WIRE — ENTRETIEN - MAMADOU GAYE (ÉCRIVAIN) "Ce qui liait Serigne Sam à Serigne Touba et sa relation particulière avec Serigne Mountakha" Dans cet entretien avec EnQuête, le chercheur, écrivain et traducteur, Mamadou Gaye, parle de Serigne Sam Mbaye. Le professeur d'anglais au Lycée Malick Sall de Louga où Serigne Sam Mbaye fut le premier proviseur en 1982, est en effet, l'auteur de l'ouvrage : " Serigne Sam Mbaye : Parcours d'un Mujahid (combattant de la foi) ou la biographie d'un Mujaddid (rénovateur) ", publié chez l'Harmattan. Qu'est-ce qui a motivé l'écriture d'un livre sur Serigne Sam Mbaye ? De quoi parle-t-il ? Je suis enthousiaste de répondre à cette question. Mes motivations quand j'écrivais ce livre en 2014 étaient nombreuses et variées, comme je l'ai bien élaboré dans l'introduction de l'ouvrage préfacé par Dr. Massamba Guèye. Alors que je traduisais ses conférences en anglais en 2013, après en avoir traduit quelques-unes, je m'étais dit qu'il était plus pertinent et logique d'écrire une biographie sur le saint homme afin de le présenter. C'est là que l'idée d'écrire ce livre tient sa source et je l'ai commencé en 2014. Pendant cette même période, beaucoup d'étudiants dans les universités nourrissaient l'ambition d'écrire leur projet de recherche sur Serigne Sam. Compte tenu de tous ces facteurs, je me suis lancé dans ce projet qui a duré 8 ans car le livre fut publié en 2022, coïncidant avec le centenaire de la naissance de Serigne Sam Mbaye. Comme l'a bien souligné le préfacier Dr. Massamba Guèye : " Il est composé de 5 chapitres à l'instar des 5 piliers de l'islam. Chaque chapitre du livre ouvre une porte au lecteur pour découvrir le caractère multidimensionnel de Serigne Sam Mbaye ". Le chapitre 1 parle de sa naissance et de sa généalogie, tandis que le chapitre 2 évoque son éducation et son itinéraire en quête du savoir. Le troisième chapitre exploite le caractère multidimensionnel de l'homme en révélant ses multiples facettes comme traducteur, conférencier, professeur d'université ou imam. Quant au quatrième chapitre, il traite les qualités intellectuelles et morales de Serigne Sam Mbaye. Enfin, le dernier chapitre nous parle de la rénovation de Serigne Sam, c'est-à-dire sa manière de revivifier les enseignements du Prophète (PSL) à travers la parole : ses conférences. Pouvez-vous revenir sur la naissance de Serigne Sam Mbaye, ses parents ? Serigne Sam Mbaye est fils de Mame Cheikh Mbaye Kabir et de Sokhna Fatou Thiam. Il est né en janvier 1922, un jour de vendredi. Il fut baptisé par Serigne Mame Mor Diarra Mbacké, grand frère germain de Cheikh Ahmadou Bamba. Il naquit à Louga l'année pendant laquelle le Sénégal perdit deux de ses plus grands érudits : Cheikh El Hadj Malick Sy et Mame Abdoulaye Niass. Autrement dit, il serait le continuateur de la mission de ces vaillants serviteurs de l'islam dans le cadre de l'enseignement et de la propagation des sciences islamiques. De la même manière, l'année de naissance de son père coïncida avec la disparition mystérieuse de Cheikh Oumar Foutiyou Tall dans les falaises de Bandiagara en 1864. Une manière de dire qu'il est un digne héritier de son vénéré père et guide, car il lui ressemble à bien des égards dans beaucoup de domaines. Qu'en est-il de son cursus scolaire ainsi que de sa formation professionnelle de base ? Comme tous les fils d'érudits et d'hommes de Dieu, Serigne Sam a suivi un parcours exceptionnel, riche et inspirant. D'abord, il fut initié au Coran par Serigne Mbaye Touré à Louga, un des disciples de son père. Mais avant, il relate dans une de ses conférences que sa mère, Sokhna Fatou, fut la première personne à lui enseigner la sourate Fatiha. Après l'école de Serigne Mbaye Touré, il continua toujours son éducation chez un autre disciple de son père : Cheikh Ahmadou Sakhir à qui Mame Cheikh Mbaye donna l'ordre de fonder le mythique Daara de Koki en 1939, coïncidant avec le Maouloud (Gamou). Serigne Sam foula la terre de Koki entre 1940 et 1941 et fut le premier disciple à y réciter la totalité du Saint Coran en 1942. Cheikh Ahmadou Sakhir Lo l'initia dans les sciences religieuses. Il y resta jusqu'en 1945 avant de quitter le Daara de Koki sur l'ordre de son père qui allait rendre l'âme en 1946. Par la suite, il alla à Saint-Louis et fréquenta plusieurs maîtres réputés comme Fall Khalil, Cheikh Tidiane Niang, etc. Il foula la terre mauritanienne pour approfondir ses connaissances. En 1952, il fit un voyage en Algérie qui le ramena en terre tunisienne où il décrocha une licence à la fameuse Université de Zeytouna. De retour au pays en 1956, il fut affecté au Lycée Charles de Gaulle comme moniteur. De là, il commença à étudier le français jusqu'à passer la première partie de son baccalauréat en 1959 et réussir la seconde partie en 1960. Assoiffé de connaissances, il allia travail et études. Affecté à l'école franco-arabe de Dakar en 1965, il s'inscrivit au département d'arabe de l'Université de Dakar (actuelle UCAD) jusqu'à soutenir sa thèse de doctorat troisième cycle en 1982 sur le sujet : " Traduction et Masalik Al Jinan, œuvre mystique de Cheikh Ahmadou Bamba ". Son parcours est exceptionnel et inspirant, car du daara de Koki à l'université, il marqua des générations d'étudiants, car il y enseigna de 1985 à 1992. Il faut retenir que Serigne Sam évoluait entre deux mondes : le spirituel et le temporel. Il fut un guide éclairé qui animait des conférences, éduquait les disciples à la Tarbiyyah (perfectionnement spirituel) et la Tarqiyyah (élévation spirituelle). Étant le frère du richissime homme d'affaires El Hadj Djily Mbaye, peut-on savoir les liens entre eux ? Les relations d'amitié entre Serigne Sam Mbaye et son demi-frère cadet, l'homonyme du fondateur de la voie Khadriyyah, constituent un secret de polichinelle. Ils s'aimaient et se respectaient mutuellement. Dès leur plus tendre enfance, El Hadji Djily se montrait très proche de son aîné. L'histoire raconte même que quand Mame Cheikh avait autorisé Serigne Sam à aller approfondir ses connaissances coraniques au Daara de Koki, El Hadji Djily n'hésita pas à l'accompagner. Plusieurs photos les montrent dans une posture de vrais amis, frères et confidents à l'occasion des visites que Serigne Sam lui rendait au palais à Louga ou à l'occasion des cérémonies du Gamou, Korité, entre autres. Cela témoigne de l'affection qu'il nourrissait envers son demi-frère cadet. Ils se rendaient visite de temps en temps et entretenaient des relations profondes qu'on ne pourrait pas évoquer sur la place publique. D'ailleurs, un des fils de Serigne Sam porte le nom d'El Hadji Djily Mbaye. L'adage dit qu'au moment où les autres membres de sa famille cherchaient à percer dans la vie, lui avait fait focus sur la connaissance. Est-ce une vérité ? Le cas échéant, qu'est-ce qui l'explique ? Nous ne pouvons que confirmer ces dires. Serigne Sam n'était intéressé et préoccupé que par la recherche et la propagation de la science. Un jour, il informa son père de son désir d'aller approfondir ses connaissances. Son père lui dit : " Va chercher la science jusqu'à devenir comme tel savant ou même le dépasser ". Serigne Mame Cheikh Mbaye avait mentionné le nom de ce grand savant ainsi que sa ville de résidence. Donc il avait la bénédiction de son père qui avait tôt prédit son érudition. Une autre anecdote nous le confirme. Alors qu'il n'avait qu'à peine un an et demi et marchait, il trébucha. Un jour il le fit devant son père et quelqu'un s'exclama : " Tenez l'enfant sinon il va trébucher ". Son père répliqua : " Certes c'est un enfant mais c'est un érudit ". Donc il était destiné à être un grand savant qui participerait à la propagation des sciences islamiques. L'actuel khalife général des mourides le confirme en ces termes : " Serigne Sam est un homme de science hors pair, quelqu'un à qui notre Seigneur a privilégié des rares sciences ésotériques comme exotériques ". Il ne lisait jamais un livre en le fermant sans l'avoir terminé. C'est pourquoi ses proches le surnommaient l'ami des livres (Sahibul Kutub). On sait que le savoir se trouve en partie dans les livres mais il existe des formes de sciences qu'on ne trouve pas dans les livres. Il s'agit de la gnose (Mahrifa) ou de la science infuse (Hilm al laduni) et il en était dépositaire. Quel était sa relation avec le mouridisme et son fondateur Serigne Touba, ainsi que les khassida ? Permettez-moi de reprendre les termes de son actuel khalife Serigne Ibrahima Mbaye lors d'un entretien en 2016 avec un journal de la place : " Serigne Sam est la propriété privée des mourides ". C'est une manière de dire qu'il était là pour toute la communauté musulmane, mais il était plus sollicité par les mourides bien qu'il animât des conférences pour d'autres organisations religieuses. Cependant, force est de rappeler que la relation entre Serigne Sam et la communauté mouride ne date pas du temps de ses conférences. Cela remonte au temps de ses aïeuls. Son père Mame Cheikh Mbaye est le cousin maternel de Cheikh Ahmadou Bamba. Ils sont tous les deux apparentés à Awa Dické Camara et Diama Camara, de Khouredia et de Dieyla Dia. De plus, le grand-père de Serigne Sam, Mame Babacar Kolo Mbaye, entretenait d'excellentes relations avec le père de Cheikh Ahmadou Bamba, Mame Mor Anta Saly Mbacké. Cheikh Ahmadou Bamba et Mame Cheikh Mbaye ont renforcé ces liens de parenté et d'amitié. Installé dans le Diambour, Cheikh Ahmadou Bamba l'avait trouvé chez son grand frère Serigne Abdoulaye Mbaye dans le village de Pété ou Dépal. Après une longue discussion et sur demande de Cheikh Ahmadou Bamba, Mame Cheikh Mbaye rejoignit Cheikh Ahmadou Bamba sous l'approbation de son tuteur, Mame Abdoulaye Mbaye. Dans le daara à Mbacké Kajoor, le jeune Mame Cheikh Mbaye jouissait d'une relation privilégiée avec son cousin maternel car personne n'assistait à leurs discussions privées ; ils les faisaient toujours à huis clos. Cette complicité avec Cheikh Ahmadou Bamba s'appliquait aussi à ses frères tels que Mame Mor Diarra, l'homonyme de Serigne Sam Mbaye, Serigne Ibrahima Faty Mbacké, à qui Serigne Mame Cheikh Mbaye avait marié sa fille Sokhna Marième Mbaye. De plus, Serigne Massamba Mbacké rendait visite régulièrement à Mame Cheikh Mbaye à Louga en lui apportant des bouteilles de parfum en guise de cadeau d'où le surnom bathie " boroom litar yi " (c'est-à-dire Bathie celui qui emmène les grandes quantités de parfum). Cheikh Ahmadou Bamba avait marié son fils Serigne Fallou Mbacké à Mame Cheikh Mbaye qui donna sa fille Sokhna Oumy Mbaye en mariage à Serigne Fallou. De cette union, naquit Serigne Cheikh Oumy Mbacké, petit-fils de Mame Cheikh Mbaye et de Cheikh Ahmadou Bamba. C'est cette même tradition qui lie Serigne Sam et la famille Mbacké et, au-delà, la communauté mouride (disciples, dignitaires). Ils avaient des relations particulières avec les fils et certains petits-fils du fondateur de Touba. Sa relation avec Cheikh Abdou Ahad était connue de tous. Car durant son magistère au califat, le troisième khalife de Serigne Touba avait beaucoup collaboré avec Serigne Sam dans des projets d'envergure pour le rayonnement de la Mouridiyyah. Les travaux de traduction des écrits de Cheikh Ahmadou Bamba de l'arabe au français par Serigne Sam Mbaye sur la requête de Borom Belel en sont la parfaite illustration. Dans une autre perspective, Serigne Sam voyageait beaucoup à l'étranger avec Cheikh Mouhamadou Mourtada pour promouvoir les valeurs islamiques et faire connaître l'héritage de Cheikh Ahmadou Bamba. Ils ont sillonné certains pays d'Europe (Italie, France, Espagne) et les États-Unis d'Amérique (New York, Atlanta, Washington…) pour rencontrer les disciples. Il nouait d'excellentes relations avec Serigne Cheikh Mbacké Gaindé Fatma qui lui offrait très souvent des livres. Son amitié avec Serigne Saliou Mbacké, ambassadeur, avec qui il avait séjourné en Tunisie, et l'actuel khalife des mourides Serigne Mountakha est connue du grand public. On dit qu'il avait des relations particulières avec l'actuel khalife général des mourides Serigne Mountakha, pouvez-vous revenir sur ça ? Comme je viens de le mentionner dans la question précédente, il était très lié à Serigne Mountakha, car ils avaient aussi fréquenté la même université en Mauritanie. À travers une conférence que je viens de traduire en anglais, " Serigne Touba et le Coran ", tenue en 1992 à Darou Minan, Serigne Sam revient sur ce lien d'amitié et fait un vibrant témoignage sur Serigne Mountakha en ces termes : " Serigne Mountakha et moi, nous formons une et unique personne. Cela fait longtemps que nous nous sommes liés d'amitié. C'est quelqu'un que j'estime beaucoup, pas parce qu'il est fils de Serigne Bassirou, mais par ses qualités morales et éthiques ". Il distribuait ses connaissances à travers les conférences. Qu'est-ce qui expliquait ce choix ? C'est un choix stratégique car de son vivant il avait préféré enseigner et propager la science utile à travers sa voix plutôt que de le faire par la plume. Beaucoup de ses proches lui suggéraient d'écrire des livres, puisqu'il en avait les capacités et compétences requises. Cependant, il a toujours privilégié les conférences, se déplacer à l'intérieur du pays, d'une ville à une autre et dans les contrées les plus reculées du pays pour servir l'islam et la communauté. Aujourd'hui, ses enregistrements ont fait le tour du monde, sa voix résonne partout dans tous les coins et recoins de la planète. Il était conscient du rôle et du développement fulgurant des TIC (Technologie de l'information et de la communication), raison pour laquelle il se focalisait plus sur ses conférences. Des bandes magnétiques aux CDs, ses enregistrements ont transcendé le temps. De nos jours, on les retrouve dans des cartes mémoire, clés USB et dans les plateformes virtuelles comme YouTube, Telegram, WhatsApp, etc., une manière de dire que là où sa voix peut atteindre, sa plume n'en pouvait pas car de nos jours les gens sont plus orientés sur le digital que sur les livres en version papier. Quand on parle de connaissance islamique dans ce pays, on le cite en exemple. D'où ou de quoi tenait-il cette connaissance ? La réponse que je viens de donner dans la question précédente est valable dans ce contexte précis. Si Serigne est cité comme exemple en matière de sciences islamiques c'est dû au fait qu'il a rendu la science accessible au grand public non seulement sur le plan théorique mais aussi pratique. Ceux qui l'écoutaient attentivement n'avaient rien à envier aux autres qui avaient fréquenté les daara Majalis. Serigne Sam savait comment faire plonger celui qui l'écoutait dans les profondeurs des saveurs soufies. En l'écoutant, tu sais comment distinguer sharia et haqqiqa et comment s'engager dans la voie menant à l'agréement divin. De plus, Serigne Sam est un prédicateur impartial, une source intarissable de sciences qui transcende les appartenances confrériques. Il savait captiver son auditoire en usant du métalangage. Il parle à tout le monde, pour tout le monde. Cette démarche, il la doit à son père et guide Mame Cheikh Mbaye qui ne se réclamait d'aucune confrérie mais plutôt de celle de la Mouhamadiyu, c'est-à-dire la voie de la Sounna du Prophète (PSL) comme tous les Aqtab (Pôles). Qu'en est-il de son legs ? Son héritage est universel et il est entre de bonnes mains. Son premier khalife, Mame Cheikh Mbaye, rappelé à Dieu le 19 février 2024, a réussi à rassembler les disciples et sympathisants de Serigne Sam à travers des Dahiras (associations religieuses). Il sillonnait les coins et recoins du pays pour assister aux journées de prières et d'hommage dédiées à son père et guide. De même, il leur rendait visite en France, Italie, Espagne dans le cadre des journées en la mémoire de Serigne Sam Mbaye. De plus, il avait aussi construit un daara pour l'enseignement du Coran. Son successeur Serigne Ibrahima Mbaye continue dans cette même lancée. En décembre 2025, il a réussi à fusionner tous les Dahiras Sopey Serigne Sam en une fédération bien structurée pour mieux œuvrer pour la pérennisation de l'héritage de Serigne Sam Mbaye. Sous son magistère, il lancera bientôt les travaux de construction d'un complexe islamique Serigne Sam Mbaye à Louga. Dans ce complexe, il y prévoit une école coranique, une résidence, une mosquée, une bibliothèque et une salle de conférence. De l'autre côté, ses conférences seront traduites dans plusieurs langues internationales car il est temps que son œuvre soit plus connue à travers le monde. Donc tout ceci entre dans le cadre de la pérennisation de son legs. Est-ce que le Sénégal est reconnaissant envers lui ? C'est une question assez complexe. D'un côté, les musulmans, disciples et sympathisants sont reconnaissants envers lui. Nombreux sont ceux qui quittent leur terroir pour se rendre à Louga pour visiter et se recueillir dans son mausolée et rendre visite à sa famille. C'est une marque de reconnaissance. De plus, d'autres baptisent leurs fils Serigne Sam Mbaye, alors qu'ils ne l'ont jamais vu de son vivant. C'est un acte symbolique. C'est plus que de la reconnaissance. Par contre, de l'autre côté, l'État du Sénégal peut encore faire mieux à l'égard de Serigne Sam. Dr. Massamba Guèye le soulignait à l'Université Cheikh Anta Diop, lors de la cérémonie de dédicace de mon livre. " Aujourd'hui aucun amphithéâtre, aucune salle ne porte le nom de Serigne Sam dans ce temple du savoir où il a servi le pays avec abnégation ", laisse entendre la bouche de l'Afrique. Des infrastructures éducatives devraient porter son nom en guise d'hommage et de reconnaissance à la hauteur de la mission accomplie pour l'intérêt général, à mon humble avis. PAR CHEIKH THIAM Section:verite
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