WIRE — Le principe de rotation régionale appliqué dans la désignation du secrétaire général des Nations unies constitue aujourd'hui le principal obstacle aux candidatures africaines, estime l'économiste et ancien secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA), Carlos Lopes. Dans un entretien accordé à Radio France Internationale (RFI) et relayé par l'Agence de presse sénégalaise (APS), il affirme que cette règle non écrite favorise, pour l'élection de 2026, les candidats issus de l'Amérique latine et des Caraïbes, au détriment des prétendants africains, parmi lesquels l'ancien président sénégalais Macky Sall et le diplomate ougandais Olara Otunnu. Selon Carlos Lopes, l'Afrique a elle-même bénéficié de ce principe lors des élections de Boutros Boutros-Ghali en 1991 puis de Kofi Annan en 1996. Remettre aujourd'hui en cause cette logique de rotation pourrait, selon lui, affaiblir une pratique diplomatique qui a longtemps servi les intérêts du continent. Il estime ainsi que " le principe de rotation régionale affaiblit n'importe quelle candidature africaine ", tout en rappelant que la désignation du secrétaire général repose officiellement sur une recommandation du Conseil de sécurité suivie d'une approbation de l'Assemblée générale des Nations unies. Macky Sall confronté à un contexte diplomatique défavorable Interrogé sur la candidature de Macky Sall, Carlos Lopes juge que l'ancien chef de l'État sénégalais part avec plusieurs handicaps. Il considère notamment que le soutien officiel exprimé par le président Bassirou Diomaye Faye est intervenu tardivement et n'a pas suffi à créer une dynamique favorable autour de sa candidature. L'ancien haut responsable onusien souligne également que Macky Sall ne bénéficie toujours pas d'un soutien officiel de l'Union africaine, une étape qu'il estime difficile à obtenir dans le contexte actuel. Carlos Lopes évoque aussi les difficultés liées aux procédures internes de l'Union africaine, estimant que plusieurs incompréhensions politiques compliquent l'émergence d'une position commune du continent. Concernant Olara Otunnu, il reconnaît son expérience et son parcours au sein des Nations unies, tout en considérant que son entrée tardive dans la course réduit également ses chances face à des candidats déjà bien installés. Le premier vote indicatif organisé le 30 juillet au siège de l'ONU à New York a placé Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica et secrétaire générale de la CNUCED, en tête des candidats. Macky Sall s'est classé cinquième et Olara Otunnu septième. Le successeur d'Antonio Guterres devrait être désigné à l'automne 2026, à l'issue des consultations conduites par le Conseil de sécurité puis de l'approbation de l'Assemblée générale.
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