WIRE — Mouhamed Camara, dit Oustaz, imam à la mosquée de la cité Asecna, a été jugé, hier mardi, devant la chambre criminelle de Dakar. Accusé d'avoir doigté une mineure de 3 ans dans le domicile qu'il partage avec elle, il a finalement été acquitté, après avoir passé 4 ans en détention provisoire. Il a comparu devant la chambre criminelle de Dakar pour pédophilie et détournement de mineure de 3 ans. Devant la chambre criminelle de Dakar, hier, mardi 21 juillet 2026, a comparu Mouhamed Camara. Il est reproché à cet imam des faits de pédophilie sur mineure de 3 ans et détournement de mineure. Il est accusé d'avoir touché la gamine E. Kane, une fille avec qui il partage la même maison à la cité Asecna. D'ailleurs, il est en détention provisoire depuis le 24 mai 2022. Dans cette procédure, il est ressorti des débats que les poursuites ont été initiées par Fatoumata Bintou Diatta, mère de la victime présumée. Elle a déclaré aux enquêteurs que le jour des faits, le 24 février 2022, elle a constaté que sa fille se grattait le sexe. Une chose qui ne lui était jamais arrivée, d'après elle. C'est ainsi qu'elle lui a posé des questions sur ce comportement avant que celle-ci ne lui révèle avoir été doigtée par l'accusé, qui l'a conduite dans sa chambre. Ce jour-là, précise la gamine, elle était en compagnie d'une de ses camarades du nom d'Aïssatou. La mère de cette dernière, auditionnée, a déclaré avoir vu, le jour des faits, la victime rôder autour de la chambre de l'accusé, qui exigeait une pièce de 100 F d'un individu dont elle ne parvenait pas à voir le visage. Par ailleurs, la mineure, confrontée à son bourreau présumé, a réitéré ses déclarations. Elle avait même décrit la configuration de la chambre d'Oustaz où les faits se seraient passés. À cet effet, elle avait mentionné un poste téléviseur, un lit et des exemplaires du Coran qui s'y trouvent. Pour y voir plus clair, les gendarmes se sont transportés sur les lieux pour une perquisition. Et celle-ci avait révélé les mêmes objets décrits par la victime. Conduite à l'hôpital, l'homme de l'art a conclu à des ecchymoses de 3 cm sur le sexe de la gamine, mais l'hymen était intact. Interrogé, Oustaz a nié les faits. Ses contestations ont persisté jusqu'à la chambre criminelle de Dakar où il a été jugé. Le natif de Kaolack, âgé de 69 ans, a expliqué que le jour des faits, qui correspondent au 24 février 2022, il n'a pas vu la fillette puisqu'elle n'est pas venue dans sa chambre. " C'est Kiné Diatta, mère de la victime, qui m'a accusé. Cette affaire est un deal qui consistait à me chasser de la mosquée pour mettre à la tête Ousmane Diatta, afin que celui-ci puisse diriger la prière des fidèles. Elle a réussi, parce que depuis lors je suis en prison ", a laissé entendre Mouhamed Camara. Son cousin Cheikhou Souma, entendu en qualité de témoin, a disculpé l'accusé. Dans son témoignage, il a déclaré que le jour des faits, il était avec lui. " Je l'ai rejoint à 10h à la maison et c'est moi qui l'ai utilisé pour lui rendre compte de ce que j'ai eu comme information au tribunal par rapport au certificat d'hérédité que je devais me procurer. J'ai passé toute la journée avec lui. On a quitté la gargote de ma sœur vers 13h avant de se rendre à la mosquée. Je n'ai constaté aucune présence d'enfants sur les lieux au moment où je le rejoignais ", a-t-il affirmé. Il a aussi évoqué l'absence de la fille et de sa mère, qui ne sont pas venues soutenir leurs accusations à la barre. Mais pour le procureur, il y a eu bel et bien des attouchements sexuels sur cette fille. Il a requis la culpabilité d'Oustaz sur la pédophilie ainsi que sur le détournement de mineure. Et pour ce qui est de la peine, le parquet s'en est rapporté à la sagesse du tribunal. Les avocats de la défense, composés de Mes François Kandjiack Senghor et Daff, ont eux aussi soutenu la version d'une cabale chez leur client. Là où Me Senghor demande au tribunal de rendre à l'accusé sa dignité, Me Daff a de son côté aussi souhaité l'acquittement. Cette robe noire a indiqué que toute cette affaire n'est que " supputation ", parce qu'aucune preuve ne peut être rapportée et qu'elle ne sera pas rapportée par l'accusation. Après avoir plaidé la liberté provisoire avant de retirer cette demande, le tribunal a accédé à la demande de la défense en acquittant Oustaz.

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