WIRE — FIFA FORWARD ENTERPRISEInfantino de plus en plus seul Après les critiques sur son projet de création d'une société commerciale, FIFA Forward Entreprise (FFE), et les menaces de boycott des compétitions de la FIFA, Gianni Infantino a subi un autre désaveu dans son entourage avec la démission de son conseiller principal, Carlos Cordeiro. Chaque jour qui passe, Gianni Infantino se retrouve désavoué dans ses plans pour le football mondial. Après les critiques acerbes de dirigeants des associations membres, le président de la FIFA fait face à une désolidarisation au sein de son équipe. En désaccord avec le projet de création d'une société commerciale pour vendre des parts des compétitions de la FIFA (Coupes du monde masculine et féminine) à des privés, le conseiller principal d'Infantino, Carlos Cordeiro, a décidé de démissionner ce vendredi. Le dirigeant américain a tenu à se démarquer du nouveau projet de Gianni. " En tant que conseiller principal du président de la FIFA, ancien banquier et supporter de football depuis toujours, je ne peux rester les bras croisés alors que la FIFA envisage de vendre une partie de la Coupe du monde. Laissez-moi être clair : je n'ai eu aucune implication dans cette proposition, et je m'y oppose sans équivoque ". Il est convaincu que cette idée est nuisible pour le football. " C'est une mauvaise affaire pour les associations membres de la FIFA, pour le football et pour son avenir à long terme. Le football a été au cœur de ma vie et, après plus de 35 ans dans le secteur bancaire, je comprends à la fois la valeur de cet actif et les conséquences d'en céder une partie. C'est pourquoi cette proposition doit être rejetée ", a indiqué l'ancien président de la Fédération américaine de football (US Soccer). Il a soulevé beaucoup de questions auxquelles il a avoué n'avoir pas trouvé de réponses. D'où sa décision de rendre le tablier. " Le plus troublant est l'absence de réponses aux questions fondamentales. Pourquoi cet accord ? Pourquoi maintenant ? Quelle surveillance y a-t-il ? Qui en bénéficie ? Y a-t-il eu un processus concurrentiel ? Quelle gouvernance sera mise en place ? Qu'est-ce que les investisseurs gagneront en fin de compte, et à quel prix pour le football ? (...) Après mûre réflexion, je ne peux plus continuer à exercer mes fonctions de conseiller principal du président de la FIFA. J'ai donc démissionné avec effet immédiat ", a expliqué le conseiller principal du groupe de travail de la Maison-Blanche sur la Coupe du monde 2026. Mardi dernier, l'instance dirigeante du football mondial avait annoncé, dans un communiqué, l'idée de créer une entité commerciale, nommée FIFA Forward Enterprise (FFE), dont le capital serait ouvert à des investisseurs privés. Cela, pour accroître les subventions dans le cadre du programme FIFA Forward (le montant passerait de 8 à 20 millions de dollars US) aux associations membres dans le prochain quadriennat. Mais ce projet a été rejeté par beaucoup d'acteurs du football. C'est l'UEFA qui a donné le ton. Elle a accusé le président de la FIFA de vouloir " vendre " la Coupe du monde et a même menacé de " boycotter " ses compétitions. " L'âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs destinés à être négociés, surtout en l'absence totale de transparence quant aux bénéficiaires financiers. Aucun d'entre nous n'est propriétaire du football. Il n'appartient pas à la FIFA de le vendre ", a fustigé l'UEFA dans un communiqué. La CONCACAF (Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes) a également rejeté le projet de FFE en dénonçant le manque de procédure régulière dans cette affaire. La Confédération asiatique de football (AFC) a aussi émis des réserves, faisant part de ses vives inquiétudes concernant l'introduction d'investissements privés dans les compétitions phares de la FIFA. Quant à la Confédération africaine de football (CAF), elle a indiqué avoir reçu une correspondance de la FIFA concernant la proposition de création de FIFA Forward Enterprise. Dans son communiqué, elle a annoncé la tenue d'une réunion de son Comité Exécutif la semaine prochaine pour " examiner et évaluer " l'initiative de la FIFA. La CAF se dit favorable à " l'augmentation des ressources financières et autres destinées au développement et à la croissance du football en Afrique et dans le monde ". Le processus maintenu, malgré tout Ces critiques et menaces de boycott n'ont pas pour autant entamé la détermination de la Fédération internationale de football d'aller jusqu'au bout de sa logique. Au contraire, la FIFA a tenu à faire des clarifications sur sa proposition. Elle dit prendre " acte et respecter les avis et préoccupations exprimés publiquement ", tout en réaffirmant son engagement " en faveur d'une consultation ouverte et démocratique ". Selon l'instance faîtière, le processus de consultation a été " perturbé par des informations erronées relayées par les médias ". " Personne ne cherche à vendre le football. Une telle idée ne serait jamais envisagée par la FIFA ", a indiqué la note. Elle a annoncé que le processus de consultation allait se poursuivre afin " de garantir que chaque association membre puisse se prononcer en toute connaissance de cause ". Comme pour répondre aux pourfendeurs de son projet, la FIFA a aussi rappelé que chacun a le droit d'exprimer sa position, mais " aucune entité ne peut prétendre représenter l'ensemble des 211 associations membres à travers le monde ". La Fédération internationale a surtout insisté sur le caractère volontaire de la FFE, qui ne serait pas mise en œuvre " sans le soutien de la majorité des associations membres ". LOUIS GEORGES DIATTA Section:sport
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