WIRE — Le réseau de présumés homosexuels démantelé à Rufisque-Est serait lié à Mor Khary Ndiaye, dit " Joe ". Récemment, Mor Khary Ndiaye, dit " Joe " (39 ans), se disant enseignant et domicilié à Nguinth, ainsi qu'Ousmane Ndao (31 ans), se disant gérant de boutique, avaient été respectivement condamnés à deux ans et trois ans de prison ferme dans l'affaire dite de la partouze homosexuelle de Nguinth. Selon le quotidien Libération, des liens sont apparus entre eux et les présumés homosexuels interpellés récemment à Rufisque-Est et déférés au parquet lundi dernier. Le 28 juillet dernier, aux environs de 18 h 30, le commissariat de Rufisque-Est avait été informé par une personne préférant garder l'anonymat de la présence d'individus dans un immeuble R+3 situé au quartier Zakaranda, s'adonnant à des pratiques contre nature. La source indiquait que les mis en cause étaient liés au réseau de Mor Khary Ndiaye, dit " Joe ". Munis de ces informations, les policiers ont effectué une descente sur les lieux. Sur place, les enquêteurs ont effectivement trouvé, au deuxième étage, dans un appartement, sept jeunes, dont deux filles, entassés dans deux chambres contiguës, avec des matelas étalés à même le sol. Il s'agissait des nommés Mamadou Ndiaye (21 ans), soudeur domicilié à Arrêt Cherif ; Madické Ndir (26 ans), étudiant domicilié à Arrêt Cherif ; El Hadji Zale Sall Seck (20 ans), élève en mécanique domicilié à Gouye Mouride ; Mamadou Ndao (25 ans), élève domicilié à Nimzat ; Mouhamed Madické Diouf (22 ans), élève domicilié au Camp Marchand ; Khady Thiam (23 ans), femme de ménage de passage à Rufisque ; et Safiatou Ndiaye (23 ans), coiffeuse domiciliée à Thiawlène. L'exploitation sommaire de leurs téléphones portables, avec leur assentiment, a permis de découvrir des vidéos et des images obscènes laissant penser à des pratiques contraires aux bonnes mœurs, mettant notamment en scène des couples homosexuels. À la suite de la fouille des chambres, les policiers ont découvert un képa de haschich dissimulé sous une moquette ainsi qu'un préservatif ouvert, sorti de son emballage, dans la poche de Mouhamed Madické Diouf. Interpellés, les mis en cause ont reconnu les faits, à l'exception des deux femmes qui ont déclaré, sans convaincre les enquêteurs, qu'elles se trouvaient dans l'appartement pour une simple visite de courtoisie. Les téléphones portables saisis sur les mis en cause, la drogue ainsi que le préservatif ont été placés sous scellés pour les besoins de la procédure. L'enquête approfondie a révélé qu'il s'agirait d'un réseau de sextorsion, de proxénétisme, de chantage, de prostitution en ligne et de trafic de drogue, entretenu par Mamadou Ndiaye, identifié formellement comme étant le cerveau et impliqué dans le réseau de " Joe ". En effet, il est ressorti de l'interrogatoire de Khady Thiam qu'elle a été recrutée par Mamadou Ndiaye, alias " Momo ", au même titre que Safiatou Ndiaye, afin de se livrer à la prostitution et au racolage en ligne. Les deux femmes ont affirmé qu'elles s'adonnaient, à la suite d'annonces publiées sur les réseaux sociaux, à des appels vidéo à caractère sexuel facturés. Elles étaient ensuite rémunérées sur la base des recettes réalisées quotidiennement à travers les comptes Wave de Mamadou Ndiaye. Pire encore, certains de leurs clients, une fois filmés nus lors des appels vidéo, faisaient ensuite l'objet de chantage. Confronté aux déclarations des deux femmes, Mamadou Ndiaye a nié les faits, sans convaincre les enquêteurs. Il a soutenu les avoir simplement accueillies dans son appartement pour des raisons sociales. Cette version a toutefois été démentie par la plupart des autres personnes interpellées. En outre, interrogés à leur tour, El Hadji Zale Sall Seck, Mamadou Ndao et Mouhamed Madické Diouf ont tous nié toute implication dans des faits d'actes contre nature. En revanche, Madické Ndir, dont l'exploitation sommaire du téléphone portable a permis la saisie d'éléments matériels accablants, a reconnu être d'orientation bisexuelle. Il a ajouté qu'il évoluait dans le milieu de l'homosexualité depuis plusieurs années et avoir eu différents partenaires. L'enquête se poursuit. En attendant, les mis en cause ont été conduits au parquet de Rufisque pour association de malfaiteurs, actes contre nature, sextorsion, chantage, menaces et détention de drogue.
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