WIRE — Après avoir demandé des explications à 179 agents de l'administration absents de leur poste le lendemain du Magal de Touba, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public rejette toute logique de représailles. Dans un entretien accordé à L'Observateur, Mamadou Lamine Dianté défend une démarche visant à restaurer la discipline et la continuité du service public. Une tournée surprise dans les services administratifs Mamadou Lamine Dianté affirme avoir constaté un nombre important d'absences lors d'une visite effectuée dans plusieurs services de l'administration publique. Selon le ministre, environ 179 agents n'étaient pas présents à leur poste de travail au moment du contrôle. Des demandes d'explication leur ont été adressées afin qu'ils justifient leur absence. Dans l'entretien accordé à L'Observateur, il insiste sur le fait qu'une demande d'explication ne constitue pas automatiquement une sanction. Elle permet d'abord à l'administration d'entendre l'agent concerné avant de prendre une éventuelle décision. " On n'est pas dans les représailles " Le ministre affirme que la démarche du gouvernement n'est pas motivée par une volonté de punir systématiquement les agents. Il parle plutôt de pédagogie et de rappel des obligations professionnelles. À ses yeux, les agents publics doivent comprendre qu'ils exercent une mission au service de la population. Toute absence non autorisée peut perturber le fonctionnement des administrations et pénaliser les usagers. Il précise toutefois que chaque dossier devra être examiné individuellement. Les agents ayant des justifications recevables ne seraient pas traités de la même manière que ceux qui auraient délibérément abandonné leur poste. Le lendemain du Magal au cœur de la polémique La journée contrôlée correspondait au lendemain du Grand Magal de Touba. Une période durant laquelle plusieurs fidèles prolongent traditionnellement leur séjour dans la ville sainte ou rencontrent des difficultés pour rejoindre leur lieu de travail. Le ministre rappelle cependant que le fonctionnement de l'État ne peut être interrompu sans décision officielle. Il soutient que les jours fériés et les autorisations d'absence doivent être encadrés par les textes. Mamadou Lamine Dianté explique avoir lui-même effectué le déplacement à Touba avant de reprendre ses activités professionnelles. Il estime ainsi que la participation au Magal ne doit pas automatiquement conduire à une absence prolongée dans les services publics. Des situations qui seront examinées au cas par cas Le ministre reconnaît que certaines absences pourraient être justifiées. Des agents peuvent avoir rencontré des problèmes de transport, des contraintes familiales, des urgences ou d'autres circonstances particulières. C'est précisément pour cette raison, explique-t-il, que des demandes d'explication ont été envoyées. Les réponses devront permettre à l'administration de distinguer les absences justifiées des manquements professionnels. Il avertit néanmoins que les agents qui n'apporteront aucune justification sérieuse pourraient faire l'objet de mesures disciplinaires conformément aux règles en vigueur. Des milliards perdus à cause des jours fériés Mamadou Lamine Dianté évoque également l'impact économique des journées non travaillées. Il cite une étude réalisée à partir des transactions effectuées dans l'Union économique et monétaire ouest-africaine. D'après les chiffres mentionnés dans l'entretien, une journée de travail perdue représenterait plusieurs milliards de francs CFA de transactions en moins pour le Sénégal. Le ministre utilise cette estimation pour défendre la nécessité d'assurer une continuité minimale de l'activité administrative, y compris autour des grands événements religieux. La question d'un jour férié après le Magal Interrogé sur l'éventualité de décréter officiellement le lendemain du Magal jour férié, le ministre ne ferme pas totalement la porte au débat. Il estime toutefois qu'une telle décision doit relever d'une réflexion globale et d'un arbitrage des autorités compétentes. Elle devrait notamment prendre en compte les conséquences économiques, administratives et sociales. En attendant une éventuelle décision, les agents publics restent tenus de respecter le calendrier officiel de travail et les obligations prévues par les textes. Des syndicats critiques Certaines organisations syndicales ont dénoncé la procédure, estimant que le ministre aurait dû privilégier le dialogue avec les représentants des travailleurs. Mamadou Lamine Dianté répond que les syndicats jouent un rôle important, mais qu'ils ne peuvent pas empêcher l'administration de faire respecter ses règles. Il se dit toutefois favorable à la concertation lorsque celle-ci reste constructive. Pour le ministre, la défense des droits des agents doit aller de pair avec le respect de leurs obligations professionnelles. La responsabilité des chefs de service également engagée Le ministre souligne que les chefs de service ont une responsabilité particulière. Ils doivent veiller à la présence des agents, organiser les équipes et garantir la continuité du service. En cas de manquements répétés ou de tolérance excessive, leur propre responsabilité pourrait être examinée. L'objectif affiché est d'éviter que les absences deviennent une pratique banalisée dans l'administration. Une mesure soutenue par les plus hautes autorités Mamadou Lamine Dianté indique avoir échangé avec le Premier ministre sur la situation. Il affirme également que le président de la République accorde une grande importance à la discipline, à la ponctualité et à l'efficacité du service public. Le ministre assure que l'opération sera reproduite dans d'autres services. Selon lui, il ne s'agit pas d'une action ponctuelle, mais d'une démarche destinée à améliorer durablement le fonctionnement de l'administration sénégalaise. www.dakaractu.com
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