WIRE — La Commission nationale des droits de l'homme (CNDH) a rendu public son rapport d'activités portant sur l'année 2025, dressant un état des lieux de la situation des droits humains au Sénégal dans un contexte de consolidation institutionnelle post-alternance. Le document met en lumière des avancées significatives, tout en pointant des défis structurels persistants. Selon la Commission, le Sénégal reste engagé dans l'essentiel des grands instruments internationaux et régionaux de protection des droits humains, qu'il s'agisse du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, du Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, de la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples, de la Convention contre la torture ou encore de la CEDAW. Lors du quatrième cycle de l'Examen périodique universel, en janvier 2024, le pays avait accepté 299 des 322 recommandations formulées par les États membres du Conseil des droits de l'Homme, soit un taux d'acceptation de 92 %. Le rapport souligne toutefois que les tensions sociopolitiques qui ont marqué la période 2021-2024 continuent de peser sur l'environnement des droits humains, notamment en matière de libertés publiques, de gestion des manifestations et de confiance envers les institutions judiciaires. Sur le terrain des libertés publiques, la Commission recense plus de 60 rassemblements et manifestations organisés en 2025 à travers le territoire national, impliquant acteurs politiques, syndicaux, étudiants et citoyens. Si 75 % de ces mobilisations se sont déroulées sans incident majeur, environ 15 % ont fait l'objet de mesures restrictives, d'interdictions administratives partielles ou contrôles renforcés, justifiées par les autorités au nom du maintien de l'ordre. La CNDH pointe également le recours à des dispositions pénales relatives à la diffusion de fausses nouvelles et appelle à un encadrement plus conforme aux normes internationales. En matière judiciaire, le rapport identifie plusieurs défis structurels notamment des lenteurs dans les procédures, le surcharge des juridictions, des carences de l'assistance judiciaire pour les justiciables démunis et recours excessif à la détention préventive prolongée. Des réformes sont en cours, notamment la digitalisation partielle des procédures et une réflexion sur l'indépendance fonctionnelle du parquet. La question carcérale figure également parmi les préoccupations majeures, avec une surpopulation carcérale entraînant des conditions de détention jugées inhumaines : espaces insuffisants, accès limité aux soins, détentions préventives prolongées. La Commission plaide pour la généralisation des mesures alternatives à l'incarcération, telles que le bracelet électronique ou les travaux d'intérêt général. www.dakaractu.com

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