WIRE — Une plainte portant sur 58,4 millions de FCFA a permis à la Brigade de recherches de Keur Massar de mettre au jour un circuit présumé de prêts usuraires. Selon L'Observateur, les financements étaient rémunérés à hauteur de 200 000 FCFA par million prêté tous les vingt jours. Deux femmes comparaissent dans cette affaire aux multiples ramifications. Une plainte à l'origine de l'enquête L'affaire a commencé par une plainte déposée le 9 juin par une femme désignée sous les initiales F. Watt. La plaignante accuse D. Dioum et D. Mboup d'avoir détourné un montant de 58,4 millions de FCFA. Les investigations de la Brigade de recherches de Keur Massar ont toutefois dépassé le cadre d'un simple litige financier. Les enquêteurs auraient découvert un circuit dans lequel plusieurs commerçantes se prêtaient de l'argent à des taux particulièrement élevés. 200 000 FCFA d'intérêt par million prêté Le mécanisme reposait sur une rémunération de 20 % tous les vingt jours. Pour un prêt d'un million de FCFA, l'emprunteuse devait donc verser 200 000 FCFA d'intérêts après seulement vingt jours, sans compter le remboursement du capital. Un tel rythme pouvait rapidement entraîner une accumulation de dettes, surtout lorsque les emprunteuses contractaient de nouveaux prêts pour rembourser les précédents. À la suite de l'enquête, D. Dioum a été poursuivie pour escroquerie. D. Mboup est, pour sa part, poursuivie pour complicité d'escroquerie et usage de taux usuraires. Elles ont été placées sous mandat de dépôt avant leur comparution. Une première plaignante évoque 5,7 millions de FCFA Devant le tribunal, M. Sène affirme avoir remis 5,7 millions de FCFA à D. Dioum. Pour réunir cette somme, elle aurait emprunté 3,6 millions de FCFA auprès d'une voisine, tandis que son mari aurait vendu son véhicule afin de lui remettre 2,1 millions supplémentaires. En contrepartie, D. Dioum lui aurait promis une partie des bénéfices réalisés à partir d'opérations de sortie de conteneurs au Port autonome de Dakar. Lorsque D. Dioum serait devenue injoignable, la voisine auprès de laquelle l'argent avait été emprunté aurait déposé une plainte. Une autre créancière réclame 15,9 millions M. Sow aurait, elle aussi, été approchée par une cousine de D. Dioum. Séduite par la promesse de recevoir 200 000 FCFA pour chaque million investi tous les vingt jours, elle aurait commencé par remettre 500 000 FCFA. Sa mère aurait versé la même somme. Au fil des opérations, les financements auraient atteint près de 15 millions de FCFA. M. Sow réclame aujourd'hui 15,9 millions de FCFA, hors intérêts, selon les éléments rapportés par L'Observateur. F. Watt affirme avoir prêté 50,4 millions Le préjudice le plus important est invoqué par F. Watt. Elle soutient avoir prêté 50,4 millions de FCFA. Une partie de cette somme aurait été directement remise à D. Dioum. Le reste serait passé par l'intermédiaire de D. Mboup, présentée comme une transitaire chargée d'organiser la sortie de conteneurs. F. Watt affirme n'avoir récupéré que 11 millions de FCFA avant l'arrêt des remboursements. Se disant trompée, elle réclame la condamnation solidaire des deux prévenues au paiement de 40,4 millions de FCFA. D. Mboup affirme avoir été elle-même trompée À l'audience, D. Mboup a contesté avoir exercé comme transitaire. Elle reconnaît toutefois avoir reçu 31 millions de FCFA de F. Watt pour les transmettre à D. Dioum. Elle aurait également envoyé du crédit téléphonique à cette dernière afin qu'elle appelle les créancières pour leur annoncer l'arrivée supposée de conteneurs nécessitant des décaissements urgents. D. Mboup soutient avoir agi comme une simple intermédiaire et affirme avoir elle-même été induite en erreur. D. Dioum décrit une spirale d'endettement D. Dioum ne conteste pas avoir emprunté de l'argent. Elle explique avoir eu recours à ces financements pour maintenir son commerce. Elle reconnaît qu'un emprunt d'un million de FCFA l'obligeait à rembourser 60 000 FCFA par jour, soit des charges financières extrêmement lourdes. Elle affirme avoir été prise dans une spirale de dettes provoquée par des taux exorbitants. La prévenue reconnaît devoir encore 20 millions de FCFA, hors intérêts, à F. Watt, 7,2 millions à A. M. Sow et 1,75 million à M. Sène. Elle assure néanmoins avoir déjà effectué plusieurs remboursements. Elle disculpe totalement D. Mboup, qu'elle présente comme une amie venue lui prêter assistance. L'accusation et la défense s'opposent Les avocats des parties civiles ont plaidé pour le remboursement des sommes restantes. Ils estiment que les deux prévenues doivent répondre des pertes subies par les créancières. Le procureur a requis l'application de la loi. La défense de D. Mboup conteste toute complicité. Les conseils de D. Dioum soutiennent, quant à eux, qu'il s'agit d'un simple litige civil et qu'aucune manœuvre frauduleuse n'a été démontrée. Après plusieurs heures de débats, le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye a mis l'affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 20 juillet. www.dakaractu.com
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