WIRE — Près de quatre ans après le meurtre de Bassirou Mbaye, muezzin du village de Ndièye dans la commune de Pire, la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Thiès a rendu son verdict. Les dix prévenus poursuivis pour meurtre ont été acquittés de cette accusation au bénéfice du doute. Toutefois, le tribunal les a reconnus coupables d'association de malfaiteurs, d'actions diverses ayant causé des dommages aux personnes et aux biens, d'entrave à l'exercice du culte et de détention illégale d'armes. Ils ont été condamnés chacun à trois ans d'emprisonnement ferme ainsi qu'à une amende de 150 000 francs CFA. Identité des condamnés Parmi les condamnés figurent notamment le chef du village de Ndièye, M. T. Dièye, l'imam M. Wade et plusieurs autres habitants poursuivis dans cette affaire. Un douzième mis en cause, A. Ndiaye, était décédé en détention en septembre 2023 des suites d'une maladie. L'affaire trouve son origine dans un conflit autour de la construction d'une mosquée. Bassirou Mbaye, maçon connu pour sa participation bénévole à plusieurs projets religieux dans la commune de Pire, avait entrepris d'ériger un lieu de culte à Ndièye. Selon l'enquête, des divergences étaient apparues avec certains responsables religieux et coutumiers du village, opposés à son projet. Les investigations avaient mis en évidence un climat de tensions marquées par des intimidations répétées et des désaccords autour de l'implantation de la mosquée. Le 4 octobre 2022, une violente confrontation avait éclaté sur le chantier, entraînant la mort de Bassirou Mbaye. Défense des prévenus Au cours du procès, les prévenus ont majoritairement nié toute implication dans le meurtre, tout en reconnaissant pour certains leur présence sur les lieux au moment des faits. De leur côté, les fils de la victime et plusieurs témoins ont maintenu que les accusés avaient participé à l'expédition qui a précédé le drame. Alors que le parquet avait requis dix ans de réclusion criminelle contre dix des prévenus et demandé l'acquittement d'un onzième accusé, la chambre criminelle a finalement écarté la qualification de meurtre, estimant que les éléments du dossier ne permettaient pas d'identifier avec certitude les auteurs des coups mortels. La décision met un terme judiciaire à l'une des affaires criminelles les plus marquantes de ces dernières années dans la région de Thiès, même si elle pourrait continuer à susciter des réactions au sein des parties concernées.
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