WIRE — La crise qui secoue la Fédération sénégalaise de football (FSF) ne se limite pas à l'échec des Lions lors de la Coupe du monde. Dans un entretien sans concession, le président de la Commission communication de la FSF, Bacary Cissé, met directement en cause le fonctionnement administratif de l'instance. Il estime que le Secrétaire général, Abdoulaye Saydou Sow, porte une lourde responsabilité dans les dysfonctionnements internes et affirme que ce dernier ne bénéficie plus du respect des joueurs, plaidant ouvertement pour son remplacement. L'élimination précoce du Sénégal au Mondial continue de provoquer des remous au sein de la Fédération sénégalaise de football. Si les critiques se sont d'abord concentrées sur le staff technique et les choix sportifs, Bacary Cissé estime que les véritables problèmes sont aussi à rechercher dans le fonctionnement administratif de l'institution. Le président de la Commission communication assure que les difficultés actuelles sont le résultat de dysfonctionnements qu'il dénonce depuis plusieurs mois au sein du Comité exécutif. " Je suis un homme de conviction et de principes. Les membres du Comité exécutif sont des élus. Mais, dans les faits, les commissions ne fonctionnaient pas. Depuis le 25 octobre, le Secrétaire général nous expliquait que les commissions n'avaient pas de rôle opérationnel, mais uniquement un rôle consultatif. Depuis cette date, aucun président de commission n'a pu exercer pleinement les prérogatives attachées à sa fonction. Il existe de nombreux blocages ", affirme-t-il. Selon Bacary Cissé, les succès enregistrés ces dernières années auraient masqué des difficultés beaucoup plus profondes. Il estime notamment que le sacre continental a entretenu l'idée d'une Fédération fonctionnant correctement, alors que, selon lui, plusieurs dysfonctionnements persistaient déjà. " Les résultats obtenus lors de la Coupe d'Afrique donnent l'impression que tout fonctionne parfaitement. Ce n'est pourtant pas le cas. La preuve : nous sommes revenus du Maroc sans même procéder au bilan de la CAN ", déplore-t-il. Le responsable de la communication affirme également avoir multiplié les alertes auprès des dirigeants avant même la Coupe du monde. " Plusieurs membres du Comité exécutif, dont moi-même, ont régulièrement attiré l'attention sur cette situation. J'ai d'ailleurs expliqué au président qu'à la date du 16 mars, je lui avais déjà dit que cette Fédération marchait sur la tête et qu'il fallait impérativement la redresser. Aujourd'hui encore, rien n'a véritablement changé. Deux personnes dirigent pratiquement tout le football sénégalais et imposent aux autres des décisions parfois inopportunes et impopulaires ", soutient-il. La perte du respect des joueurs Pour Bacary Cissé, la débâcle mondiale doit conduire les dirigeants à assumer leurs responsabilités. Il rappelle qu'après le sacre continental, le président de la Fédération avait publiquement salué le travail de son Secrétaire général et lui avait confié l'essentiel des responsabilités administratives. Mais, à ses yeux, le contexte a profondément changé. " Après la CAN, le président disait disposer de l'un des meilleurs secrétaires généraux. Il lui avait confié l'ensemble des prérogatives administratives. De la même manière qu'il lui avait publiquement adressé des félicitations après les succès enregistrés, il doit aujourd'hui avoir le courage de dire aux Sénégalais qu'après cet échec, son Secrétaire général n'est plus à la hauteur de la mission qui lui est confiée et qu'il doit quitter ses fonctions ", déclare-t-il. L'un des passages les plus marquants de son intervention concerne le rapport entre Abdoulaye Saydou Sow et les internationaux sénégalais. Sans citer d'exemple précis, Bacary Cissé affirme que le Secrétaire général aurait perdu son autorité auprès du groupe. " Les joueurs ne lui témoignent plus aucun respect. C'est une situation dangereuse. Il faut le remplacer ", tranche-t-il, considérant qu'un changement à ce poste est devenu indispensable pour rétablir un fonctionnement normal de la Fédération. Malgré la portée de ses déclarations, le président de la Commission communication assume pleinement sa prise de position. " La décision consistant à demander son départ, je l'assume pleinement ", insiste-t-il, estimant qu'il s'agit d'un choix dicté par " des convictions et des principes " et non d'un règlement de comptes personnel.

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