WIRE — Des experts de l'ONU ont appelé mardi à mettre un terme à la "terreur" imposée dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) par le groupe armé antigouvernemental M23, qui selon eux a recours à la torture sexuelle et aux assassinats. L'Est de la RDC est en proie à des conflits depuis plus de 30 ans. Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, l'Armée congolaise affronte le groupe armé antigouvernemental M23, qui s'est emparé de vastes pans de territoires. Violations des droits humains par le M23 "Les viols, les viols collectifs, les agressions d'une violence extrême et les assassinats de civils constituant une caractéristique récurrente du mode opératoire du M23", ont déclaré ces 12 experts dans un communiqué. Parmi ces experts indépendants figurent notamment Alice Jill Edwards, Rapporteuse spéciale sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, et Matthew Gillett, président du groupe de travail sur la détention arbitraire. "Si ces crimes ne sont pas l'apanage du M23, le nombre de personnes touchées est effarant", ont ajouté ces experts, mandatés par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, mais qui ne s'expriment pas au nom des Nations Unies. Les experts ont averti que le M23, soutenu par le Rwanda voisin, "a instauré un système d'autorité de facto dans les territoires placés sous son contrôle, dans lesquels les arrestations et détentions arbitraires, la torture (y compris la torture sexuelle), le travail forcé et le recrutement armé forcé sont utilisés comme moyens pour contrôler la population civile". Des cas d'enlèvements, d'incendies criminels et de chantage ont également selon eux été signalés. Le groupe d'experts indique également que les personnes arrêtées seraient détenues dans des prisons non officielles en proie à des conditions de "surpopulation extrême et d'insalubrité", avec un accès limité, voire inexistant, aux soins médicaux, et "privées de manière systématique de nourriture et d'eau". Elles y seraient aussi "soumises à des violences physiques répétées, y compris des passages à tabac quotidiens, et plusieurs décès en détention auraient été recensés". Dans de nombreux cas, la libération des personnes détenues dépendrait de paiements exigés de leurs proches, ajoutent ces experts. Appel à la communauté internationale Cette "situation extrêmement préoccupante de violences généralisées visant la population civile appelle une attention urgente de la communauté internationale", ont-ils alerté. Ces violences "inacceptables" doivent "cesser immédiatement et faire l'objet d'enquêtes approfondies afin que les responsables répondent de leurs actes", ont encore exhorté ces experts, indiquant avoir "porté leurs préoccupations à l'attention du gouvernement du Rwanda". Le 9 juillet dernier, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk avait réclamé "de toute urgence" la fin des combats dans l'est de la RDC. Il avait appelé le Rwanda de "cesser de soutenir le M23 et retirer ses troupes de la RDC" et appelé les autorités congolaises à "démobiliser, désarmer et rapatrier les membres du groupe armé Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR)", formés d'anciens responsables du génocide rwandais de 1994 réfugiés en RDC.
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