WIRE — Les avocats du président nigérien Mohamed Bazoum, renversé par un coup d'Etat il y a trois ans, ont exigé une nouvelle fois "sa libération immédiate", dans un communiqué transmis vendredi à l'AFP. Le Niger, immense pays sahélien, est dirigé depuis le 26 juillet 2023 par une junte issue d'un coup d'Etat, ayant porté au pouvoir le général Abdourahamane Tiani. Demande de libération par les avocats "Le collectif international des avocats de Mohamed Bazoum exige la libération immédiate et sans condition du président et de son épouse (Hadiza) détenue arbitrairement", ont écrit plusieurs avocats ouest-africains et l'Américain Reed Brody. "Depuis trois ans, le président Bazoum et son épouse sont enfermés dans une aile de la résidence présidentielle de Niamey, sans inculpation, sans procès et sans aucun fondement juridique. Ils n'ont jamais été présentés à un magistrat et n'ont été informés de l'existence d'aucune procédure à leur rencontre", affirment-ils. Selon eux, leurs téléphones ont été confisqués et "leurs seuls liens sont la visite, une fois par semaine, de leur médecin, qui leur apporte médicaments, livres et provisions. Ils n'ont droit qu'à une conversation téléphonique avec leurs enfants toutes les deux semaines". "En trois ans, ils n'ont reçu aucune visite de leurs enfants ou de leurs proches, et le président Bazoum n'a pu rencontrer un avocat qu'une seule fois", suivront-ils. En août 2024, le régime militaire avait décidé de libérer Mme Bazoum, mais cette dernière avait refusé de sortir, préférant rester auprès de son mari. M. Bazoum "est un otage politique, utilisé comme bouclier humain pour protéger les putschistes", a notamment déclaré Me Mohamed Seydou Diagne, avocat au barreau du Sénégal et coordonnateur du collectif, cité dans le communiqué. Selon lui, toutes les voies légales concernant le cas de M. Bazoum "ont été épuisées". Ses avocats avaient engagé plusieurs procédures auprès d'instances internationales comme l'ONU, qui avaient jugé la détention de M. Bazoum "arbitraire" et exigé sa libération. Soutien international à Bazoum En début d'année, le Parlement européen de son côté a adopté une résolution demandant également sa libération. Le mandat de Mohamed Bazoum, entamé en avril 2021, a pris fin en mars. Son immunité présidentielle avait été levée en 2024 par une cour créée par la junte nigérienne, qui avait juré de le poursuivre pour "haute trahison", passible de la peine de mort selon ses avocats. "Aucune charge ne lui a cependant jamais été formellement notifiée", ont-ils rappelé dans le communiqué. Une "clarification officielle" est "nécessaire" sur un éventuel procès de M. Bazoum, a rapporté dans sa parution du vendredi le quotidien privé nigérien L'Enquêteur. "Si la procédure est prête, le procès doit pouvoir s'ouvrir dans des conditions garantissant son indépendance et sa crédibilité. Si elle ne l'est pas encore, les autorités judiciaires gagneraient à expliquer les raisons du retard et les prochaines étapes envisagées", a-t-il écrit.
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