WIRE — Au lendemain de l'annonce de la création de Kiiraay – Les Patriotes Républicains, la nouvelle formation politique du président Bassirou Diomaye Faye, les réactions hostiles se multiplient au sein de la mouvance restée loyale à Ousmane Sonko. Parmi les prises de position les plus virulentes figure celle de Me Juan Branco, avocat français d'Ousmane Sonko et figure centrale de la défense judiciaire de Pastef durant les années de crise politique. Dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, l'avocat franco-espagnol dénonce ce qu'il qualifie de trahison et de renoncement aux idéaux fondateurs de la rupture souverainiste portée par Pastef. Il revient sur un épisode qu'il présente comme symbolique de ce reniement, évoquant une rencontre entre le chef de l'État et le président des États-Unis au cours de laquelle Bassirou Diomaye Faye lui aurait proposé un terrain de golf, un geste que Me Branco juge humiliant et contraire à tout sursaut de dignité, après une élection acquise sur un projet de souveraineté nationale. L'avocat pousse plus loin sa charge en associant directement la création de Kiiraay à la mémoire des militants de Pastef ayant payé un lourd tribut durant les années de répression politique. Il affirme que les illusions dans lesquelles s'installe, selon lui, le chef de l'État sont marqués du souvenir de ceux qui se sont sacrifiés pour les idées portées par le parti, ajoutant qu'aucune rédemption ne pourra désormais être possible pour celui qui a choisi cette voie. Il rappelle, dans une formule particulièrement dure, la mort de plusieurs hommes et enfants, l'emprisonnement de femmes et la torture d'étudiants durant cette période, avant de conclure que rien de tout cela ne sera jamais pardonné. Cette sortie n'est pas isolée. Juan Branco s'était déjà illustré par plusieurs prises de position tranchantes à l'égard du Chef de l'État, notamment après le limogeage d'Ousmane Sonko de la Primature en mai dernier, lorsqu'il avait évoqué sur X la plus grande trahison de l'histoire du Peuple sénégalais, ou encore quelques mois plus tôt, dans une tribune où il avertissait que l'histoire ne pardonnerait pas un nouvel abandon des idéaux de la révolution citoyenne. La création de Kiiraay, perçue par une partie du camp sonkiste comme une tentative du président de s'émanciper définitivement de la tutelle politique de Pastef, vient ainsi raviver une fracture déjà profonde entre les deux hommes forts de l'exécutif sénégalais.

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