WIRE — À quelques mois de l'ouverture de l'exposition " Il était une fois, Gaza ", prévue le 23 octobre 2026 au Monument de la Renaissance africaine, l'artiste plasticien suisse et sénégalais Ousmane Dia a dévoilé, ce mercredi 5 août, les grandes lignes de ce projet artistique engagé. La conférence de presse s'est tenue en présence de Son Excellence Dr Nasser Diab, ambassadeur de l'État de Palestine au Sénégal, et du Pr Babacar Mbaye Diop, commissaire scientifique et artistique de l'exposition. D'emblée, Ousmane Dia a rappelé que son travail artistique est avant tout un engagement. Après " Black Bie ", réalisée en réaction à la mort de George Floyd, ou encore " Maturité de mon peuple ", l'artiste affirme poursuivre sa démarche avec " Il était une fois, Gaza ", une exposition née, selon lui, de la douleur et de l'incompréhension face au drame vécu par le peuple palestinien. " Mon art est une nécessité. Il a pour vocation d'être la caisse de résonance de la voix des sans-voix ", a-t-il déclaré, précisant que son initiative ne vise pas un peuple, mais condamne les violences contre les civils. Il a également rendu hommage aux Israéliens engagés pour la paix et réaffirmé son attachement à une solution à deux États. L'exposition rassemblera des installations monumentales, des sculptures, des peintures et des dessins réalisés principalement au Sénégal. Parmi les œuvres majeures figure " À la mémoire des innocents ", une installation composée de 365 sculptures, une pour chaque jour de l'année, ainsi qu'une sculpture monumentale de plus de six mètres établissant un lien entre l'histoire de l'esclavage et de la colonisation en Afrique et les souffrances actuelles du peuple palestinien. Une autre œuvre sera consacrée aux violences faites aux femmes en temps de guerre. Le projet accueillera également huit artistes palestiniens, majoritairement des femmes, dont plusieurs ont perdu leurs ateliers et leurs œuvres à Gaza. Le cinéaste suisse Nicolas Bideau présentera son film " Qui vit encore ", récemment récompensé au Festival du film de Soleure. Prévue pendant trois mois, l'exposition se déploiera dans plusieurs espaces du Monument de la Renaissance africaine et couvrira notamment la période des Jeux olympiques de la jeunesse et celle de la Biennale de Dakar. Ousmane Dia a reconnu les difficultés rencontrées pour financer ce projet, réalisé en grande partie sur fonds propres. Il a lancé un appel aux partenaires afin de permettre la venue des artistes palestiniens invités et a annoncé son ambition d'ériger, à terme, un mémorial permanent dédié au peuple palestinien au Sénégal. Répondant aux questions des journalistes, l'artiste a affirmé avoir subi des pressions en raison de son engagement, tout en assurant qu'elles n'entacheront pas sa détermination. " Le rôle de l'artiste est de porter les causes que d'autres n'osent pas défendre ", a-t-il déclaré. Prenant la parole, Son Excellence Dr Nasser Diab, ambassadeur de l'État de Palestine au Sénégal, a salué cette initiative, remercié les organisateurs et exprimé son souhait de voir cette exposition contribuer à renforcer les liens de solidarité entre le Sénégal et le peuple palestinien. www.dakaractu.com
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