WIRE — En tournée dans le Jolof pour la vente des cartes de Pastef, Ousmane Sonko monte le ton. À Dahra, devant une foule fortement mobilisée malgré une pluie battante, le président de Pastef-Les Patriotes a livré un discours aux allures de mise en garde. Selon lui, le pouvoir travaille à provoquer son parti pour justifier sa dissolution et récupérer son récépissé, dans le but de l'écarter des prochaines échéances électorales. Face à ce qu'il présente comme une stratégie de déstabilisation, le leader de Pastef appelle ses militants au calme, à la discipline et à ne répondre à aucune provocation. Plus grave encore, selon lui : un scénario serait actuellement à l'étude contre son propre parti, visant à provoquer Pastef pour créer les conditions de sa dissolution. " Ils sont dans des calculs de provoquer Pastef pour, enfin, le dissoudre et récupérer le récépissé. Ça fait partie de leurs calculs ", a-t-il affirmé, laissant planer la menace d'une manœuvre concertée contre sa formation. " Les Sénégalais ne se sont pas battus pour ça " Ousmane Sonko a dénoncé un éloignement des engagements pris devant les Sénégalais. Pour lui, le changement espéré par les électeurs ne saurait se réduire à une alternance de personnes au sommet de l'État. " Les Sénégalais n'avaient pas voté pour ce qui se fait actuellement au pouvoir ", a-t-il lancé, avant de dénoncer des pratiques qu'il assimile à celles de l'ancien système. L'ancien Premier ministre s'en est pris aux pratiques consistant à " acheter des maires et autres dirigeants " à travers des mécanismes politiques qu'il a combattus avec ses compagnons. " Les Sénégalais ne se sont pas battus pour ça. Les gens ne sont pas morts pour ça ", a-t-il martelé, rappelant ainsi le lourd tribut politique et humain payé par les militants et sympathisants de Pastef avant l'arrivée au pouvoir du camp présidentiel. Pour Sonko, le mandat confié par les électeurs devait ouvrir la voie à une transformation profonde du système. Or, estime-t-il, " c'est ce même système qui est au palais ". Sonko traite de momies et de zombies politiques ses détracteurs qui " ciraient " ses chaussures En visite au siège de Pastef à Linguère, Ousmane Sonko a répondu aux attaques de responsables du parti présidentiel qui l'ont pris à partie après le meeting de Dahra. " Toutes ces attaques contre ma personne, c'est par manque de volonté politique, manque de capacité qu'ils le font. Mais surtout par pure méchanceté ", a-t-il déclaré dimanche, au lendemain du meeting de Dahra. Répondant à Mary Teuw Niane, Ousmane Sonko assène : " Vous avez remarqué que l'engouement provoqué par les manifestations grandioses, la vente des cartes de Pastef, a été relancé. Ils ont commencé à écrire sur les réseaux sociaux. Ce sont des momies politiques, des zombies politiques. Comme ils ont l'audace et le courage d'écrire, vous les entendrez dans les jours à venir m'attaquer à outrance. Ne soyez pas surpris ", lâche le leader de Pastef. Sonko d'enchaîner : " Tous ces gens-là qui m'attaquent, avant la séparation, ils disaient que j'étais le Messie, et non celui qu'ils décrivent aujourd'hui. J'étais leur idole, car ils comptaient sur moi pour être maire, pour garder leur poste ; et même leur nouveau messie ", dit-il. Et d'ajouter : " Quand ils avaient besoin de postes, ils me ciraient les chaussures ", lance-t-il.

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