WIRE — GESTION DES INONDATIONS Mbour se prépare au pire L'hivernage ne s'est pas encore installé, mais le département de Mbour se prépare au pire. La région, située sur un terrain plat, parfois en dessous du niveau de la mer, est naturellement vulnérable aux inondations. Les fortes pluies, exacerbées par le changement climatique, saturent les sols et dépassent les capacités du système de drainage existant. Le phénomène est devenu récurrent dans la capitale de la Petite-Côte depuis un quart de siècle maintenant. À Mbour, hivernage rime avec crainte et désolation pour de nombreux quartiers de la ville. Entre août et septembre 2025, des précipitations comprises entre 90 et 135 millimètres ont submergé la ville. L'ensablement et l'obstruction des canalisations, pour la plupart vétustes, ont aggravé le problème. Située sur un terrain plat, parfois en dessous du niveau de la mer, Mbour est vulnérable aux inondations. L'urbanisation rapide et non planifiée contribue également au phénomène. La croissance démographique et la demande de logements poussent les populations à s'installer dans des zones à risque, notamment des zones humides et des bassins de rétention. Ce grignotage des espaces naturels, qui agissent comme des éponges urbaines, amplifie les risques d'inondation. Le réseau d'évacuation, sous-dimensionné, est régulièrement bouché par les déchets. La lagune de Mballing, dont les berges ont été loties et occupées, est un exemple frappant de ce phénomène. Chaque année, elle est envahie par les eaux de ruissellement. Des aménagements tels que des grilles avaloirs et la réfection d'une digue ont apporté un soulagement partiel, mais l'absence d'entretien régulier limite leur efficacité. La gestion des eaux dans une zone aussi basse nécessite des solutions coûteuses et complexes, dont la durabilité est fragile. Comme les années précédentes, dans la commune de Mbour comme dans d'autres localités du département, plusieurs zones risquent d'être affectées par le phénomène des inondations, qui continue de peser lourdement sur les populations. Le quartier Zone Sonatel, situé dans une zone marécageuse, reste jusqu'ici la zone la plus exposée à ce phénomène. À chaque hivernage, automobilistes, motocyclistes et même charretiers montrent systématiquement une nette aversion à s'y rendre dès que les pluies commencent à y tomber. Ailleurs dans la ville, l'axe routier allant du Commissariat central de police jusqu'au croisement Saly subit régulièrement la furie des eaux, perturbant sérieusement le trafic routier. L'esplanade de l'hôtel de ville, située au quartier Escale, est " permanemment " sous les eaux, pendant l'hivernage. Idem pour l'esplanade du stade Caroline Faye, souvent prisonnière des eaux pendant de longs moments. Ailleurs dans le département, les communes de Joal-Fadiouth, Diass, Nguékokh ne sont pas mieux loties. Dans la cité natale du Président-poète, le calvaire des habitants du quartier Santhie 2 est connu de tous à pareille période. Sans canalisations, ce nouveau quartier implanté sur une zone marécageuse subit de plein fouet le phénomène des inondations, obligeant pratiquement chaque année les sapeurs-pompiers à s'y déployer pour pomper les eaux. Face à un tel tableau de sinistre, une délégation composée du préfet Amadou Diop, du député Mamadou Lamine Diaïté, ainsi que du directeur général de l'ONAS, M. Séni Diène, a effectué une tournée, le 24 août 2025, sur plusieurs sites vulnérables. Le périple a conduit la délégation successivement à Mballing, à la station d'épuration éponyme, à la zone Sonatel, à Gouye Mouride et au pont Oncad. Objectif : constater la situation sur le terrain et échanger directement avec les populations pour identifier des réponses urgentes et durables à apporter. Des mesures complémentaires ont été arrêtées lors de la visite : l'installation d'une pompe à Mballing, d'une pompe et d'un groupe électrogène à Gouye Mouride, ainsi que le déploiement d'une pompe supplémentaire au pont Oncad. L'ONAS avait annoncé que des opérations de nettoyage de la lagune seraient effectuées afin de débarrasser le plan d'eau des sacs plastiques et autres déchets obstruant l'écoulement. Un "plan Marshall" pour Mbour L'année dernière, lors d'un comité départemental de développement (CDD) consacré à la question, les autorités administratives et les élus ont réclamé un " plan Marshall " pour Mbour. En effet, face à l'ampleur des dégâts, l'autorité préfectorale avait mis en place un état-major départemental de suivi quotidien afin de coordonner les interventions. Cet état-major, placé sous la coordination du préfet, avait regroupé sapeurs-pompiers, sous-préfets, maires, services techniques, action sociale et FDS. Il avait permis de faire un reporting en temps réel des sinistres et des zones inondées, pour une réaction plus rapide aux urgences. En 2025, les zones les plus touchées avaient été la commune de Mbour, Joal, Nguékhokh, Diass, Malicounda, Nguéniène, Ngaparou et Sandiara. Le préfet Amadou Diop avait souligné que la réponse devait aller bien au-delà des mesures ponctuelles. Il disait : " C'est un plan Marshall qu'il faut pour le département. " Car, expliquait-il, l'assainissement exige des investissements lourds et de longue haleine, nécessitant des allocations spéciales pour les communes. À l'occasion, le maire de Mbour, Cheikh Issa Sall, rappelait que sa ville, avec près d'un million d'habitants et 42 quartiers, restait confrontée chaque année aux mêmes difficultés, faute d'un système d'assainissement adapté. Pour cette année 2026, il n'a plu qu'une seule fois sur la capitale de la Petite-Côte, c'était dans la nuit du 23 juin dernier. Trop tôt pour envisager le sort de la ville durant cet hivernage. Des mesures conjoncturelles qui ne changent pas grand-chose Mais, concrètement, pas grand-chose n'a évolué depuis lors. Le spectre des inondations continue de guetter le quartier Zone Sonatel où ni les 3,2 km de réseaux de drainage des eaux pluviales, réalisés pour prévenir les inondations, ni les 511,6 ha de superficie drainée par les ouvrages, ni même la station de pompage d'une capacité de 2×200 m3/h, réalisés par le Programme d'Appui aux Communes du Sénégal (Pacasen), n'ont suffi à soulager les populations déjà très inquiètes à l'orée de l'hivernage 2026. El Hadj Omar Sarr, délégué de quartier de Zone Sonatel Extension, s'inquiète de l'attentisme des pouvoirs publics et de l'institution municipale face à la situation de son quartier. " Pour ce qui concerne notre quartier, jusqu'à présent, il n'y a pas de disposition particulière prise par les autorités nous concernant. Au contraire, c'est nous, les habitants du quartier, qui nous débrouillons avec les moyens du bord en achetant des camions de gravats, en les déversant sur les bas-fonds et ensuite en essayant de régler un bulldozer soit auprès des autorités soit auprès de mécènes pour que ces tas puissent être éparpillés, afin de permettre aux voitures et aux piétons de pouvoir passer quand il y a de fortes pluies, parce qu'on est parfois coupés de la ville. Les taximen refusent de venir ici, prétextant les risques de panne. Nous aimerions que les autorités nous prêtent une oreille attentive ", confie-t-il. AMAR MOUSSE DIOP, SECRÉTAIRE MUNICIPAL " La commune ne peut pas régler ces problèmes sans l'appui de l'État " Secrétaire municipal, Amar Moussé Diop fait le point sur les actions et les projets de la commune de Mbour. Il reconnaît la prégnance du sujet sur les priorités de l'équipe municipale, mais estime que les moyens s'avèrent hélas insuffisants pour éradiquer le phénomène. Comment est-ce que l'institution municipale appréhende-t-elle cette question épineuse de la gestion des inondations, à l'orée de l'hivernage 2026 ? Consciente de cette situation qui survient chaque année, la commune de Mbour tient une réunion préparatoire axée sur les questions de l'hivernage. Cette année, on a fait un CDD avec le préfet pour déjà identifier les zones inondables et trouver aussi des solutions, afin d'anticiper les possibilités de régler cette question-là. De ce fait, nous avons d'abord décidé de faire les travaux de curage des canaux, puis d'essayer d'identifier les points bas. Ce sont des questions que la commune est dans l'impossibilité de régler, parce que son budget ne peut pas se permettre des travaux d'assainissement de grande envergure. C'est pour cela qu'on avait déjà écrit à l'État du Sénégal pour pouvoir réaliser des projets d'assainissement et essayer de trouver des solutions de drainage des eaux pluviales. Pour l'instant, dans les points bas, comme la zone de Thiamassas, on va mobiliser les camions hydrocureurs et les motopompes. On avait aussi sollicité l'intervention de Promoville pour le pont ONCAD, où l'on est confronté à un sérieux problème. Le coordonnateur de Promoville, qui était là hier (mercredi), nous a promis de régler tous les problèmes avant les premières pluies, pour permettre à la station ONCAD de pouvoir fonctionner normalement durant toute la période hivernale. Justement, qu'est-ce que la commune a fait dans ce domaine depuis l'arrivée de cette présente équipe en 2022 ? La commune, de 2022 à nos jours, a, avec le peu de moyens dont elle dispose, mené des travaux de drainage des eaux pluviales. C'est ce qui fait que, sur l'esplanade du stade Caroline Faye, on a construit un canal qui nous permet de déverser les eaux stagnantes sur le point bas qui se trouve après le stade. À Zone Sonatel/Terrou Mballing aussi, la commune a initié des travaux de drainage des eaux pluviales dans certaines zones, mais nous reconnaissons que c'est insuffisant par rapport aux problèmes que nous rencontrons durant l'hivernage. En termes d'investissements, pour des ouvrages d'assainissement, en matière de drainage des eaux de pluie, c'est un coût que la commune ne peut pas supporter. Mbour a une chance cependant : c'est la mer. Les potentialités sont là, il suffit juste d'avoir les moyens, d'abord de faire de très bonnes études, ensuite d'obtenir le financement pour pouvoir régler tous ces problèmes. Mais, ces trois dernières années, à travers notre budget et le financement Pacasen, nous faisons de notre mieux pour pouvoir trouver une solution provisoire à ces problèmes-là. Qu'est-ce que vous attendez concrètement des services techniques de l'État, dans cette perspective ? Le chef du service départemental de l'ONAS a manifesté l'engagement de venir nous accompagner. L'année dernière, on a sollicité l'ONAS pour les travaux de curage. Il y a aussi un privé, Delgas Assainissement, qui intervient dans ce domaine pour nous faciliter le curage des canaux et caniveaux. On a aussi discuté avec l'ONAS pour d'éventuels projets d'extension des réseaux d'assainissement. Le chef de service nous a promis de transmettre le message. On a démarré des travaux de canalisation dans les quartiers de Tefess, 11 Novembre et Thiocé. On a écrit à l'État et on ose espérer que le président Bassirou Diomaye Faye, qui est un fils du département, sera réceptif à notre requête. PAPE MBAR FAYE Section:profondeur
"We aggregate wires to encourage regional discovery, sending readers directly back to the original source to explore full coverage."
This is a normalized overview of the breaking feed event. The complete, official release detailing all points, background context, and statements remains hosted by the original publisher.