WIRE — Dans un texte publié ce lundi dans les colonnes de Wal Fadjri, le journaliste Mamadou Ibra Kane a réservé un passage cinglant à Ousmane Sonko. Intitulé " Bâillonnement de la presse privée ", le président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) y tacle celui qu'il désigne par " le Premier ministre démis ", se gardant de prononcer son nom. Climat de terreur sous lancien Premier ministre Mamadou Ibra Kane dresse un tableau sévère de la période sous l'ancien Premier ministre : " Le Premier ministre démis a instauré un climat de terreur au Sénégal pendant plus de deux ans : emprisonnements arbitraires à la pelle de responsables politiques, de leaders d'opinion, de journalistes, irruption musclée des forces de l'ordre dans les rédactions, tentatives de fermeture de 381 médias selon les chiffres mêmes du ministère de la Communication, arrêt des chantiers dans le BTP, blocage des paiements des dettes de l'État aux entreprises privées, discrédit du Sénégal auprès des institutions financières internationales d'où le blocage des négociations avec le FMI, tâtonnements et incompétences dans la gestion des politiques publiques. " Il dénonce également une tentative de théoriser le " Parti-État ", visant à neutraliser la presse privée, dépeinte comme " le suppôt de l'ancien régime, une mafia qui bénéficiait d'avantages indus, un regroupement de bandits fiscaux ". Selon lui, il fallait " asphyxier économiquement et fiscalement la presse privée, la discréditer aux yeux de l'opinion, lui nier toute existence juridique qui ne serait pas validée par l'autorité administrative ". Le journaliste salue toutefois le rôle des plus hautes institutions judiciaires qui ont permis de préserver l'État de droit, citant les désaveux du Conseil constitutionnel et de la Cour suprême. Il rappelle que " les prisonniers politiques et d'opinion sont tous sortis des geôles, faute de preuves contre les graves accusations qui pesaient sur eux ". Mamadou Ibra Kane conclut en déplorant les conséquences désastreuses sur la presse privée : " Les entreprises de la presse privée sont au bord de la banqueroute, vidées de leurs plus grandes compétences parties vers des cieux plus rémunérateurs. Les conséquences sociales sont tout aussi dramatiques pour les travailleurs du secteur des médias : licenciements économiques, gel des recrutements, arriérés de salaires de plus d'un an en moyenne, familles disloquées, enfants déscolarisés, perte de la couverture maladie, retards dans les cotisations pour la retraite... "
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