WIRE — OFFENSE AU CHEF DE L'ÉTAT ET DISCOURS CONTRAIRES AUX BONNES MŒURS Prison ferme pour Lamignou Darou et ses coaccusés   Le tribunal des flagrants délits de Dakar a condamné, hier, Mandoumbé Diop, plus connu sous le nom de Lamignou Darou, à trois mois de prison ferme. Ses co-prévenus, Maguèye Diaw, alias Oustaz Thiep, et Moustapha Ndiaye, dit Ndiaye Touba, ont écopé chacun de deux mois ferme. Tous devront également payer une amende de 500 000 F CFA.   Le tribunal n'a pas suivi la défense des trois chroniqueurs de Feeñal Digital, qui soutenaient avoir réalisé une simple séquence humoristique ne visant personne en particulier. Jugés, hier, par le tribunal des flagrants délits de Dakar, Mandoumbé Diop, alias Lamignou Darou, Maguèye Diaw, plus connu sous le nom d'Oustaz Thiep, et Moustapha Ndiaye, dit Ndiaye Touba, ont été reconnus coupables d'offense au chef de l'État et de discours contraires aux bonnes mœurs. Lamignou Darou a été condamné à trois mois d'emprisonnement ferme et à une amende de 500 000 F CFA. Ses deux coprévenus ont, pour leur part, écopé chacun de deux mois ferme, assortis de la même amende. À l'origine de cette affaire, une vidéo diffusée sur TikTok dans laquelle les trois hommes formulaient des prières appelant le malheur sur " celui qui a trahi le projet du Pastef ". Sans que le président Bassirou Diomaye Faye soit expressément nommé dans la séquence, les enquêteurs et le parquet ont considéré que les propos le visaient directement. Interpellés à la fin du mois de juillet dans les locaux de Feeñal Digital par des éléments de la Division spéciale de cybersécurité, les trois hommes avaient ensuite été déférés au parquet et placés sous mandat de dépôt. Leur arrestation avait suscité des réactions, notamment celle du Syndicat des professionnels de l'information et de la communication du Sénégal (Synpics), qui avait dénoncé les conditions de l'intervention des forces de l'ordre dans les locaux du média. " Nous faisions de la comédie " À la barre, les prévenus ont reconnu avoir participé à la réalisation de la vidéo projetée au cours de l'audience. Ils ont toutefois contesté les infractions retenues contre eux, affirmant que la séquence relevait de la plaisanterie et ne comportait aucun destinataire précis. Interrogé sur l'identité de la personne désignée par les propos incriminés, Lamignou Darou a soutenu qu'ils ne visaient personne. Ses coprévenus ont adopté la même ligne de défense, présentant la vidéo comme une mise en scène entre amis. Cette explication n'a pas convaincu le ministère public. Dans son réquisitoire, le procureur Babacar Bèye a estimé que le contexte politique et la teneur des déclarations permettaient d'identifier clairement la personne visée. Selon lui, les propos dépassaient le cadre d'une simple plaisanterie et portaient atteinte à l'institution présidentielle. Le représentant du parquet a également tenu compte de la situation de Lamignou Darou, déjà condamné dans une précédente affaire liée à des propos tenus sur les réseaux sociaux. Il a requis contre lui un an d'emprisonnement, dont six mois ferme. Pour Oustaz Thiep et Ndiaye Touba, il a sollicité six mois de prison, dont trois mois ferme. Une amende de 500 000 F CFA a également été requise contre chacun des prévenus. Les avocats de la défense ont demandé la relaxe pure et simple. Ils ont principalement contesté la qualification d'offense au chef de l'État, faisant remarquer que le président de la République n'avait jamais été nommé dans la vidéo. Pour la défense, il ne suffisait pas de déduire, à partir du contexte politique, que les propos visaient Bassirou Diomaye Faye. Elle a soutenu que l'élément matériel de l'infraction n'était pas établi et dénoncé une procédure à caractère politique contre des militants réputés proches de Pastef. Les robes noires ont également insisté sur le caractère supposément humoristique de l'enregistrement et sur l'absence, selon elles, d'une volonté clairement établie d'offenser le chef de l'État. Des arguments rejetés par le tribunal, qui a retenu la culpabilité des trois prévenus tout en prononçant des peines inférieures aux réquisitions du parquet. Le jugement intervient dans un contexte marqué par la multiplication des procédures judiciaires liées à des déclarations diffusées sur les réseaux sociaux. Il relance ainsi le débat sur les limites de la liberté d'expression, la responsabilité des auteurs de contenus numériques et le maintien, dans la législation sénégalaise, du délit d'offense au chef de l'État. F. BA Section:social

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