WIRE — Les États-Unis ont décidé de rendre permanent un programme controversé permettant d'exiger une caution financière pouvant atteindre 20 000 dollars, soit environ 11,4 millions de FCFA, pour certains demandeurs de visas touristiques ou d'affaires (B-1/B-2). Le Sénégal figure parmi la cinquantaine de pays — majoritairement africains — concernés par cette mesure, dont l'objectif affiché est de lutter contre les dépassements de durée de séjour sur le territoire américain. Selon un règlement définitif publié vendredi au Federal Register, le programme deviendra officiellement permanent à compter du 3 août 2026. Les demandeurs de visas B-1/B-2 originaires des pays désignés devront désormais s'acquitter d'une caution de 10 000, 15 000 ou 20 000 dollars pour obtenir leur visa, contre 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars sous le régime pilote initial. Le seuil plancher de 5 000 dollars disparaît ainsi purement et simplement, tandis que le plafond grimpe à 20 000 dollars. Cette somme reste toutefois remboursable, à condition que le voyageur respecte scrupuleusement les termes de son séjour et quitte les États-Unis avant l'expiration de son visa — ou procède, dans les délais impartis, à une demande d'extension ou de changement de statut en bonne et due forme. Un bilan jugé positif par Washington, contesté par les défenseurs des migrants Le département d'État justifie cette pérennisation par près d'une année d'évaluation ayant, selon lui, apporté des données suffisantes pour démontrer l'efficacité du dispositif dans le respect des conditions de visa. L'administration américaine avance qu'en 2024, près de 45 500 visiteurs issus des pays concernés avaient dépassé la durée autorisée de leur séjour, contre moins de cinquante cas recensés durant les dix premiers mois du programme pilote. Ce succès statistique cache toutefois un revers de taille pour les candidats au voyage. Alors que les autorités américaines n'anticipaient initialement qu'environ 2 000 demandeurs concernés par la caution, ce sont en réalité près de 20 000 personnes qui y ont été soumises, dont près de la moitié ont renoncé à payer — entraînant une chute de 83 % du nombre de visas touristiques et d'affaires délivrés aux ressortissants des pays listés. Les critiques dénoncent un fardeau jugé disproportionné pour les habitants de pays aux revenus modestes, qui souhaitent simplement rendre visite à des proches, poursuivre des études ou saisir des opportunités d'affaires aux États-Unis. D'autres pays pourraient encore rejoindre la liste des nations concernées, le département d'État précisant que les décisions resteront à la discrétion des agents consulaires, sur la base de données glissantes sur douze mois relatives aux dépassements de séjour. Pour les candidats sénégalais au visa américain, cette réforme introduit donc une contrainte financière supplémentaire, susceptible de peser lourdement sur les projets de voyage touristique ou professionnel vers les États-Unis.
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