WIRE — Le Nigeria a annoncé cette semaine avoir achevé l'évacuation de 1.490 de ses ressortissants d'Afrique du Sud, où des manifestations antimigrants accompagnées parfois de violences a poussé des dizaines de milliers d'étrangers à quitter le pays ces derniers mois. Depuis plusieurs semaines, des ressortissants étrangers originaires de plusieurs pays africains, notamment du Ghana, du Nigeria, du Malawi, du Mozambique, de l'Ouganda et du Zimbabwe, quittent l'Afrique du Sud dans le cadre de programmes de rapatriement soutenus par les différents gouvernements. Ce pays, qui a longtemps été une destination privilégiée par les travailleurs africains, est secoué depuis plusieurs semaines par des manifestations et des troubles contre les immigrés, accusés de prendre les emplois des Sud-africains. "C'est terminé", a déclaré vendredi à l'AFP Kimiebi Ebienfa, porte-parole du ministère nigérian des Affaires étrangères, après l'évacuation par avion de 1.490 Nigérians. Dans un communiqué mercredi, Kimiebi Ebienfa avait indiqué qu'un cinquième vol d'évacuation opéré par la compagnie Air Peace avait quitté Johannesburg dans la matinée avec 305 Nigérians à bord, ainsi que trois responsables gouvernementaux chargés de superviser l'opération. "Le gouvernement fédéral a désormais évacué un total de 1.490 Nigérians d'Afrique du Sud grâce à une série de vols humanitaires coordonnés" entre les mois de juin et juillet, a déclaré le porte-parole du ministère. Selon Abuja, les rapatriements ont été organisés en coopération avec plusieurs agences gouvernementales dont la Haute commission du Nigeria à Pretoria, le consulat général nigérian à Johannesburg, ainsi qu'avec les compagnies Air Peace et South African Airways. Les évacuations ont été décidées "en réponse aux préoccupations en matière de sécurité suscité par les attaques xénophobes qui se poursuivent et qui visent des ressortissants étrangers, notamment des Nigérians", précise le communiqué. Début juillet, la ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, avait indiqué que "la situation des ressortissants étrangers en Afrique du Sud se détériore". "Aucun signe n'indique que la situation s'améliore", avait-elle déclaré en annonçant de nouveaux vols de rapatriement et en appelant Pretoria à enquêter sur la mort de deux Nigérians survenue, selon elle, dans le contexte de cette campagne antimigrants. Cependant, la police sud-africaine a affirmé que ces décès n'étaient pas liés aux manifestations. Violences et conséquences des manifestations Les violences qui ont accompagné cette récente campagne antimigrants ont fait au moins quatre morts : deux Mozambicains, un Malawite et un Éthiopien : et ont été marquées par des pillages et incendies volontaires de commerces. Le Malawi a déclaré début juillet avoir rapatrié 38.000 ressortissants en l'espace d'un mois seulement, et le Zimbabwe 21.300 de ses citoyens.

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