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Foncier : Le Mouvement Thiès d'Abord appelle à une levée totale du gel foncier pour l'ensemble des dossiers juridiquement réguliers et à la mise en place d'un dispositif permanent de sécurisation des procédures (Me Habib Vitin)
Deux ans après le gel du foncier et alors que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) viennent de revoir fortement à la baisse leurs prévisions de croissance pour le Sénégal en 2026, la reprise " progressive " des dossiers annoncée par le Gouvernement ne suffira pas à relancer durablement le secteur du BTP et l'investissement privé. Le 30 juin 2026, la Banque mondiale a publié ses dernières Perspectives économiques mondiales : la croissance du produit intérieur brut (PIB) sénégalais ne devrait atteindre que 2,2 % en 2026, contre 6,7 % initialement estimés pour 2025, soit une baisse de plus de quatre points en une année. Le Fonds monétaire international (FMI) établit un diagnostic similaire, ramenant également sa prévision à 2,2 %, contre 3 % annoncés lors de ses précédentes estimations d'octobre. Ces révisions, officiellement motivées par la révélation d'une dette non déclarée réévaluée à environ 13 milliards de dollars et par la suspension consécutive d'un programme de financement du FMI de 1,8 milliard de dollars, placent le Sénégal parmi les économies les plus fragilisées de la sous-région, largement en dessous de la moyenne attendue en Afrique subsaharienne, estimée autour de 4 % pour la même période. C'est dans ce contexte économique particulièrement contraint que le blocage prolongé du foncier prend toute son importance. Il ne constitue pas un obstacle parmi d'autres : il représente aujourd'hui l'un des principaux leviers de relance directement mobilisables par l'État, sans attendre nécessairement un retour complet de la confiance des partenaires financiers internationaux. Un audit " inédit " et un gel qui perdure Depuis juillet 2024, un audit d'une ampleur inédite — qualifié par le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, dans son message à la Nation d'avril 2025, d'" audit inédit " ayant révélé " de nombreuses irrégularités " — a entraîné le gel de plusieurs opérations majeures d'aménagement urbain. Cette situation a notamment concerné les quartiers résidentiels de Mbour 4, certains plans d'urbanisme à Guédiawaye et Yeumbeul-Malika, le projet de nouvelle ville de Thiès ainsi que plusieurs pôles urbains. En mars 2025, le Gouvernement avait annoncé l'annulation de nombreuses attributions foncières jugées irrégulières, notamment à Mbour 4, Thiès, Guédiawaye et Malika. Le calendrier de régularisation de ces opérations a depuis été prolongé jusqu'à la fin de l'année 2026, laissant ainsi plusieurs acteurs du secteur dans une situation d'incertitude depuis plus de deux ans. À la mi-2026, les autorités ont annoncé une reprise " progressive " des opérations foncières à Dakar, Thiès et Saint-Louis, avec une priorité accordée aux détenteurs de titres réguliers. Cette décision constitue une avancée importante. Toutefois, elle met également en lumière une limite majeure : une reprise au compte-gouttes, sans calendrier clairement opposable ni critères totalement transparents, qui entretient l'incertitude pour de nombreux dossiers en attente et ne permet pas encore de restaurer pleinement la bancabilité des projets ni la dynamique économique attendue. Le BTP, un moteur économique qu'il faut remettre en marche Le ralentissement économique actuel du Sénégal est fortement lié à l'arrêt prolongé des activités foncières, qui a eu pour conséquence de paralyser le secteur du BTP et de freiner considérablement l'investissement privé. Historiquement, le secteur du Bâtiment et des Travaux publics figure parmi les moteurs essentiels de l'économie sénégalaise. Selon l'Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), sa valeur ajoutée avait enregistré une progression de 15,9 % en 2017, puis de 11,5 % en 2018, avec une contribution directe estimée entre 3 et 4 % du PIB national. Au-delà de cette contribution directe, le BTP génère d'importants effets multiplicateurs sur l'emploi, l'industrie des matériaux de construction, le financement bancaire et la consommation des ménages. C'est précisément cette chaîne de valeur qui a été fortement affectée par le gel prolongé du foncier. En l'absence de disponibilité claire des titres, les financements bancaires ralentissent, les acquisitions foncières sont suspendues, les permis de construire tardent à être délivrés et les entreprises réduisent leurs activités, leurs investissements et leurs recrutements. Les conséquences touchent également l'ensemble des professions liées au secteur : notaires, géomètres, architectes, ingénieurs, transporteurs, artisans et fournisseurs de matériaux de construction. Le véritable problème n'est pas l'absence de règles, mais leur contournement Le Sénégal ne souffre pas d'un vide juridique en matière foncière. Les textes existent, les procédures sont définies et les institutions chargées de leur application sont établies. La principale difficulté réside dans l'effectivité du respect de ces règles. L'audit foncier engagé depuis 2024 l'a mis en évidence à travers plusieurs pratiques dénoncées : attributions opaques, mutations irrégulières, doubles affectations et interventions extérieures ayant conduit au contournement des procédures normales. Ainsi, une simple libération administrative du foncier, sans mécanisme solide de contrôle et de sécurisation, ne permettrait pas de restaurer durablement la confiance. Il ne suffit pas d'ouvrir le marché foncier ; il faut également garantir que les procédures soient protégées contre les dérives qui ont conduit à la situation actuelle. Trois verrous majeurs qui freinent la relance : visibilité, bancabilité et rapidité ... www.dakaractu.com
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Deux ans après le gel du foncier et alors que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) viennent de revoir fortement à la baisse leurs prévisions de croissance pour le Sénégal en 2026, la reprise " progressive " des dossiers annoncée par le Gouvernement ne suffira pas à relancer durablement le secteur du BTP et l'investissement privé. Le 30 juin 2026, la Banque mondiale a publié ses dernières Perspectives économiques mondiales : la croissance du produit intérieur brut (PIB) sénégalais ne devrait atteindre que 2,2 % en 2026, contre 6,7 % initialement estimés pour 2025, soit une baisse de plus de quatre points en une année. Le Fonds monétaire international (FMI) établit un diagnostic similaire, ramenant également sa prévision à 2,2 %, contre 3 % annoncés lors de ses précédentes estimations d'octobre. Ces révisions, officiellement motivées par la révélation d'une dette non déclarée réévaluée à environ 13 milliards de dollars et par la suspension consécutive d'un programme de financement du FMI de 1,8 milliard de dollars, placent le Sénégal parmi les économies les plus fragilisées de la sous-région, largement en dessous de la moyenne attendue en Afrique subsaharienne, estimée autour de 4 % pour la même période. C'est dans ce contexte économique particulièrement contraint que le blocage prolongé du foncier prend toute son importance. Il ne constitue pas un obstacle parmi d'autres : il représente aujourd'hui l'un des principaux leviers de relance directement mobilisables par l'État, sans attendre nécessairement un retour complet de la confiance des partenaires financiers internationaux. Un audit " inédit " et un gel qui perdure Depuis juillet 2024, un audit d'une ampleur inédite — qualifié par le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, dans son message à la Nation d'avril 2025, d'" audit inédit " ayant révélé " de nombreuses irrégularités " — a entraîné le gel de plusieurs opérations majeures d'aménagement urbain. Cette situation a notamment concerné les quartiers résidentiels de Mbour 4, certains plans d'urbanisme à Guédiawaye et Yeumbeul-Malika, le projet de nouvelle ville de Thiès ainsi que plusieurs pôles urbains. En mars 2025, le Gouvernement avait annoncé l'annulation de nombreuses attributions foncières jugées irrégulières, notamment à Mbour 4, Thiès, Guédiawaye et Malika. Le calendrier de régularisation de ces opérations a depuis été prolongé jusqu'à la fin de l'année 2026, laissant ainsi plusieurs acteurs du secteur dans une situation d'incertitude depuis plus de deux ans. À la mi-2026, les autorités ont annoncé une reprise " progressive " des opérations foncières à Dakar, Thiès et Saint-Louis, avec une priorité accordée aux détenteurs de titres réguliers. Cette décision constitue une avancée importante. Toutefois, elle met également en lumière une limite majeure : une reprise au compte-gouttes, sans calendrier clairement opposable ni critères totalement transparents, qui entretient l'incertitude pour de nombreux dossiers en attente et ne permet pas encore de restaurer pleinement la bancabilité des projets ni la dynamique économique attendue. Le BTP, un moteur économique qu'il faut remettre en marche Le ralentissement économique actuel du Sénégal est fortement lié à l'arrêt prolongé des activités foncières, qui a eu pour conséquence de paralyser le secteur du BTP et de freiner considérablement l'investissement privé. Historiquement, le secteur du Bâtiment et des Travaux publics figure parmi les moteurs essentiels de l'économie sénégalaise. Selon l'Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), sa valeur ajoutée avait enregistré une progression de 15,9 % en 2017, puis de 11,5 % en 2018, avec une contribution directe estimée entre 3 et 4 % du PIB national. Au-delà de cette contribution directe, le BTP génère d'importants effets multiplicateurs sur l'emploi, l'industrie des matériaux de construction, le financement bancaire et la consommation des ménages. C'est précisément cette chaîne de valeur qui a été fortement affectée par le gel prolongé du foncier. En l'absence de disponibilité claire des titres, les financements bancaires ralentissent, les acquisitions foncières sont suspendues, les permis de construire tardent à être délivrés et les entreprises réduisent leurs activités, leurs investissements et leurs recrutements. Les conséquences touchent également l'ensemble des professions liées au secteur : notaires, géomètres, architectes, ingénieurs, transporteurs, artisans et fournisseurs de matériaux de construction. Le véritable problème n'est pas l'absence de règles, mais leur contournement Le Sénégal ne souffre pas d'un vide juridique en matière foncière. Les textes existent, les procédures sont définies et les institutions chargées de leur application sont établies. La principale difficulté réside dans l'effectivité du respect de ces règles. L'audit foncier engagé depuis 2024 l'a mis en évidence à travers plusieurs pratiques dénoncées : attributions opaques, mutations irrégulières, doubles affectations et interventions extérieures ayant conduit au contournement des procédures normales. Ainsi, une simple libération administrative du foncier, sans mécanisme solide de contrôle et de sécurisation, ne permettrait pas de restaurer durablement la confiance. Il ne suffit pas d'ouvrir le marché foncier ; il faut également garantir que les procédures soient protégées contre les dérives qui ont conduit à la situation actuelle. Trois verrous majeurs qui freinent la relance : visibilité, bancabilité et rapidité ... www.dakaractu.com
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