WIRE — Alors que le Bureau de l'Assemblée nationale a déclaré recevable la proposition de résolution portant création d'une commission d'enquête parlementaire sur les irrégularités alléguées dans la passation et l'exécution des marchés du programme " Un étudiant, un ordinateur ", l'ancien ministre de l'Enseignement supérieur, Dr Abdourahmane Diouf, aujourd'hui ministre de l'Énergie et du Pétrole, affirme être disposé à comparaître devant les députés afin d'apporter toutes les explications sur sa gestion de ce dossier. Dans une déclaration en wolof largement relayée sur les réseaux sociaux, le ministre indique accueillir favorablement cette initiative parlementaire, allant jusqu'à réclamer qu'elle soit complétée par deux commissions d'enquête supplémentaires : l'une sur le marché des cinq lots de construction universitaire, l'autre sur le programme financé par la Banque mondiale à hauteur de 123 milliards de francs CFA. Il évoque par ailleurs, sans établir de lien direct avec ce financement de la Banque mondiale, un autre dossier distinct baptisé " Espoir Jeune ". Abdourahmane Diouf soutient que le programme " Un étudiant, un ordinateur " a été engagé dès 2015-2016, bien avant son arrivée à la tête du ministère, et qu'il a été conduit sous plusieurs ministres successifs qu'il cite nommément : Mary Teuw Niane, Cheikh Oumar Anne, Moussa Baldé, lui-même, puis Daouda Ngom et Boubacar Camara. Il demande que chacun d'entre eux soit entendu par la commission, de même qu'un ancien Premier ministre (ndlr : Ousmane Sonko) qu'il identifie comme son ancien supérieur hiérarchique direct à l'époque des faits. Il réclame également la convocation de deux responsables administratifs qu'il désigne directement : le professeur Abdoul Aziz Diouf, directeur de l'enseignement supérieur au moment de la signature d'un contrat contesté de 6 milliards de francs CFA, et la professeure Mame Penda Ba, directrice des financements des établissements d'enseignement supérieur, chargée à la fois du programme informatique et de la gestion des 123 milliards de la Banque mondiale. Au cours de sa déclaration, il revient sur un épisode qu'il juge particulièrement problématique : celui de 20 000 ordinateurs restés immobilisés pendant plusieurs mois au port de Dakar, une situation qui a provoqué un mouvement de grève des étudiants de l'université Cheikh Anta Diop (UCAD), privés du matériel promis. Il affirme en outre que des sommes en liquide, de l'ordre de 250 000 francs CFA par étudiant, auraient été distribuées directement à certains bénéficiaires en lieu et place des ordinateurs eux-mêmes, une pratique qu'il présente comme contraire à l'esprit du programme. L'ancien ministre plaide pour une approche globale de l'enquête plutôt qu'une focalisation sur une seule période de gestion, et appelle à des auditions publiques, retransmises en direct sur l'ensemble des télévisions nationales, afin que les Sénégalais puissent suivre les débats et apprécier eux-mêmes les explications des différents acteurs concernés. La proposition de création de cette commission d'enquête figure parmi plusieurs résolutions jugées recevables par le Bureau de l'Assemblée nationale, dans le cadre de son contrôle de l'action publique. La procédure prévoit désormais la poursuite de son examen conformément aux dispositions en vigueur.

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