WIRE — ICS - NATIONALISATION OU CENSURE Vers un bras de fer entre exécutif et législatif Objet de toutes les convoitises et controverses, les ICS s'invitent dans les divergences entre Sonko et Diomaye et pourraient même motiver la censure du Gouvernement Al Aminou Lo. Retour sur le long périple de ce mastodonte industriel de l'engrais et du phosphate. Les ICS sont à nouveau au cœur d'une tempête politico-économique. Depuis quelque temps, ce mastodonte du phosphate et de l'engrais sénégalais est au centre des débats. Leader de la majorité parlementaire, Ousmane Sonko qui milite pour la nationalisation de l'entreprise n'a pas hésité à menacer de censurer le Gouvernement, si jamais il revient sur cette option. "…. Nous ne sommes pas à l'Assemblée nationale pour faire des motions de censure. Mais s'ils reviennent sur les renégociations en cours, nous allons censurer le gouvernement. Et nous le ferons autant de fois que nécessaire, parce que nous n'acceptons pas que l'on sacrifie les intérêts des Sénégalais", avait-il insisté lors de son meeting à Mbacké. Pour Ousmane Sonko, le gouvernement Al Aminou compte revenir sur ce qui a été fait dans le cadre des renégociations avec notamment les ICS, GTA et Yaakaar Teranga. "Il (Al Aminou) veut revenir sur tout parce que ce qui l'intéresse, dit-il, c'est le climat des affaires. Cela veut dire qu'ils sont là pour promouvoir les intérêts des étrangers et nous n'allons pas l'accepter", a développé le président de l'Assemblée nationale. Nationalisation ou censure Pour ce qui concerne les ICS, on en sait un peu plus sur les divergences entre l'ancien Premier ministre et les tenants actuels de l'exécutif. Alors que Sonko militait pour la nationalisation pure et simple, l'administration Lo penche pour une prise de participation plus importante. Le ministre en charge de l'industrie l'a dit sur la Radio futurs médias. "Le gouvernement n'a pas l'intention de nationaliser des industries. Ce serait un mauvais message aux investisseurs. Il s'agit plutôt de renégociation, pour porter notre participation de 15 à 30%." S'il y a un point sur lequel les l'ancienne et l'actuelle administration semblent s'accorder, c'est sur les montants dus à l'État au titre du non paiement de certaines taxes. Le ministre de l'Industrie parle d'une dette de 250 milliards de francs CFA. C'est d'ailleurs par cette fenêtre que l'État compte passer pour augmenter sa participation. La convention, selon le ministre, prévoit la possibilité pour l'État de prendre une part plus importante dans le capital. En sus de cette question, le gouvernement veut également pousser les ICS à s'orienter plus vers la production d'engrais sur mesure en quantité et en qualité suffisante pour booster l'agriculture sénégalaise avant de penser à l'exportation, ce qui cadre également avec la volonté affirmée par Sonko. La longue traversée du désert Aujourd'hui au centre de toutes les convoitises, les ICS ont pourtant connu une longue traversée du désert avant de redevenir aussi attractive et rentable. Vers les années 2005, l'entreprise traînait des pertes cumulées de plus de 150 milliards, l'obligeant même à recourir à un régime de règlement préventif. Pour sauver l'entreprise et ses milliers d'emplois, le Gouvernement avait accepté l'offre de l'Inde (principal client) et du groupement Ifco. Cela avait permis aux ICS de souffler un peu, avant de replonger dans les difficultés encore plus complexes. La dette avait même atteint 271 milliards de francs CFA. L'entreprise était ainsi au bord de la faillite, avant l'arrivée de l'Indonésien Indorama. Les investissements consentis ont ainsi permis de redresser définitivement la barre et de permette à la compagnie de redevenir viable, avec des bénéfices importants ces dernières années. Évolution de l'actionnariat Il convient de noter que la structure actionnariale des ICS a évolué au fil des années. Aujourd'hui, le groupe Indorama détient 78% des actions, l'Etat du Sénégal 15%. Suivent IFFCO et le gouvernement indien avec respectivement 6,78% et 0,22% des actions. Un déséquilibre que l'Etat compte inverser pour accroître sa part dans la compagnie. A la création de l'entreprise entre 1974 et 1976, la composante sénégalaise détenait 33,8% des actions dont 23,34 pour le gouvernement ; la composante sous régionale (Cameroun, Côte d'Ivoire, Nigeria) 28,3% des actions soit 9,43% pour chaque pays ; 18,85% pour le consortium indien ; 9,45% pour la Banque islamique de développement et enfin 9,69% pour le groupe EMC. Des milliers d'emplois en jeu De l'avis de Ousmane Sonko, ces différentes recapitalisations ont été faites au détriment des intérêts du Sénégal. Le manque à gagner, selon lui, est estimé à 1075,9 milliards de francs CFA, dont plus de 200 milliards au titre d'exonérations illégales. Outre ces exonérations, le Comité de renégociation des contrats aurait également évalué les manques à gagner dus à la renonciation de parts du capital, les abandons de créances ; etc. Alors Premier ministre, Ousmane Sonko avait déjà proclamé la résiliation de tous les contrats et annoncé la reprise de l'entreprise, mais à en croire le ministre de l'Industrie, il n'en est encore rien. Il faut noter que la compagnie, selon les chiffres de 2022, comptait plus de 5 000 emplois. C'est l'un des plus grands employeurs dans le secteur extractif et même en dehors. Par Mor Amar Section:economie
"We aggregate wires to encourage regional discovery, sending readers directly back to the original source to explore full coverage."
This is a normalized overview of the breaking feed event. The complete, official release detailing all points, background context, and statements remains hosted by the original publisher.