WIRE — De l'idylle née dans un centre d'examen à Adéane à la guerre judiciaire devant le Tribunal de Mbour, le mariage du professeur d'université MC Ngom et de YF Sané a basculé dans un affrontement sans merci. Après huit années d'union, les deux ex-époux se déchirent autour d'accusations de vol de bijoux en or estimées à plus d'un million de FCfa, de tissus de valeur disparus et d'une chambre conjugale devenue le symbole d'une rupture amoureuse. Après huit années de mariage, le professeur MC Ngom et son ex-épouse YF Sané se vouent désormais une inimitié profonde, nourrie par une séparation conflictuelle. Pourtant, en 2015, lorsque l'enseignant de l'Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar rencontrait pour la première fois celle qui allait devenir son épouse, rien ne laissait présager une issue aussi douloureuse. À l'époque, il présidait le jury du centre d'examen d'Adéane, dans la région de Ziguinchor, où la jeune femme, candidate malheureuse au Baccalauréat, tentait de décrocher son diplôme. Aujourd'hui, le décor a radicalement changé. Accusé par son ex-femme d'avoir soustrait des bijoux en or d'une valeur de plus d'un million de FCfa ainsi que d'autres tissus de valeur, MC Ngom a comparu devant le Tribunal d'instance de Mbour, où la plaignante réclame la restitution intégrale de ses biens personnels. " Une épouse désobéissante " : les lourdes accusations du professeur à la barre Le 30 novembre 2022 marque le début de la rupture progressive du couple. Mariée depuis le 4 juillet 2017 au professeur de l'Ucad, avec qui elle vivait à Bandia, dans le département de Mbour, YF Sané a décidé de quitter le domicile conjugal. Sans l'accord de son époux, elle a choisi de retourner à Adéane (Ziguinchor) pour suivre, dit-elle, une formation professionnelle d'une durée de trois ans. Une décision prise alors qu'elle venait à peine de donner naissance à leur deuxième enfant, issu de leur union. Une fois installée dans sa région natale, l'épouse aurait catégoriquement refusé, selon les déclarations rapportées à la barre, de regagner le domicile conjugal pendant toute la période de sa formation. Une attitude qui aurait profondément irrité le professeur, qui affirme avoir vécu cette situation comme un affront. Pour répondre à ce qu'il considère comme un abandon du foyer, il décrit son épouse, devant le tribunal, comme une femme " désobéissante ", estimant qu'elle n'aurait jamais passé plus de six mois consécutifs dans leur ménage sans revenir chez ses parents. C'est dans ce contexte de tensions croissantes que MC Ngom contracte un nouveau mariage. À la barre, il affirme avoir pris soin de déplacer les effets personnels de sa première épouse dans une autre pièce, avant d'installer sa nouvelle femme dans l'ancienne chambre conjugale qui était occupée par YF Sané. Informée du remariage de son conjoint depuis Ziguinchor, elle engage une procédure de divorce auprès du président du Tribunal d'instance de Mbour, qui prononce la rupture de leur mariage en novembre 2025. Quelques mois plus tard, désormais officiellement séparée de son mari, YF Sané retourne au domicile de son ex-époux afin, dit-elle, de récupérer ses effets personnels restés enfermés dans leur chambre conjugale, à laquelle elle n'avait plus eu accès depuis trois ans. Mais sur place, elle affirme avoir découvert une situation pour le moins inattendue : ses affaires, notamment ses vêtements de valeur et ses bijoux en or, avaient disparu de leur emplacement habituel. Plus troublant encore, accompagnée de ses proches, elle constate qu'une autre femme, présentée comme la nouvelle épouse du professeur, occupe désormais " sa " chambre conjugale. Une découverte qui pousse YF Sané à déposer une plainte contre son ex-mari pour vol présumé de bijoux en or et d'autres biens de valeur. " Je l'ai aidée par compassion " ; " Il a ouvert notre chambre à mon insu " Devant le président du Tribunal d'instance de Mbour, MC Ngom, qui comparaissait libre, et YF Sané, toujours animée par une vive colère, se livrent à des révélations fracassantes. Face au juge, les deux anciens époux se renvoient la responsabilité de l'éclatement de leur couple et livrent chacun sa version des événements ayant conduit au divorce. Elle lui reproche notamment d'avoir ouvert, à son insu, leur chambre conjugale et déplacé ses effets personnels, parmi lesquels ses bijoux en or évalués à plus d'un million de FCfa, en les exposant au balcon. Elle lui reproche également d'avoir installé une autre femme dans ce qui constituait, jusqu'alors, leur espace conjugal. L'enseignant réfute catégoriquement les accusations de vol de bijoux en or formulées par son ex-épouse. Selon lui, au moment de leur mariage, celle-ci ne disposait pas des moyens de se procurer des bijoux d'une telle valeur. Mieux, il révèle au tribunal qu'au début de leur relation, c'est davantage un sentiment de compassion et de sollicitude qui l'animait à l'égard de la jeune femme. Celle-ci venait, affirme-t-il, d'échouer pour la cinquième fois à l'examen du Baccalauréat. Une situation qui, selon le mis en cause,, aurait largement contribué à son rapprochement avec elle et à la naissance de leur relation sentimentale. Reconnaissant être à l'origine du déplacement des effets personnels de son épouse, le professeur explique cependant avoir agi dans un souci de préservation de ses biens. Il soutient avoir transféré les affaires de YF Sané dans un autre endroit, plus sécurisé, après avoir constaté que l'armoire dans laquelle elles étaient conservées depuis trois ans commençait à se détériorer. Une version que conteste fermement son ex-femme, qui n'a pas dissimulé son ressentiment à l'audience. Revenant sur son départ du domicile conjugal, trois années plus tôt, YF Sané explique au tribunal que cette décision était la conséquence du non-respect, par son époux, de plusieurs engagements pris au début de leur mariage. Selon elle, cette accumulation de déceptions l'aurait poussée à quitter le foyer pour retourner auprès de ses parents à Ziguinchor, afin d'y poursuivre sa formation professionnelle. Au titre des dommages et intérêts, la plaignante réclame la restitution de ses bijoux en or, qu'elle présente comme un cadeau offert par sa mère, ainsi que le paiement d'une somme de 300 000 FCfa correspondant à la valeur de ses tissus de qualité disparus. Après avoir entendu les deux parties, le procureur de la République a requis l'application de la loi. Le tribunal a mis l'affaire en délibéré au 13 août 2026.

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