social. Elle a également révélé que la somme de 5 000 Fcfa est versée à l'auberge chaque fois qu'elle trouve un client pour un rapport sexuel. Les Nigérianes Reine Angela Ramon et Miracle Uma Agwa, ainsi que la Sénégalaise Ramatoulaye Cissokho, ont abondé dans le même sens, en reconnaissant ne pas être inscrites au fichier sanitaire et social tout en exerçant illégalement leur activité au sein de l'auberge " Le Pounon ", dans un cadre où l'absence de répression leur était garantie. Ces dernières ont également fait savoir que l'auberge " Le Pounon ", loin d'être un établissement à but non lucratif, tire bel et bien profit des fruits de leur prostitution. Elles ont conscience des risques qu'elles peuvent faire courir à leurs clients, même si des tests de VIH n'ont pas pu être effectués pour déterminer leur statut sérologique dans le cadre de la procédure. Rôle du personnel de l'auberge Interrogée, Sandrine Ngom a fait savoir qu'elle est réceptionniste au sein de l'auberge " Le Pounon " depuis 2018. Elle a été recrutée par le propriétaire, Moussa Fall, sous contrat à durée indéterminée. Elle est chargée de mettre les chambres à la disposition des prostituées, en remplissant également les fiches de police et les registres de l'hôtel. Concernant le fonctionnement de l'auberge, elle a déclaré que l'établissement fonctionne en continu. Pour ce qui est des tarifs, une chambre " passe-temps " coûte 5 000 Fcfa, somme versée par la prostituée dès qu'elle se présente avec son client. En contrepartie, en sa qualité de réceptionniste, elle met à la disposition de la prostituée un local et un préservatif pour une partie d'ébats sexuels rétribués. Poursuivant, Mme Ngom a révélé que l'argent qu'elle reçoit des prostituées provient des fruits de leur prostitution. Il y a les chambres avec salle de bain, à raison de 10 000 Fcfa par jour, et les chambres avec climatiseur, à 15 000 Fcfa. Gérant depuis 3 ans, Mandaw Ndiaye a indiqué qu'il était rémunéré à hauteur de 300 000 Fcfa par mois. Il est chargé de commander les boissons du bar pendant la nuit, mais aussi d'assurer le suivi et le contrôle de l'établissement. Il encaisse également l'argent provenant de l'auberge afin de le verser sur un compte ouvert à cet effet. Interrogé sur la présence des préservatifs qu'il distribuait aux prostituées, ainsi que sur le montant versé par ces dernières pour avoir accès au bar et pour trouver des clients avant de les amener à l'auberge, Mandaw Ndiaye a nié sans convaincre, faisant comprendre qu'il n'avait pas donné ces instructions au personnel, notamment à la réceptionniste. Selon lui, le propriétaire de l'auberge, Moussa Fall, se trouve actuellement en Belgique. Une réquisition a été envoyée à la Cbao pour la fermeture du compte de l'auberge.

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