WIRE — Sur la question de la transhumance politique des maires, l'APR de Macky Sall et Pastef de Ousmane Sonko affichent, à la surprise générale, une même ligne de conduite. Dans un communiqué, l'APR réaffirme qu'un élu local qui choisit librement de quitter le parti sous les couleurs desquelles il a été élu doit, par respect pour ses électeurs, remettre immédiatement son mandat à leur appréciation. Car, selon le parti, la liberté de conscience de l'élu ne saurait prévaloir sur le droit du citoyen au respect de son vote. Le parti qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024 appelle ainsi à l'ouverture d'une réforme profonde du statut des élus, afin d'instaurer un mécanisme clair mettant fin à cette dérive, "profondément antidémocratique.". Tout changement volontaire d'appartenance politique devrait, selon ce texte, entraîner l'organisation d'un nouveau scrutin permettant au peuple souverain de confirmer ou non son choix. Sur ce point précis, l'APR et Pastef se retrouvent sur la même longueur d'onde. "L'APR me rejoint sur la proposition de loi visant à déchoir tout maire qui quitte son parti, pour mettre fin à la transhumance politique qu'elle juge immorale et contraire au pacte républicain", se réjouit le député de Pastef, Amadou Ba. Il propose aux députés de l'APR de porter eux-mêmes la proposition de loi, avec l'assurance du soutien de Pastef. Le parlementaire rappelle par ailleurs que la Constitution sénégalaise interdit déjà la transhumance des députés. L'article 60 dispose : "Tout député qui démissionne de son parti en cours de législature est automatiquement déchu de son mandat." Selon lui, cette même philosophie "anti-transhumance", qui lutte contre la violation du suffrage universel et de la confiance des électeurs, doit être étendue aux maires. Il cite en exemple le Bénin, où un maire qui perd la confiance du parti ayant présenté sa candidature est soumis à un vote de défiance des conseillers municipaux, pouvant entraîner le retrait de son mandat. Cette convergence intervient alors que des centaines d'élus locaux de l'APR, ainsi que de nombreux responsables de Pastef, ont rejoint ces derniers mois le parti présidentiel Kiiraay, nouvellement créé — une vague de ralliements qui a manifestement rapproché les deux camps sur la nécessité d'encadrer plus strictement le phénomène.
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