WIRE — L'entrepreneur Chérif Zeyni Habidin Sy a finalement écopé d'une peine de 6 mois assortie du sursis pour des faits de complicité de contrefaçon des sceaux de l'État. Pour sa part, Khardiata Tandian, qui avait falsifié la signature d'Ousmane Sonko quand il était Premier ministre, a été condamnée à 2 ans de prison dont 1 an ferme pour tentative d'escroquerie, faux et usage de faux dans un document administratif. Une peine largement couverte par sa détention provisoire. L'affaire a été jugée jeudi 23 juillet 2026 devant le tribunal correctionnel de Dakar. Le juge du tribunal correctionnel de Dakar a procédé, jeudi 23 juillet 2026, à la réouverture des débats concernant l'affaire de la falsification de la signature de l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko, pour permettre la comparution de Chérif Zeyni Habidin Sy, complice de Khardiata Tandian, le dossier ayant été jugé le 11 juin dernier sans la présence de celui-ci. Falsification de la signature d'Ousmane Sonko Les faits remontent à 2025. Cette mère de famille, pour obtenir le poste de directrice juridique du Fonds d'appui à l'investissement des Sénégalais de l'extérieur (Faise), avait falsifié, dans une lettre, la signature du Premier ministre de l'époque, Ousmane Sonko, ainsi que celle du chef de cabinet du président de la République. Khardiata Tandian avait d'abord commencé par falsifier un bon de commande en se présentant comme titulaire de l'acte en question. Mais ses manœuvres ont été découvertes lorsqu'elle est allée déposer sa fausse lettre de recommandation attribuée à Ousmane Sonko. L'administrateur du Faise, Khoureychi Abdoulaye Thiam, après avoir contacté le Premier ministre d'alors, s'est rendu compte qu'elle n'était pas recommandée par l'autorité étatique. À la barre du tribunal, la prévenue Khardiata Tandian, qui répondait des chefs de tentative d'escroquerie, n'a reconnu que les faits de faux et d'usage de faux dans un document administratif. En revanche, pour le délit de contrefaçon de sceaux, elle l'l'a imputé à son acolyte présumé, Chérif Zeyni Habidin Sy. " C'est lui qui a confectionné les cachets ", a-t-elle argumenté. Revenant sur le déroulement des faits, cette dame mariée a déclaré : " J'avais besoin d'une lettre de recommandation et j'ai fait appel à sa société dénommée Tampon Express. J'ai scanné un bon de commande sur lequel on avait estampillé un cachet de la primature avant de le lui envoyer par mail. Ensuite, je lui ai demandé de reproduire le cachet de la primature. Il m'a fait le cachet à 14 000 F CFA. Je précise que c'est moi qui l'ai établi le bon de commande que j'ai scanné avant d'établir la lettre de recommandation que j'ai par la suite déposée. " Le procureur lui a alors lancé : " Vous êtes habituée des faits. Vous aviez déjà été arrêtée pour des faits similaires. À ma connaissance, il y a une autre affaire dans laquelle vous avez été arrêtée. " Elle a d'abord répondu par la négative avant d'avouer. À côté d'elle se tenait son acolyte présumé, Chérif Zeyni Habidin Sy. Cet entrepreneur né en 1984 était quant à lui prévenu pour l'infraction de contrefaçon des sceaux de l'État. Il a réfuté cette accusation que lui imputait aussi sa co-prévenue : " Elle m'a appelé d'un numéro inconnu avant que je ne lui demande de m'envoyer un mail. Elle m'a dit au téléphone qu'elle avait besoin d'un cachet de la primature. Je lui ai demandé si elle travaillait là-bas, ce qu'elle m'a confirmé. Je lui ai demandé de fournir un bon de commande. Je demande tous les jours ça pour vérifier la personne qui passe la commande. Dans le document qu'elle m'a envoyé, il y avait l'entête de la présidence et un cachet. " À la question de savoir s'il avait travaillé avec la primature, il a répondu par la négative. Néanmoins, Chérif a déclaré qu'il est dans cette activité depuis 7 ans et travaille avec des services étatiques comme le Sénat, l'Ageroute, le Conseil constitutionnel, etc. C'est selon lui la même procédure qu'il applique avec eux pour la confection de leurs cachets. " À chaque fois qu'il y a une commande, j'exige un bordereau de commande qu'on m'envoie par mail ou WhatsApp ", a-t-il indiqué. Peine requise par le procureur Le représentant du procureur a requis contre Khardiata Tandian une peine d'emprisonnement ferme de 2 ans, après avoir demandé la disqualification du délit de contrefaçon des sceaux de l'État qui lui était reproché en complicité. Au final, Khardiata Tandian et Chérif Zeyni Habidin Sy ont été respectivement condamnés à 2 ans de prison dont 1 an ferme, et 6 mois de prison assortis du sursis.
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