WIRE — La Commission régionale de gestion des frontières [CRGF] de Saint-Louis s'est réunie ce mardi sous la présidence du gouverneur Al Hassane Sall. Objectif : présenter les nouvelles orientations de l'État et adopter le plan d'action annuel 2026. La rencontre a porté sur la nouvelle politique nationale de gouvernance des frontières, élaborée sur recommandation de l'Union africaine. Selon le professeur Mohamadou Mountaga Diallo, consultant de la Commission nationale, l'ambition est claire : à l'horizon 2034, le Sénégal doit disposer de frontières "clairement connues, reconnues, sécurisées et offrant un environnement favorable au développement". Cette stratégie repose sur 6 axes : délimitation et démarcation des frontières, renforcement de la gouvernance sécuritaire, coopération transfrontalière, développement économique et social des zones frontalières, gestion des mobilités et migrations, et renforcement des capacités des acteurs. Pour le gouverneur Al Hassane Sall, la région de Saint-Louis, frontalière de la Mauritanie, nécessite une approche particulière. Trafics illicites, flux migratoires, échanges commerciaux et tensions communautaires figurent parmi les principaux défis. Il a insisté sur une "conception globale de la sécurité" intégrant les volets sécuritaire, sanitaire, environnemental et économique. Cela passe par le renforcement des forces de défense, de la police des frontières, de la douane, mais aussi des services de santé et de protection civile. Le gouverneur a également plaidé pour l'implication des populations et des collectivités territoriales, avec un renforcement des infrastructures de base pour améliorer les conditions de vie. Le professeur Diallo a rappelé la particularité de Saint-Louis qui compte 4 types de frontières : aérienne avec l'aéroport Ousmane Masseck Ndiaye, fluviale avec le fleuve Sénégal, maritime avec la Mauritanie et terrestre autour de Gokhou Mbathie. Si la frontière terrestre est déjà délimitée depuis 1971, les frontières fluviales et maritimes restent insuffisamment matérialisées. Leur finalisation est jugée prioritaire car ces zones sont parfois sources de tensions. À l'issue des travaux, les membres de la CRGF ont réaffirmé leur engagement à accompagner cette politique pour "préserver la paix, faciliter les échanges transfrontaliers et améliorer les conditions de vie des populations". www.dakaractu.com
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