WIRE — P. Konaté, 32 ans, comparaît dans une affaire d'infanticide présumé remontant à octobre 2024. L'autopsie n'ayant pas permis d'établir si l'enfant était né vivant, l'accusation et la défense s'opposent sur un point central. Atteinte d'un cancer du sein diagnostiqué en détention, elle attend son verdict. Une affaire particulièrement douloureuse est examinée par la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye. Selon L'Observateur, P. Konaté, ménagère âgée de 32 ans et domiciliée à Yeumbeul, est poursuivie dans un dossier d'infanticide présumé après la découverte du corps de son nouveau-né dans une fosse septique. Les faits remontent au mois d'octobre 2024. Pendant plusieurs mois, la jeune femme aurait dissimulé sa grossesse à sa mère et à son oncle. Elle n'aurait effectué aucune visite prénatale et n'aurait bénéficié d'aucun suivi médical. Une nuit, elle aurait ressenti des contractions. À la barre, P. Konaté a raconté qu'elle marchait dans le couloir pour calmer ses douleurs et tenter de rejoindre les toilettes. Elle serait tombée devant la porte, provoquant l'accouchement. La jeune femme affirme que l'enfant n'a pas crié et ne bougeait pas. Prise de panique, elle n'aurait averti aucun membre de sa famille et ne se serait rendue dans aucune structure sanitaire. Elle aurait ensuite jeté le corps du nouveau-né dans une fosse septique. Quelques jours plus tard, des membres de la famille, intrigués par des traces de sang provenant de la fosse, auraient décidé de l'ouvrir. Ils y ont découvert le corps d'un bébé dans un état de décomposition avancée. Une information judiciaire a alors été ouverte. Mais les constatations médico-légales n'ont pas permis de répondre à la question centrale de l'affaire. En raison de la putréfaction avancée du corps, le médecin légiste n'a pas pu déterminer si l'enfant était né vivant ni établir avec certitude la cause de son décès. Cette incertitude médicale est devenue le principal point de confrontation entre l'accusation et la défense. Dans son ordonnance de renvoi, le juge d'instruction aurait considéré que l'infraction d'infanticide ne pouvait être formellement retenue en l'absence de preuve d'une naissance vivante. Le magistrat aurait toutefois estimé que la dissimulation de la grossesse, l'absence de suivi médical et la volonté de cacher l'accouchement constituaient des éléments suffisants pour renvoyer P. Konaté devant la Chambre criminelle sous une qualification liée à la tentative d'infanticide. À l'audience, le ministère public a défendu une position plus sévère. Pour le procureur, une mère ne peut décider seule qu'un nouveau-né est décédé et se débarrasser de son corps comme d'un objet. Il a demandé la réclusion criminelle à perpétuité. Le représentant du parquet a également interpellé les familles sur leur responsabilité face aux grossesses dissimulées. Il estime que les parents doivent être plus attentifs aux changements susceptibles de révéler une grossesse cachée. La défense a, pour sa part, insisté sur l'absence de preuve démontrant que l'enfant respirait ou présentait des signes de vie à la naissance. Les avocats ont rappelé que, juridiquement, l'infanticide suppose la naissance d'un enfant vivant. Selon eux, la dissimulation de la grossesse, l'absence de consultations prénatales et l'accouchement solitaire constituent, au mieux, des actes préparatoires. Ils ne suffiraient pas à établir un commencement d'exécution d'une tentative d'infanticide. Un autre élément humain et médical pèse sur le dossier. P. Konaté souffre d'un cancer du sein diagnostiqué pendant sa détention. Elle a déjà subi une intervention chirurgicale. Ses avocats ont demandé son acquittement ou, à défaut, une requalification des faits. Ils ont également sollicité sa mise en liberté provisoire afin qu'elle puisse poursuivre ses soins dans de meilleures conditions. À la barre, la mère de l'accusée, Mme Diallo, a reconnu avoir soupçonné à plusieurs reprises la grossesse de sa fille. Elle a admis que son tempérament autoritaire avait peut-être poussé celle-ci à garder le silence jusqu'au drame. Le parquet s'est opposé à la demande de mise en liberté provisoire. La Chambre criminelle a suivi cette position et maintenu P. Konaté en détention dans l'attente de sa décision. Placée sous mandat de dépôt depuis le 6 novembre 2024, l'accusée doit être fixée sur son sort le 1er septembre. www.dakaractu.com

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