WIRE — Interrogé sur la marque qu'il souhaiterait laisser à la tête des Nations unies s'il était élu Secrétaire général, l'ancien président sénégalais Macky Sall a livré une réponse à la fois personnelle et programmatique : léguer " une ONU plus confiante, plus efficace et profondément réformée ". " Au terme de mon mandat, si j'ai la confiance des États membres, je voudrais laisser une ONU confiante, efficace, qui aura réussi sa transformation digitale et qui aura pleinement tiré parti de l'intelligence artificielle. Mais surtout, une ONU réformée, tant au niveau du Secrétariat que des États membres ", a-t-il affirmé. Cette ambition numérique n'est pas une posture de circonstance. Depuis le lancement officiel de sa candidature — présentée par le Burundi au nom de l'Union africaine — Macky Sall en a fait l'un des axes différenciants de son projet, se positionnant comme le candidat du renouveau technologique face à ses concurrents. Il plaide notamment pour une intégration plus systémique de l'intelligence artificielle dans le fonctionnement des Nations unies, qu'il s'agisse de rationaliser les activités du Secrétariat, de mieux objectiver l'analyse des menaces à la paix, ou de réduire le gaspillage constaté dans certaines opérations de maintien de la paix. L'ancien chef de l'État a toutefois pris soin de replacer cette réforme dans un cadre plus large, rappelant qu'aucune transformation ne peut reposer sur la seule volonté du Secrétariat. " Sans la volonté des États membres, quelles que soient les ambitions du Secrétaire général, les réformes resteront timides ", a-t-il souligné, en écho aux propos qu'il avait déjà tenus lors de son audition devant l'Assemblée générale, où il avait plaidé pour une réforme " réaliste et consensuelle " du Conseil de sécurité, capable d'en renforcer la représentativité sans compromettre son efficacité. Cette insistance sur la coresponsabilité des États membres traduit une ligne constante dans le discours du candidat sénégalais : se présenter en " bâtisseur de ponts ", capable de fédérer une organisation confrontée à des crises multiples — rivalités géopolitiques, conflits armés, urgence climatique, fragilités économiques — tout en convainquant les capitales, seules détentrices du pouvoir de réforme véritable, de s'engager pleinement dans cette refondation du multilatéralisme qu'il appelle de ses vœux.
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