WIRE — Qui arrose les politiques publiques ? Il y a des arbres dont je me souviens. Pas nécessairement parce qu'ils sont devenus grands. Certains, au contraire, parce qu'ils sont morts. Depuis bientôt une décennie, je joue, à mes heures perdues, au pépiniériste amateur. Chaque année, j'élève et j'offre des milliers de plants à des écoles, des associations, des collectivités, des communautés, des particuliers, à tous ceux qui veulent bien tenter l'aventure du reboisement. J'ai connu quelques joies magnifiques. Des plants que j'avais presque oubliés et que j'ai retrouvés, plusieurs années plus tard, transformés en arbres vigoureux. Ils avaient grandi malgré le soleil, les animaux, les mauvaises herbes et, parfois, notre propre négligence. Il y a quelque chose de profondément émouvant dans ces arbres devenus grands. Ils sont la preuve silencieuse qu'une petite chose confiée à la terre peut, pour peu qu'on en prenne soin, devenir beaucoup plus grande qu'elle-même. Mais j'ai aussi connu l'autre versant : les plants morts. Ceux qui n'ont jamais reçu la deuxième goutte d'eau après celle de la cérémonie. Ceux qui ont été piétinés, arrachés, dévorés par les animaux ou simplement abandonnés. Je pense notamment à certaines expériences de reboisement menées dans des cimetières de Dakar. Nous avions planté avec enthousiasme. Des hommes, des femmes et des enfants s'étaient mobilisés. Des plants avaient été donnés. Des trous creusés. Des arbres mis en terre. Nous avions fait ce que nous savons si bien faire : commencer. Quelques années plus tard, il restait à peine quelques arbres. Et beaucoup de trous. C'est peut-être ainsi que j'ai compris une vérité très simple, mais dont les conséquences dépassent largement le monde du reboisement : planter n'est pas faire pousser. Et peut-être même : commencer n'est pas réussir. J'ai eu, par ailleurs, l'occasion de regarder cette question depuis un autre angle, notamment comme ancien membre du Conseil de surveillance de l'Agence pour la Grande Muraille verte et la Reforestation. J'y ai retrouvé, à une autre échelle, la même vérité, mais habillée cette fois de chiffres. L'ambition officielle de la Grande Muraille verte a toujours été claire : viser un taux de survie d'au moins 80 % des plantations, année après année, grâce à un système de contrat-plante confiant aux communautés la production, l'arrosage, la surveillance et le regarnissage. Une ambition qui, à elle seule, dit tout : on ne mobilise pas des jeunes recrutés par centaines pour planter. On les mobilise pour faire vivre ce qui a été planté. Et pourtant, les évaluations les plus récentes rappellent la modestie du chemin parcouru. Sur l'ensemble du tracé sénégalais, on avance aujourd'hui un cumul d'environ 65.000 hectares reboisés, soit à peine 14 à 15 % de l'objectif national. Une étude de terrain portant sur plusieurs dizaines de parcelles a même montré qu'une seule d'entre elles verdissait véritablement mieux que les terres laissées sans le moindre entretien à côté. Le reste : des arbres comptés, mais pas nécessairement vivants. Même la dernière Campagne nationale de reboisement, qui proclame fièrement près de dix millions de plants produits, reconnaît en creux la même fragilité : sur dix millions de graines prévues, seules 8,5 millions ont pu être fournies, et à peine 45 % des semences nécessaires ont été distribuées. Un chiffre de production n'est pas un chiffre de vie. Entre l'ambition et le résultat, il existe donc un territoire immense. Un territoire fait de suivi, de moyens, d'entretien, de coordination, de patience, de responsabilité et d'évaluation. Et parfois d'une chose extraordinairement simple, mais terriblement exigeante : revenir voir. Revenir voir ce qui s'est passé après le lancement. Revenir voir ce qui reste après la cérémonie. Revenir voir si la promesse a rencontré la réalité. Revenir voir si ceux auxquels le projet était destiné en ont réellement bénéficié. Revenir voir si l'argent mobilisé a produit la transformation espérée. Revenir voir, tout simplement.   C'est pourquoi l'arbre m'intéresse aujourd'hui moins comme symbole écologique que comme métaphore de l'action publique. Un arbre est une chose merveilleusement impitoyable. Il ne lit pas les communiqués. Il ne regarde pas les journaux télévisés. Il ne sait pas qu'un ministre est venu le planter. Il ignore qu'un préfet était présent. Il ne connaît pas le nom du programme dans lequel il a été inscrit. Il ne se soucie guère du nombre de plants annoncés dans un rapport. L'arbre ne connaît qu'une seule loi : vivre ou mourir. Et c'est peut-être la meilleure école de politique publique qui soit. Parce qu'une politique publique, elle aussi, devrait finir par être confrontée à cette question très simple : produit-elle quelque chose, et cela dure-t-il ? Nous avons beaucoup appris à célébrer les commencements. Nous savons poser des premières pierres. Lancer des programmes. Signer des conventions. Installer des comités de pilotage ou technique. Organiser des ateliers de lancement. Inaugurer des équipements. Annoncer des financements. Prononcer des discours. Nous savons très bien donner naissance aux projets. Mais nous sommes peut-être moins doués pour les accompagner jusqu'à l'âge adulte. Nous sommes, à certains égards, devenus une République des commencements. Or une politique publique n'est pas un événement. C'est une trajectoire. Et le véritable travail commence souvent lorsque la cérémonie est terminée. Regardons l'enfant. On se réjouit, à juste titre, de sa naissance. On lui donne un acte d'état civil - pas toujours, malheureusement. On le vaccine. On le nourrit. On le protège. Mais personne ne prétendrait que la mission est achevée. Il faudra ensuite l'éduquer. L'instruire. Le soigner. Lui donner accès au savoir. L'accompagner dans sa formation. L'aider à trouver sa place dans la société. Lui permettre d'acquérir un métier. Et, si possible, lui ouvrir les portes de l'emploi et de l'autonomie. La naissance n'est que le commencement de l'histoire. Pourquoi en serait-il autrement de nos politiques publiques ? Pourquoi nous satisfaire de créer un dispositif quand nous devrions nous préoccuper de son fonctionnement ? Pourquoi célébrer la construction d'une école sans nous demander ce qu'elle produit comme apprentissages ? Pourquoi nous féliciter d'avoir formé des milliers de jeunes sans mesurer combien ont réellement trouvé une activité, créé une entreprise ou accédé à un emploi ? Pourquoi compter les enfants vaccinés sans regarder, quelques années plus tard, leur état de santé, leur parcours scolaire, leur insertion et leur capacité à devenir des citoyens autonomes ? Un enfant que l'on fait naître mais que l'on abandonne ensuite n'est pas une politique réussie. Il est une promesse interrompue. Et il en va de même pour l'arbre. Il en va encore de même pour l'entreprise. Et là encore, les chiffres, quand on va les chercher, sont d'une clarté presque cruelle. L'Agence nationale de la Statistique et de la Démographie vient de le documenter noir sur blanc, à travers une grande enquête sur la démographie des entreprises : 86,6 % des entreprises nouvellement créées passent le cap de leur première année. Un chiffre presque rassurant. Mais ce même tissu entrepreneurial, laissé à lui-même, s'effrite ensuite d'année en année, jusqu'à ne plus compter que 53,8 % de survivantes au bout de cinq ans. Un peu plus d'une entreprise sur deux. Et le détail est plus instructif encore que la moyenne : les sociétés constituées en bonne et due forme - celles qui, sur le papier, semblent les mieux armées - survivent moins bien à long terme (47,3 %) que les entrepreneurs individuels (55,1 %). La première cause de fermeture n'est ni l'incompétence, ni la conjoncture, ni même la pandémie : c'est, dans un tiers des cas, le manque d'accès au financement. Autrement dit, l'essentiel du mal ne se joue pas le jour de la création. Il se joue après, dans ce silence administratif où plus personne ne revient voir si la jeune pousse a de l'eau. Nous aimons annoncer les créations d'entreprises. C'est légitime. Mais le nombre d'entreprises créées ne dit presque rien, à lui seul, de la vitalité d'une économie. Une entreprise peut être créée lundi et disparaître avant même d'avoir trouvé son premier marché. Ce qui devrait nous intéresser davantage, c'est sa capacité à survivre. À grandir. À investir. À embaucher. À franchir les premières années. À accéder au financement. À conquérir des marchés. À résister aux crises. À devenir, pourquoi pas, une entreprise de référence. Autrement dit, le véritable indicateur n'est pas seulement le taux de création. C'est le taux de survie. Une entreprise morte est, à sa manière, comme un arbre mort. La différence est que l'une se mesure dans les registres du commerce et l'autre dans la terre. Mais toutes deux nous posent la même question : qu'avons-nous fait après la naissance ? Cette question devrait peut-être devenir l'une des questions cardinales de notre action publique. Que faisons-nous après ? Après la naissance. Après la vaccination. Après la construction. Après la formation. Après le financement. Après la création de l'entreprise. Après la première pierre. Après l'inauguration. Après le lancement. Après le décaissement. Après le discours. Après. Ce mot paraît minuscule. Il devrait pourtant être immense dans notre vocabulaire politique. Parce que c'est après que commencent les vraies difficultés. Et c'est souvent après que disparaît l'attention. La première pierre est spectaculaire. La maintenance ne l'est pas. L'inauguration produit des photographies. L'entretien produit rarement des unes. La signature d'une convention rassemble des responsables. L'évaluation oblige à répondre à des questions : combien avons-nous dépensé ? Combien avons-nous effectivement réalisé ? Combien fonctionnent encore ? Combien de bénéficiaires en tirent réellement profit ? Qu'est-ce qui a changé ? Qu'est-ce qui n'a pas changé ? Et, surtout : qu'est-ce qui n'a pas marché ? Cette dernière question est peut-être la plus importante de toutes. Une administration qui ne sait pas dire ce qui n'a pas marché ne peut pas progresser. Une politique publique qui ne peut pas être évaluée ne peut pas être véritablement pilotée. Et un État qui ne mesure pas ses résultats finit par confondre l'activité de ses services avec l'amélioration de la vie de ses citoyens. D'ailleurs, il nous faut donc apprendre à distinguer quatre choses que nous mélangeons trop souvent : l'activité, la réalisation, le résultat et l'impact. Organiser dix réunions : c'est une activité. Construire dix kilomètres de route : c'est une réalisation. Réduire le temps de déplacement des populations : c'est un résultat. Permettre à ces populations d'accéder plus facilement à l'emploi, aux services, aux marchés et d'améliorer durablement leurs revenus : c'est un impact. Les quatre sont nécessaires. Mais ils ne sont pas interchangeables. Et c'est précisément lorsque nous les confondons que nous pouvons annoncer une politique parfaitement " exécutée " alors que ses effets sur la vie réelle demeurent modestes. C'est pourquoi il faudrait peut-être instaurer un nouveau réflexe dans notre culture administrative : ne jamais laisser une inauguration sans lendemain. À chaque grand projet devrait correspondre une date de retour. Un an après. Trois ans après. Cinq ans après. Pas pour couper un nouveau ruban. Mais pour regarder. Mesurer. Comparer. Corriger. Rendre compte. Si la promesse a été tenue, il faut le dire. Si elle ne l'a pas été, il faut également avoir le courage de le dire. Car la maturité d'une administration ne se mesure pas à son absence d'échecs. Elle se mesure à sa capacité à les détecter tôt, à les reconnaître sans fard et à les corriger. C'est ici que l'arbre redevient notre meilleur professeur. Le jour de la plantation est important. Mais il ne dure qu'une journée. L'arbre, lui, devra affronter les trois cent soixante-quatre autres à venir. Il faudra l'arroser. Le protéger. Le surveiller. Le désherber. Le remplacer s'il meurt. Puis recommencer. Encore. Et encore. Jusqu'au jour où il sera suffisamment fort pour se passer de nous. Voilà peut-être ce qu'est une politique publique réussie : une action qui finit par produire les conditions de sa propre pérennité. Il y a, dans cette lente croissance de l'arbre, une leçon politique que nous gagnerions à méditer. Nous sommes attirés par ce qui commence parce que le commencement est visible. La croissance, elle, est silencieuse. Le chantier impressionne ; la maintenance est discrète. La construction se photographie ; l'usage se mesure difficilement. Le lancement est immédiat ; l'impact est différé. La politique de l'instant aime les premières pierres ; la politique du temps long préfère les fondations invisibles. Or un pays ne se construit pas uniquement avec des projets. Il se construit avec des projets qui durent. Il faut alors changer notre manière de compter. Ne plus seulement compter les plants distribués. Compter les arbres vivants. Ne plus seulement compter les écoles construites. Mesurer les apprentissages. Ne plus seulement compter les jeunes formés. Mesurer leur insertion. Ne plus seulement compter les entreprises créées. Mesurer leur survie et leur croissance. Ne plus seulement compter les kilomètres de routes livrés. Mesurer les transformations qu'ils produisent dans la vie quotidienne. Ne plus seulement compter les milliards mobilisés. Mesurer les richesses, les emplois, les services et les opportunités qu'ils auront effectivement permis de créer. Ne plus seulement demander : " Combien avons-nous fait ? " Mais : " Qu'est-ce que cela a changé ? " Voilà le changement de logiciel. Cette exigence n'est ni une obsession comptable ni une défiance à l'égard de l'administration. Elle est, au contraire, une forme de respect. Respect de l'argent public. Respect du temps des agents. Respect du travail des partenaires. Respect des citoyens. Et surtout, respect de ceux auxquels les politiques publiques sont destinées. Car derrière chaque ligne budgétaire, chaque programme, chaque projet, chaque cérémonie, il y a des vies. Des enfants qui attendent une école. Des malades qui attendent des soins. Des jeunes qui attendent une formation. Des entrepreneurs qui attendent un environnement favorable. Des agriculteurs qui attendent de l'eau. Des territoires qui attendent des infrastructures. Des familles qui attendent simplement que l'État tienne parole. Pour eux, une politique publique n'est pas un programme. C'est une réalité. Ou une absence de réalité. Peut-être faudrait-il alors inventer une nouvelle éthique du service public : l'éthique de l'après. L'après-lancement. L'après-inauguration. L'après-financement. L'après-réception. L'après-discours. L'après-communication. Cette éthique nous obligerait à poser systématiquement les mêmes questions : Qui est responsable ? Avec quels moyens ? Pendant combien de temps ? Avec quels indicateurs ? À quelle échéance mesurerons-nous les résultats ? Que ferons-nous si cela ne fonctionne pas ? Et surtout : qui reviendra voir ? Je repense souvent à ces plants que j'ai distribués. Certains sont devenus des arbres. D'autres ont disparu. Il n'y avait pourtant aucune différence fondamentale au moment où ils ont été plantés. Ils étaient tous jeunes. Tous fragiles. Tous porteurs d'une promesse. Ce qui les a séparés, ensuite, ce n'est pas le jour de leur plantation. C'est ce qui s'est passé après : l'eau, la protection, l'attention, la constance. Le hasard, parfois. Et l'existence ou non de quelqu'un pour entretenir ou pour revenir voir. Il en va exactement de même des projets, des entreprises, des territoires, des politiques publiques. Et peut-être même, des nations. Alors oui, continuons à planter. Plantons davantage. Dans nos écoles, nos quartiers, nos villages, nos villes, nos forêts, nos cimetières. Plantons autour de nos routes et de nos équipements publics. Plantons des espèces nourricières ou adaptées à nos terroirs. Plantons pour restaurer les sols, protéger la biodiversité, lutter contre la désertification, renforcer notre résilience climatique, améliorer nos paysages et créer de la valeur pour les communautés. Mais, surtout, plantons avec l'après en tête. Car l'arbre ne demande pas seulement à être mis en terre. Il demande à être accompagné jusqu'à ce qu'il puisse, un jour, donner de l'ombre à ceux qui ne l'ont pas planté. Il en va de même pour l'enfant. Ne nous contentons pas de le faire naître. Faisons-le grandir. Éduquons-le. Formons-le. Soignons-le. Donnons-lui les moyens de devenir autonome. Il ne suffit pas d'avoir sauvé sa naissance si nous abandonnons son avenir. Il en va de même pour l'entreprise. Ne nous contentons pas de faciliter sa création. Aidons-la à survivre. À apprendre. À investir. À accéder aux marchés. À franchir les années difficiles. À embaucher. Bref, à (sur)vivre et à grandir. Il en va de même pour le territoire. Il ne suffit pas d'y construire. Il faut qu'il devienne plus vivable. Il en va de même pour la politique publique. Il ne suffit pas de la lancer. Il faut qu'elle transforme. Et il en va de même, finalement, pour la promesse politique. Elle ne vaut pas par la beauté du discours qui l'a annoncée. Elle vaut par la vie meilleure qu'elle aura contribué à rendre possible. Peut-être avons-nous simplement besoin de réapprendre à penser dans le temps. Un arbre nous y oblige. Nous plantons aujourd'hui ce dont nous ne verrons peut-être jamais toute la grandeur. C'est une belle leçon de gouvernement. Gouverner, ce n'est pas seulement obtenir que quelque chose existe. C'est faire en sorte que cette chose puisse durer. C'est accepter de travailler pour des résultats dont d'autres récolteront parfois les fruits. C'est préférer la réussite d'une politique à la gloire de celui qui l'a lancée. C'est comprendre que la meilleure inauguration d'une école est peut-être l'enfant qui y apprend réellement à lire. Que la meilleure inauguration d'un hôpital est le malade qui y est mieux soigné. Que la meilleure inauguration d'une route est la vie économique qu'elle libère. Que le meilleur bilan d'une politique de l'emploi est le jeune qui n'a plus besoin d'en parler parce qu'il a trouvé sa place. Et que le meilleur bilan d'une campagne de reboisement n'est peut-être pas le nombre de plants annoncés. C'est l'ombre. Il m'arrive encore, lorsque je retrouve un arbre que j'avais offert quelques années auparavant, de ressentir une joie presque enfantine. Je me dis alors que tout cela est possible. Qu'une petite promesse peut tenir. À condition qu'on lui donne du temps. De l'eau. Du soin. De la constance. Mais les arbres morts me rappellent une autre vérité, moins confortable : la bonne intention ne suffit pas. Il faut quelqu'un pour poursuivre. Quelqu'un pour protéger. Quelqu'un pour corriger. Quelqu'un pour revenir. Quelqu'un, enfin, pour répondre. Alors peut-être qu'après avoir tant célébré les commencements, il est temps de célébrer autre chose : la continuité. La persévérance. La survie. La croissance. L'impact. Les résultats. Nous ne sommes pas condamnés à rester une République des premières pierres. Nous pouvons devenir une République des choses qui tiennent debout. Une République où l'on ne demandera plus seulement : " Qu'avons-nous lancé ? " mais : " Qu'avons-nous fait grandir ? " Et surtout : " Qu'est-ce qui est encore vivant ? " Car un arbre planté aujourd'hui est une promesse faite à demain. Et une promesse publique, comme un arbre, ne vaut pas par la cérémonie qui l'a vue naître. Elle vaut par ce qu'elle devient. Un jour futur, nous reviendrons peut-être à Darou Salam après la campagne de reboisement 2026 devenue une ligne dans l'histoire administrative du pays. Les arbres, eux, seront toujours là. Ou pas. Et ce jour-là, ils nous diront la vérité sans communiqué, sans rapport et sans discours. Ils nous diront si nous avons simplement planté. Ou si nous avons réellement fait pousser… Par Oumar BA Urbaniste / Essayiste umaralfaaruuq@outlook.com

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