WIRE — Le Premier ministre centrafricain, Félix Moloua, et une partie de son gouvernement se sont rendus samedi à Birao, dans le nord du pays, à 65 km de la ville d'Am Dafock, théâtre d'une attaque meurtrière le 30 juin dernier. Am Dafock, localité frontalière avec le Soudan, est souvent la cible d'incursions de groupes armés des deux côtés de la frontière, alors que le Soudan est en proie à une guerre meurtrière depuis avril 2023 entre les forces gouvernementales et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Conséquences de lattaque dAm Dafock L'attaque du 30 juin, qui a entraîné le déplacement de plus de 16.000 personnes ayant pris la fuite, a causé des décès parmi les civils et les forces de sécurité centrafricaines, mais les autorités n'ont communiqué aucun bilan. Le gouvernement n'a pas dit qui étaient les assaillants mais le sous-préfet de la localité, Ramadan Abdelkader, a évoqué "des ex-Séléka (ex-coalition de rebelles centrafricains, principalement musulmans) associés aux éléments des Forces de Soutien rapide (FSR) venus du Soudan". Accompagné des ministres de la Défense, de la Justice, de l'Intérieur, du Désarmement et de l'Action humanitaire, le Premier ministre a été accueilli par plusieurs centaines de personnes, selon un journaliste de l'AFP. "La paix est chèrement acquise, nous devons la préserver", a-t-il déclaré à son arrivée. Un important dispositif de sécurité a été déployé dans la ville, composé de Casques bleus zambiens, de militaires centrafricains et d'éléments du groupe paramilitaire russe Wagner. "Nous sommes contents de voir une haute autorité de notre pays ici. Ça nous rassure. Ça nous montre que nos autorités ne nous ont pas abandonnés", a jugé Mahamat Ahmat, habitant de Birao présent dans la foule à l'aéroport. Certains, habillés aux couleurs du Mouvement Cœurs Unis, le parti au pouvoir, brandissaient des pancartes "Birao dit oui à la paix et au développement avec le président Touadéra". Visite du Premier ministre à Birao Le Premier ministre a rencontré des acteurs humanitaires, des chefs traditionnels et des acteurs de la paix. Le ministre du Désarmement, Tomou Dey, a dénoncé les exactions des rebelles, majoritairement des "étrangers" venus "tuer, massacrer et piller", appelant la population à soutenir les "forces dans leur mission". Anour, chauffeur de moto-taxi, a réclamé des actes concrets car "l'Etat a abandonné ce peuple. On se défend seul, les militaires que l'Etat envoie ici ne sont pas équipés ou très peu. Nous espérons qu'après le passage des autorités, les choses vont changer". Le gouvernement avait annoncé début juillet un renforcement du dispositif sécuritaire dans la préfecture du Vakaga, avec un déploiement supplémentaire de militaires, l'intensification des patrouilles et une présence accrue de l'État dans cette région frontalière.
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