WIRE — À Touba, lors de l'inauguration du siège de Pastef, Ousmane Sonko a signé sa charge la plus virulente contre le président Bassirou Diomaye Faye depuis leur rupture politique. Accusations de manipulations, intimidations contre des directeurs généraux, mise en garde sur une éventuelle dissolution de l'Assemblée nationale, menace de motions de censure et critiques contre la gestion du pouvoir : le président de Pastef a livré un réquisitoire sans concession contre son ancien compagnon de lutte. Ousmane Sonko a décoché ses flèches contre le chef de l'État, qu'il accuse de manigances, de manipulations et d'intimidations. " Depuis quelques jours, les directeurs généraux défilent au Palais pour se faire menacer. Je connais tous les DG qui ont répondu. La plupart m'ont rendu compte et certains ne m'ont pas informé, mais je garde toujours confiance en eux. Je suis convaincu que ceux qui ont décidé de rejoindre ce parti mort-né ne pourront même pas y emmener leurs épouses ", a-t-il déclaré. Accusations de manipulation et intimidations Poursuivant son propos, il lance un défi : " S'il le veut, qu'il limoge tous les DG de Pastef au prochain Conseil des ministres, même les PCA. Il a commencé, qu'il poursuive. Je vous promets qu'à ce rythme, avec toutes ces représailles judiciaires qu'il recycle, le pays va à l'abîme ", a prédit l'ancien Premier ministre. Avec le recul, Ousmane Sonko a dit regretter la confiance qu'il avait placée en Bassirou Diomaye Faye. " Que Dieu nous préserve d'un président frileux. C'est une catastrophe. C'est quelqu'un qui se laisse manipuler facilement. Il se laisse influencer par des hommes politiques de dernière zone. Même l'opposition le manipule en lui faisant croire qu'il détient les forces de défense et de sécurité et qu'il a la possibilité d'obtenir un second mandat. " Cependant, il souligne : " Aujourd'hui, avec le recul, je me rends compte qu'il a travaillé en coulisses pour créer son parti dans le parti. C'est à cela qu'il s'employait lorsqu'il occupait les postes de secrétaire général et de coordonnateur des cadres. Une fois devenu président, il s'est cru tout permis et pense récupérer la majorité des membres du parti en leur disant qu'ils ne peuvent pas travailler pour lui et vouloir porter un autre candidat en 2029. Tous les DG sont là. Mais, malheureusement pour lui, personne ne l'a suivi ", a souligné Sonko. Clarifications sur les passeports diplomatiques Ainsi, il a tenu à clarifier sa position sur la polémique des passeports diplomatiques. " Cela relève de la responsabilité du président, qui a décidé de tout verrouiller et de tout contrôler. Ils ont raconté énormément de contrevérités et multiplié les manipulations. " Selon lui, ce qu'il avait proposé était " de permettre aux hommes d'affaires, aux chefs religieux et aux personnes malades devant être évacuées à l'étranger de bénéficier de passeports diplomatiques ". À l'appui de ses explications, il est revenu sur un échange qu'il affirme avoir eu avec l'ambassadrice de France au Sénégal. " Elle s'était permis de dire à certains chefs religieux qu'elle était prête à leur délivrer des visas si l'État du Sénégal leur refusait un passeport diplomatique. Je l'ai fait venir dans mon bureau pour lui rappeler qu'elle ne devait pas s'immiscer dans les affaires intérieures du Sénégal et qu'elle devait se limiter à sa mission diplomatique ", a révélé Ousmane Sonko. Il a poursuivi : " J'avais malheureusement accordé ma confiance à une personne. Elle nous a trahis et elle en subira les conséquences. "
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