WIRE — Un commerçant n'a pas supporté de voir sa petite amie en compagnie d'un autre homme. Il a assommé son rival avec une brique, l'a traîné sur plusieurs mètres et lui a fracturé le bras gauche. Jugé jeudi dernier devant le tribunal d'instance de Mbour, il a reconnu les faits. C'est une scène digne d'un fait divers passionnel. Nous sommes au mois de juin, aux environs de 22 heures, dans les rues de la Petite-Côte. D. Diop, commerçant au marché central de Mbour, rentre du travail. Sur son chemin, il tombe nez à nez avec un couple qui déambule, visiblement heureux. La jeune fille, c'est Nd. D. Diop. Le jeune homme, c'est A. Ka. Pour le commerçant, le choc est immédiat : cette femme, c'est la sienne. Agression violente dans les rues de Mbour Pétrifié, D. Diop semble d'abord perdre l'usage de ses jambes. Mais très vite, la jalousie le submerge. Une colère noire s'empare de lui. D'un pas alerte, il se précipite vers le couple et s'attaque violemment à A. Ka par derrière. Armé d'une brique, il l'assomme au niveau du cou. Sous la violence du choc, la victime s'écroule et s'évanouit aux pieds de la jeune fille. Mais le commerçant ne s'arrête pas là. Accusant son rival de lui avoir volé la femme de sa vie, il se déchaîne de plus belle. Sous les regards impuissants de Nd. D. Diop, il roue A. Ka de coups de poing, le traîne sauvagement sur plusieurs mètres, puis lui fracture le bras gauche. Pétrifiée, la jeune fille finit par hurler, appelant à l'aide. Des passants interviennent pour séparer les deux antagonistes et arracher la victime des griffes de son agresseur. A. Ka est conduit d'urgence à l'hôpital Thierno Mouhamadoul Mansour Barro de Mbour, où il est admis aux urgences pour recevoir des soins intensifs. Le médecin lui délivre un certificat d'incapacité temporaire de travail (ITT) de trente jours. Muni de son dossier médical, le jeune homme dépose une plainte au commissariat de police de Mbour. D. Diop est arrêté, puis placé sous mandat de dépôt à la maison d'arrêt et de correction de Mbour. Reconnaissance des faits et témoignage Jeudi dernier, comparaissant devant le tribunal d'instance, le commerçant reconnaît les faits sans détour, mais se confond en excuses. " J'ai agi sous le poids de la colère. Je n'ai pas supporté de voir ma petite amie dans les bras d'un autre homme ", explique-t-il au juge. Mais son argumentaire est vite balayé par la principale intéressée. Nd. D. Diop déclare au tribunal que le commerçant n'est plus l'homme de sa vie. " C'est après avoir rompu avec lui que j'ai décidé d'entretenir une relation avec A. Ka. Il est désormais mon ex-copain ", précise-t-elle. La victime, elle, a choisi la voie de l'apaisement. Après un règlement à l'amiable entre les deux familles, A. Ka a accordé son pardon à son bourreau et renoncé à ses dommages et intérêts. Mais le procureur de la République ne l'entend pas ainsi. Il déplore longuement la violence du mis en cause, estimant qu'il a failli ôter la vie d'un homme pour une simple histoire de femme. Il requiert six mois de prison ferme. Le tribunal a mis l'affaire en délibéré au 16 juillet 2026.

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