WIRE — En marge de sa tournée dans la région de Ziguinchor, la ministre de la Jeunesse et des Sports, Djirèye Clotilde Coly, est sortie de sa réserve politique lors d'un entretien accordé à GMS TV. Revenant sur son parcours au sein du Pastef, elle révèle avoir été exclue des canaux internes du parti après sa nomination au gouvernement. Elle défend également sa conception de la politique comme un engagement au service des populations. D'entrée de jeu, la ministre affirme vouloir redonner à la politique son sens premier. " La politique a été tellement dévoyée ces dernières années que le terme lui-même fait un peu peur. Ma conception de la politique, c'est travailler à impacter la vie des Sénégalais. Je suis membre de PASTEF, mais je ne fais pas de politique politique ", déclare-t-elle. Clotilde Coly revient ensuite sur les circonstances de son engagement politique. Elle explique avoir adhéré à PASTEF en 2019, à la suite de nombreux échanges avec un ami originaire de Goudomp, aujourd'hui décédé. Selon elle, ce dernier, après avoir vécu plusieurs années à l'étranger, avait choisi de rentrer au Sénégal afin de contribuer au changement politique et au développement du pays. Très investie à l'époque dans l'associatif, la sensibilisation des jeunes et les actions communautaires, elle affirme avoir été convaincue par cet ami que l'engagement au sein d'un parti politique constituait le meilleur moyen d'accéder aux responsabilités et d'agir concrètement sur les politiques publiques. " Il m'a tellement convaincue que j'ai fini par intégrer le Mouvement national des cadres de Pastef (MONCAP). C'est vrai que je n'étais pas très visible, mais j'étais sur le terrain lorsqu'il fallait participer aux manifestations ", confie-t-elle. La ministre reconnaît que ses importantes responsabilités professionnelles dans le secteur privé limitaient sa visibilité médiatique. " Mon travail était très prenant. Mon emploi du temps ne me permettait pas d'être dans la lumière, mais ce n'était pas non plus ce que je recherchais ", précise-t-elle. Pour Clotilde Coly, cet engagement n'a jamais été motivé par une ambition personnelle. " Pour moi, la politique consiste simplement à travailler pour améliorer les conditions de vie des Sénégalais. Aucun étranger ne construira le Sénégal à notre place. C'est cette conviction qui m'a amenée à quitter le secteur privé, que je maîtrisais parfaitement, afin d'apporter ma pierre à l'édifice, d'abord pour la Casamance, puis pour l'ensemble du Sénégal. " Relations avec le Pastef après sa nomination Abordant sa relation actuelle avec Pastef, la ministre révèle avoir été écartée des espaces d'échanges internes du parti après sa nomination au gouvernement. " J'ai toujours ma carte de membre dans mon sac, celle que j'ai achetée lors de mon adhésion. Mais après ma nomination, j'ai constaté que j'avais été exclue de tous les groupes de Pastef ", révèle-t-elle. Elle confie également éprouver aujourd'hui certaines réserves à l'égard du terme " patriotisme ". " J'ai beaucoup de mal à utiliser ce mot. Je préfère parler d'amour du pays. Le terme "politique" a été dévoyé, tout comme celui de "patriotisme". On y a associé une forme de pensée unique ", regrette-t-elle. La ministre déplore que cette notion serve parfois, selon elle, à légitimer des violences verbales et des attaques sur les réseaux sociaux. " J'en ai moi-même fait les frais. C'est dommage. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas entrée en politique pour des intérêts financiers ou pour la visibilité, mais uniquement par amour du Sénégal ", insiste-t-elle. Engagement pour le développement et la cohésion sociale Et d'ajouter : " Nous n'avons pas le droit de laisser le Sénégal sombrer. Nos parents nous ont légué un pays reconnu pour son vivre-ensemble entre musulmans, chrétiens, Diolas, Sérères et toutes les autres communautés. Notre génération est attendue sur le terrain du développement économique, mais nous devons préserver cet héritage de cohésion sociale ", affirme-t-elle. La ministre explique avoir accepté la proposition du Président Bassirou Diomaye Faye parce qu'elle voit en lui " un Sénégalais résolument tourné vers l'action ". " Il m'a demandé de mettre mon expertise, mon expérience et ma volonté au service du Sénégal. J'ai accepté de quitter tout ce que je faisais pour participer à cette mission. Même si certains peuvent choisir de s'expatrier, nos enfants resteront sénégalais. Nous devons leur donner envie de vivre dans leur pays ", souligne-t-elle.

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