WIRE — Khardiatta Tandian a été condamnée à un an de prison ferme pour avoir falsifié la signature d'Ousmane Sonko alors qu'il occupait les fonctions de Premier ministre. Son présumé complice, l'entrepreneur Chérif Zeyni Habidin Sy, a écopé de six mois de prison assortis du sursis. Au cœur de l'affaire : une fausse lettre de recommandation destinée à appuyer une candidature à un poste de directrice juridique. Une fausse recommandation attribuée à la Primature Le Tribunal correctionnel de Dakar a rendu son verdict dans une affaire de falsification impliquant le nom de l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Selon Les Échos, Khardiatta Tandian avait fabriqué une lettre portant une fausse signature attribuée à Ousmane Sonko alors qu'il dirigeait le gouvernement. Le document devait lui permettre d'obtenir le poste de directrice juridique du Fonds d'appui à l'investissement des Sénégalais de l'extérieur, plus connu sous l'acronyme Faise. Pour donner davantage de crédibilité à sa candidature, elle aurait présenté une lettre de recommandation prétendument signée par le Premier ministre. Un dossier jugé en l'absence du présumé complice L'affaire avait déjà été examinée une première fois le 11 juin, mais en l'absence de Chérif Zeyni Habidin Sy, présenté comme le complice présumé de Khardiatta Tandian. Elle a finalement été rejugée le jeudi 23 juillet 2026 par le Tribunal correctionnel de Dakar, cette fois en présence de l'entrepreneur. Khardiatta Tandian répondait des chefs de tentative d'escroquerie, de faux et usage de faux dans un document administratif. Elle a reconnu les faits de faux et d'usage de faux, mais a contesté la qualification de tentative d'escroquerie. Les soupçons d'un ancien directeur administratif Les manœuvres ont été découvertes au moment du dépôt de la lettre de recommandation. Le document a éveillé les soupçons d'Abdoulaye Thiam, alors directeur administratif et financier du Faise. Après avoir pris contact avec les services de la Primature, il aurait été informé que la recommandation n'avait pas été émise par l'autorité étatique. Cette vérification a permis de mettre au jour la falsification. Un faux bon de commande à l'origine de la lettre Devant les juges, Khardiatta Tandian a livré des explications détaillées sur la fabrication du document. Elle a déclaré avoir eu besoin d'une lettre de recommandation pour renforcer son dossier de candidature. Elle affirme alors avoir contacté la société Tampon Express, appartenant à Chérif Zeyni Habidin Sy. Elle aurait scanné un bon de commande sur lequel figurait un cachet de la Primature, avant de l'envoyer à l'entrepreneur par courrier électronique. Elle lui aurait demandé de reproduire le cachet en question. Le prix de la confection du cachet aurait été fixé à 14 000 FCfa. Khardiatta Tandian a soutenu être elle-même à l'origine de cette initiative et avoir scanné le bon de commande avant d'établir la lettre de recommandation. Des antécédents évoqués par le parquet Au cours de l'audience, le procureur a interrogé la prévenue sur d'éventuels faits similaires. Il lui a été reproché d'avoir déjà été arrêtée dans une autre affaire. Khardiatta Tandian aurait d'abord nié, avant de reconnaître cette situation après l'insistance du représentant du ministère public. Cet élément a été évoqué pendant les débats pour apprécier son comportement et la crédibilité de ses déclarations. Chérif Zeyni Habidin Sy conteste toute complicité De son côté, Chérif Zeyni Habidin Sy était poursuivi pour infraction de contrefaçon des sceaux de l'État. Il a rejeté cette accusation ainsi que toute participation consciente à la falsification. Selon sa version, Khardiatta Tandian l'aurait contacté avec un numéro inconnu et lui aurait demandé de vérifier la possibilité de fabriquer un cachet de la Primature. L'entrepreneur affirme lui avoir demandé si elle travaillait dans cette institution. Elle lui aurait répondu par l'affirmative. Il aurait ensuite exigé un bon de commande pour s'assurer de la régularité de la demande. Khardiatta Tandian lui aurait alors transmis un document portant l'en-tête de la Présidence et un cachet. L'entrepreneur invoque ses relations avec plusieurs institutions Interrogé sur ses habitudes professionnelles, Chérif Zeyni Habidin Sy a déclaré travailler avec des services étatiques. Il a cité notamment le Sénat, l'Agence de l'informatique de l'État et le Conseil constitutionnel. Il a expliqué que, lorsqu'il recevait une commande, il exigeait systématiquement un bordereau ou un bon de commande transmis par courrier électronique ou par WhatsApp. Cette procédure, selon lui, devait lui permettre de vérifier l'identité et la qualité de la personne passant la commande. Il soutient donc avoir été trompé par les documents produits par Khardiatta Tandian. Deux ans ferme requis contre Khardiatta Tandian Le représentant du procureur avait requis une peine de deux ans d'emprisonnement ferme contre Khardiatta Tandian. Pour Chérif Zeyni Habidin Sy, le parquet avait demandé six mois de prison ferme ainsi qu'une amende de 200 000 FCfa. Le ministère public avait cependant requis sa disqualification du délit de contrefaçon de sceaux de l'État au profit d'une qualification de complicité. Un an ferme pour la principale prévenue Au terme des débats, le tribunal a condamné Khardiatta Tandian à deux ans de prison, dont un an ferme. Chérif Zeyni Habidin Sy a été condamné à six mois de prison assortis du sursis. www.dakaractu.com

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