WIRE — Penda Konaté (32 ans), ménagère à Yeumbeul, comparaissait devant la Chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye pour infanticide. En octobre 2024, elle avait accouché en secret avant de jeter le corps de son nouveau-née dans une fosse septique. Atteinte d'un cancer du sein diagnostiqué en détention, elle risque la réclusion criminelle à perpétuité Le 15 septembre prochain, la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye tranchera le sort de Penda Konaté. Cette ménagère de 32 ans, placée sous mandat de dépôt depuis le 6 novembre 2024, encourt la réclusion criminelle à perpétuité Dans le box des accusés, elle fait face à des questions auxquelles ni la médecine légale ni ses propres aveux n'ont pu répondre avec certitude. Les faits remontent à octobre 2024, à Yeumbeul. Pendant plusieurs mois, Penda Konaté dissimule sa grossesse à sa mère et à son oncle. Aucune visite prénatale. Aucun suivi médical. Une nuit, les contractions la surprennent. " Je marchais dans le couloir pour calmer les douleurs. En voulant rejoindre les toilettes, j'ai chuté devant la porte. C'est à ce moment-là que l'enfant est venu au monde ", raconte-t-elle à la barre. Puis viennent ces mots, répétés devant la Cour : " Il n'a pas crié. Il ne bougeait pas. " Prise de panique, elle ne réveille personne. Elle ne se rend dans aucune structure sanitaire. Elle jette le corps du nouveau-né dans la fosse septique. Quelques jours plus tard, des proches, intrigués par des traces de sang provenant de la fosse, décident de l'ouvrir. Ils y découvrent le cadavre d'un bébé en état de décomposition avancée. Une information judiciaire est alors ouverte. Une autopsie qui ne tranche rien C'est là que le dossier bascule dans l'incertitude. Le rapport d'autopsie est formel : en raison de l'état avancé de putréfaction du corps,, le médecin légiste se déclare dans l'incapacité de déterminer si l'enfant était né vivant ou d'établir avec certitude la cause exacte de son décès. Cette impossibilité médicale devient la clé de voûte de la procédure. Dans son ordonnance de renvoi, le juge d'instruction estime que le crime d'infanticide ne peut être retenu, faute de preuve de la naissance vivante de l'enfant. Mais il considère que la dissimulation de la grossesse l'absence totale de suivi médical et la volonté de cacher l'accouchement constituent des éléments suffisants pour renvoyer Penda Konaté devant la Chambre criminelle pour tentative d'infanticide. À l'audience, le ministère public défend une position plus sévère. Pour le procureur, une mère ne peut décider seule qu'un nouveau-né est décédé. " Un être humain ne se jette pas dans une fosse comme un objet ", lance-t-il à l'adresse de l'accusée. Il requiert la réclusion criminelle à perpétuité et en profite pour interpeller les parents sur leur responsabilité lorsqu'ils soupçonnent une grossesse dissimulée. Face à ces réquisitions, la défense déploie une argumentation méthodique. " Ni l'autopsie ni aucun autre élément du dossier ne permettent d'affirmer que l'enfant respirait ou présentait des signes de vie à sa naissance ", plaident les avocats. Ils rappellent que l'infanticide suppose, sur le plan juridique, la naissance d'un enfant vivant. Les conseils soutiennent également que les faits reprochés avant l'accouchement — dissimulation de grossesse, absence de consultations prénatales et accouchement solitaire — ne constituent que de simples actes préparatoires et non un commencement d'exécution caractérisant une tentative d'infanticide. La défense révèle alors un élément qui alourdit encore davantage le dossier sur le plan humain. Penda Konaté souffre d'un cancer, du sein diagnostiqué durant sa détention. Elle a déjà subi une intervention chirurgicale. Ses avocats demandent son acquittement ou, à défaut, une requalification des faits, ainsi que sa mise en liberté provisoire. À la barre, sa mère, M. Diallo, reconnaît avoir soupçonné à plusieurs reprises la grossesse de sa fille. Elle admet que son tempérament autoritaire a pu pousser cette dernière à garder le silence jusqu'au drame. Le parquet s'oppose à la demande de mise en liberté provisoire. La Chambre criminelle suit cette position et maintient Penda Konaté en détention. Le verdict est désormais attendu le 15 septembre prochain.

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