WIRE — SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DE L'ONU Le Sénégal soutient désormais Macky Sall   Trois mois après s'être démarqué de la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l'ONU, le Sénégal a décidé de lui apporter son soutien officiel. Annoncé après la rencontre du 17 juillet entre Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur, ce revirement donne à l'ancien chef de l'État l'appui de son propre pays, mais ne règle pas l'absence de consensus autour de son nom au sein de l'Union africaine.   La candidature de Macky Sall à la succession d'António Guterres bénéficie désormais du soutien officiel du Sénégal. La décision a été annoncée, lundi 20 juillet, trois jours après la rencontre entre l'ancien président et Bassirou Diomaye Faye au Palais de la République. Selon le communiqué du ministère de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères, Macky Sall avait sollicité cette audience pour présenter sa candidature à son successeur. À l'issue des échanges, le chef de l'État a décidé de mobiliser le gouvernement et le réseau diplomatique sénégalais en faveur de l'ancien président. Bassirou Diomaye Faye a également appelé les " forces vives de la Nation " à soutenir une candidature désormais présentée par les autorités comme " celle du Sénégal au service de l'Afrique ". Macky Sall a, de son côté, remercié son successeur pour cet appui. Cette décision constitue un tournant dans la campagne de l'ancien chef de l'État. Jusqu'ici, sa candidature n'avait pas été présentée par le Sénégal, mais par le Burundi, qui assure la présidence tournante de l'Union africaine. En mars dernier, Dakar avait même officiellement indiqué n'avoir ni soutenu cette initiative ni été associé à son lancement. Le soutien annoncé lundi marque donc un changement de position des autorités sénégalaises. Il intervient dans un contexte politique toujours marqué par les critiques du pouvoir actuel contre la gestion de Macky Sall, notamment sur la situation des finances publiques et les violences politiques survenues entre 2021 et 2024. La rencontre du 17 juillet ne permet cependant pas de conclure à une réconciliation politique entre les deux hommes. Le communiqué officiel fait état d'échanges tenus dans un climat de " cordialité et de courtoisie républicaine ", mais aucune annonce n'a été faite sur les différends liés à la gouvernance de l'ancien régime. Le rapprochement porte, pour l'heure, sur la candidature à la tête de l'Onu. L'appui de Dakar renforce néanmoins la position de Macky Sall. Une candidature internationale portée sans le soutien du pays d'origine du candidat constitue un handicap politique et diplomatique. La mobilisation du réseau sénégalais pourrait désormais lui permettre d'intensifier ses démarches auprès des États membres de l'ONU, particulièrement des puissances représentées de manière permanente au Conseil de sécurité. L'absence de soutien de l'Union africaine La candidature de Macky Sall reste toutefois confrontée à un obstacle majeur : elle ne bénéficie pas du soutien officiel de l'Union africaine. Fin mars, le projet de décision visant à lui accorder l'appui de l'organisation continentale n'avait pas été adopté après l'opposition exprimée par vingt États membres.  Le ralliement du Sénégal pourrait relancer les démarches en faveur d'un soutien africain, mais il n'efface pas les réserves déjà exprimées. Dakar devra donc convaincre les pays opposés ou réticents si l'objectif est de présenter Macky Sall comme un candidat bénéficiant d'un consensus continental. L'ancien président fait partie des candidats déclarés pour succéder au Portugais António Guterres, dont le second mandat s'achève le 31 décembre 2026. La compétition compte notamment plusieurs candidatures latino-américaines. Cette région revendique le poste au nom de la rotation géographique, même si celle-ci ne constitue pas une règle contraignante. Plusieurs États et organisations défendent également la nomination d'une femme, ce qui constituerait une première dans l'histoire des Nations unies. Le choix du secrétaire général ne dépend pas d'une élection directe entre les 193 États membres. Le Conseil de sécurité doit d'abord recommander un candidat à l'Assemblée générale. Chacun de ses cinq membres permanents (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) peut bloquer une candidature par son veto. Dans ce contexte, les contacts avec ces cinq puissances seront déterminants. Une rencontre ou un échange diplomatique avec l'un de leurs représentants ne peut toutefois être présenté comme un soutien officiel sans annonce explicite du pays concerné. À ce stade, aucun appui formel de Moscou à Macky Sall n'a été établi publiquement. Le soutien du Sénégal lève donc une difficulté importante pour l'ancien président, mais le chemin vers le siège de secrétaire général reste incertain. Macky Sall doit encore rallier une partie de l'Afrique, éviter le veto d'un membre permanent du Conseil de sécurité et s'imposer face aux autres candidats. Le retour de Dakar à ses côtés relance sa campagne ; il ne préjuge pas de son issue. Mamadou Diop Section:politique

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