WIRE — Un tribunal de Conakry a relaxée lundi un colonel de gendarmerie qui était poursuivi pour notamment "meurtres et viols" dans le massacre du 28 septembre 2009 en Guinée dans un stade de la capitale. Le colonel Bienvenu Lamah est incarcéré depuis la mi-novembre 2022. Il fait partie d'un second groupe de sept personnes dont six sont toujours accusées d'avoir pris part à ce massacre et dont trois sont en fuite, le colonel Gono Sangaré et les soldats Jacques Maomy et Blaise Kpoghomou. La Guinée a déjà organisé un premier procès historique qui a duré près de deux ans et à l'issue duquel l'ex-dictateur Dadis Camara avait été condamné à 20 ans d'emprisonnement pour crimes contre l'humanité. Il a ensuite été gracié fin mars 2025 par le chef de la junte, le général Mamadi Doumbouya. Sept autres accusés avaient aussi été condamnés à des peines allant jusqu'à la prison à perpétuité. Accusations portées contre le colonel Lamah Le colonel Lamah était poursuivi pour notamment "complicité présumée d'abus d'autorité, assassinats, enlèvements et séquestrations" dans la répression du rassemblement de l'opposition le 28 septembre 2009 à Conakry. Lors du procès ouvert en janvier, il a rejeté les accusations, affirmant n'avoir aucune responsabilité dans ce massacre. Sa défense a plaidé l'acquittement. Le parquet avait requis une peine de dix ans de réclusion criminelle assortie de cinq années de sûreté. Mais le tribunal de Dixxin (banlieue de Conakry) a ordonné sa "relaxe" et sa "remise en liberté immédiate", a indiqué lundi le juge de l'audience. Les avocats des parties civiles ont indiqué à la presse qu'ils feraient appel du jugement. Détails sur le massacre du 28 septembre 2009 Le 28 septembre 2009, au moins 156 personnes ont été tuées, par balle, au couteau, à la machette ou à la baïonnette, et des centaines blessées, dans la répression du rassemblement de l'opposition dans un stade de Conakry et ses environs, selon le rapport d'une commission d'enquête internationale mandatée par l'ONU. Au moins 109 femmes ont été violées et d'autres séquestrées et retenues plusieurs semaines comme esclaves sexuelles. Les exactions ont continué plusieurs jours contre des femmes séquestrées et des détenus torturés dans ce qui est considéré comme l'un des épisodes les plus sombres de l'histoire contemporaine de la Guinée. Les chiffres réels du nombre de victimes sont plus élevés, selon des associations.

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