WIRE — Accusés du meurtre particulièrement violent de leur employeur Bara Cissé, retrouvé mort en décembre 2023 dans sa station-service à Touba, M. Guèye et M. Bop ont été acquittés par la Chambre criminelle de Diourbel. Le parquet avait pourtant requis la réclusion criminelle à perpétuité. Après trois années de détention préventive, les deux hommes sont libres, tandis que l'identité du meurtrier reste inconnue. Trois années derrière les barreaux M. Guèye et M. Bop ont passé trois ans en détention préventive en clamant leur innocence. Poursuivis pour le meurtre de leur employeur Bara Cissé, gérant d'une station-service à Touba, les deux pompistes ont finalement été acquittés par la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Diourbel. Selon L'Observateur, le procureur avait pourtant requis la réclusion criminelle à perpétuité contre les deux accusés. Les juges ont finalement suivi les arguments de la défense, qui avait insisté sur les nombreuses zones d'ombre du dossier et l'absence de preuves matérielles suffisamment solides. Un corps découvert dans une scène de violence Les faits remontent au dimanche 10 décembre 2023. Ce jour-là, un médecin du Samu de Touba informe le commissariat spécial de la ville du décès de Bara Cissé, gérant d'une station-service. À leur arrivée, les policiers découvrent une scène d'une extrême violence. Le corps de la victime est étendu au sol, couvert de sang. Les enquêteurs relèvent huit blessures à la tête ainsi que plusieurs autres lésions sur le corps. Du sang aurait été projeté jusqu'au plafond et sur le climatiseur, laissant supposer une lutte particulièrement intense. Bara Cissé, ceinture noire de karaté et titulaire du deuxième dan, se serait battu contre son ou ses agresseurs. L'hypothèse du vol écartée Les premières constatations ne permettent pas de retenir le vol comme mobile évident. Dans les poches du défunt, les enquêteurs retrouvent 52 000 FCFA, puis une autre somme de 313 000 FCFA ainsi que ses deux téléphones portables. Plus tard, un montant de 18,5 millions de FCFA est également découvert sur les lieux. Rien n'aurait été emporté. L'hypothèse d'un crime à caractère sexuel est, elle aussi, rapidement écartée. Les deux pompistes placés au centre des soupçons M. Guèye, employé depuis huit mois dans la station, aurait découvert le corps avant d'alerter son collègue M. Bop, qui y travaillait depuis deux ans. Les deux hommes ont affirmé n'avoir rien vu ni entendu durant la nuit du meurtre. Cette version n'a convaincu ni les enquêteurs, ni le procureur, ni le juge d'instruction. Ils ont été inculpés pour meurtre puis placés en détention provisoire. Pour l'accusation, il paraissait difficile que les deux employés présents n'aient entendu aucun bruit malgré la violence de l'agression. Aucune autopsie pratiquée Le dossier comportait toutefois plusieurs insuffisances majeures. Aucune autopsie n'a été pratiquée sur le corps de Bara Cissé, qui a été remis à sa famille peu après le drame. Seul un certificat de genre de mort figurait au dossier. Il faisait état d'un traumatisme crânien accompagné d'une hémorragie massive. Cette absence d'autopsie a limité les possibilités de déterminer avec précision l'arme utilisée, la chronologie des blessures ou le nombre éventuel d'agresseurs. Une scène de crime déjà souillée La police scientifique de Kaolack, appelée en renfort, n'a pu relever aucune empreinte exploitable. Lorsqu'elle est arrivée sur les lieux, la scène du crime avait déjà été souillée, compliquant davantage la recherche d'indices matériels. La reconstitution des faits n'a pas non plus permis d'établir avec certitude la participation des deux pompistes. Aucun élément scientifique direct ne semblait ainsi relier M. Guèye et M. Bop au meurtre. Le parquet maintient ses accusations Malgré ces faiblesses, le procureur a maintenu ses réquisitions. Pour le ministère public, la matérialité du meurtre ne faisait aucun doute et l'imputabilité aux accusés devait également être retenue. Il a demandé la réclusion criminelle à perpétuité contre les deux pompistes. La défense a dénoncé un raisonnement jugé trop simpliste. Me Serigne Diongue a notamment soutenu que le fait de ne pas avoir entendu de bruit ne pouvait suffire à constituer un crime. Me Assane Dioma Ndiaye a également insisté sur les multiples zones d'ombre et sur la nécessité d'accorder aux accusés le bénéfice du doute. L'acquittement après trois ans de détention La Chambre criminelle a finalement suivi la défense et prononcé l'acquittement de M. Guèye et M. Bop. Après trois années passées en prison dans l'attente de leur jugement, les deux hommes ont retrouvé la liberté. www.dakaractu.com
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