WIRE — Dans une publication diffusée sur Facebook, le député-maire de Mbao, Abdou Karim Sall, rejette l'idée d'une responsabilité exclusivement imputable à Macky Sall dans les violences survenues au Sénégal entre 2021 et 2024. Il invite la majorité parlementaire à abroger la loi d'amnistie afin, affirme-t-il, de permettre l'établissement de toutes les responsabilités. Le débat sur les violences politiques enregistrées au Sénégal entre 2021 et 2024 connaît un nouveau rebondissement. Dans un post au ton particulièrement offensif, le député-maire de Mbao, Abdou Karim Sall, s'est attaqué à ceux qui, selon lui, tenteraient de faire porter à Macky Sall la responsabilité exclusive des événements ayant provoqué des morts, des pertes de biens et la destruction d'infrastructures. Intitulée " De qui se moque-t-on ? ", sa publication intervient dans un contexte marqué, d'après ses propres termes, par les discussions suscitées à la veille de la visite de l'ancien chef de l'État au Sénégal. Une responsabilité exclusive de Macky Sall contestée Abdou Karim Sall dénonce ce qu'il qualifie de " malhonnêteté intellectuelle " et de " manipulation politique ". À ses yeux, présenter Macky Sall comme l'unique responsable des violences survenues entre 2021 et 2024 reviendrait à occulter une partie des faits et des responsabilités. Le député-maire estime que les événements de cette période doivent être examinés dans leur globalité. Il appelle ainsi à faire la lumière sur les circonstances ayant conduit à la mort de plusieurs jeunes Sénégalais, à la perte de biens appartenant à des particuliers ainsi qu'à la destruction d'infrastructures stratégiques de l'État. Son argument central repose sur la nécessité d'une enquête permettant d'identifier non seulement les auteurs directs des violences, mais également les éventuels commanditaires. PASTEF placé devant ses responsabilités Dans son texte, Abdou Karim Sall interpelle directement PASTEF. Il rappelle que le parti au pouvoir réclame régulièrement justice pour les personnes présentées comme des " martyrs " des manifestations et troubles politiques de ces dernières années. Selon lui, PASTEF dispose désormais des moyens institutionnels et politiques nécessaires pour permettre l'ouverture complète de ces dossiers. Le député-maire évoque notamment la majorité dont bénéficie le parti à l'Assemblée nationale. " PASTEF, qui réclame sur tous les toits justice pour les "martyrs", est aujourd'hui le seul à avoir réellement les moyens politiques et parlementaires de permettre que toute la vérité éclate au grand jour ", écrit-il. Abdou Karim Sall affirme ainsi que les nouvelles autorités ne peuvent plus se limiter à réclamer justice ou à désigner des responsables. Elles devraient, selon lui, utiliser leur majorité parlementaire pour lever les obstacles juridiques susceptibles d'empêcher l'établissement des faits. L'abrogation de la loi d'amnistie présentée comme la solution Pour le député-maire de Mbao, l'abrogation de la loi d'amnistie constituerait la principale voie permettant de déterminer les responsabilités liées aux violences politiques. Il soutient qu'une telle décision pourrait ouvrir la possibilité d'identifier les " véritables coupables et commanditaires " et de faire la lumière sur l'ensemble des événements tragiques ayant marqué le pays. Dans sa publication, il souligne les différentes conséquences de ces violences : les pertes en vies humaines, les dommages subis par des citoyens et la destruction d'infrastructures appartenant à l'État. Abdou Karim Sall considère donc que la vérité ne devrait pas être recherchée de manière sélective. Pour lui, toutes les responsabilités doivent pouvoir être examinées, quelle que soit l'identité des personnes ou des organisations susceptibles d'être mises en cause. " De quoi PASTEF a-t-il peur ? " Le responsable politique formule ensuite une interrogation directe à l'endroit du parti au pouvoir : " De quoi PASTEF a-t-il peur pour ne pas abroger la loi d'amnistie ? " Il affirme que PASTEF dispose d'une majorité de 130 députés à l'Assemblée nationale, qu'il qualifie de " majorité mécanique ". À travers cette déclaration, Abdou Karim Sall cherche à placer le parti devant ce qu'il considère comme une contradiction entre son discours en faveur de la justice et l'absence d'abrogation de la loi d'amnistie. " Ceux qui réclament la vérité doivent avoir le courage de la laisser éclater, toute la vérité, rien que la vérité, quelles que soient les responsabilités qu'elle mettra au jour ", insiste-t-il. Cette prise de position apparaît également comme une réponse politique aux accusations formulées contre l'ancien régime au sujet de la gestion des manifestations et des affrontements enregistrés durant cette période. Des condoléances adressées à la famille de Djiby Mbaye À la fin de sa publication, Abdou Karim Sall présente ses condoléances à la famille de Djiby Mbaye, qu'il décrit comme un ancien détenu récemment décédé. Le député-maire formule des prières pour le défunt, demandant à Allah de l'accueillir au paradis. Cette séquence conclut un texte essentiellement consacré à la recherche des responsabilités dans les violences politiques et à la contestation de toute lecture attribuant exclusivement ces événements à Macky Sall. www.dakaractu.com
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