WIRE — La tension monte à la Société nationale des Habitations à loyer modéré (SN HLM). Au lendemain de leur point de presse, les travailleurs ont organisé, hier matin, un sit-in dans l'enceinte de la Direction générale pour dénoncer le licenciement de neuf cadres supérieurs décidé par le nouveau Directeur général. Ils annoncent leur intention de poursuivre la mobilisation si les décisions ne sont pas révisées. Pour les délégués du personnel, cette décision constitue une remise en cause de l'expérience et de l'expertise des responsables ayant consacré plus de vingt ans de service à la société, certains ayant piloté les principaux projets immobiliers de l'entreprise. Justification des licenciements contestée Selon Madiap Diagne, délégué du personnel, les neuf agents concernés ont été licenciés pour " motifs économiques ", une justification que les travailleurs contestent fermement. Il soutient que la SN HLM ne traverse aucune difficulté financière susceptible de justifier une telle mesure. " La société a réalisé un bénéfice net d'impôts de près de 450 millions de francs CFA. Les projets se poursuivent normalement, il n'y a ni retard de salaires ni difficultés de trésorerie ", a-t-il déclaré. Le représentant des travailleurs souligne que les personnes licenciées occupaient des postes stratégiques au sein de l'entreprise, notamment celles d'anciens secrétaires généraux, de directeur commercial, de directeur des affaires juridiques, de directeur technique, ainsi que d'autres fonctions assimilées. À ses yeux, ces départs risquent d'affaiblir la capacité opérationnelle de la société. Face à cette situation, les travailleurs annoncent avoir saisi l'Inspection du travail afin de contester les licenciements. Ils envisagent également de saisir le juge des référés pour demander la suspension des décisions prises par la Direction générale. Madiap Diagne a par ailleurs lancé un appel au président de la République afin qu'il s'implique dans ce dossier et prenne les mesures qu'il juge nécessaires pour préserver les droits des travailleurs. Les syndicats préviennent que si aucune solution n'est trouvée, leur mouvement pourrait se durcir dans les prochains jours, avec de nouvelles actions. Réponses de la direction de la SN HLM Dans son communiqué, Pape Abdourahmane Dabo, Directeur général de la société, justifie cette décision par " la situation économique et organisationnelle qui traverse actuellement la société ". Trois facteurs sont mis en avant. La SN HLM déplore la " dégradation de la qualité de ses actifs et la pollution de ses assiettes foncières ", conséquences d'occupations irrégulières sur une grande partie du territoire national. Un phénomène qui, selon la direction, " entrave le développement de nos activités ". Selon lui, la société fait également face à " des difficultés financières importantes ", un contexte qui oblige la direction à revoir ses charges. Dans le cadre de la réorganisation en cours, la direction pointe " l'absence de volume de travail suffisant pour les postes occupés par ces agents ", ajoute le DG de la SN HLM. Il précise que la productivité de ces agents est nulle depuis plus de deux ans. " La SN HLM assure respecter scrupuleusement la législation du travail. Chaque agent concerné percevra l'intégralité de ses droits : indemnité de licenciement, indemnité compensatrice de préavis, indemnité compensatrice de congé et indemnité spéciale. Le détail figure dans les notifications remises ", affirme Pape Abdourahmane Dabo.
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