WIRE — Annoncé à Dakar le 17 juillet dans le cadre de sa campagne pour le poste de secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU), Macky Sall devrait bénéficier d'un accueil à la hauteur de son statut au sein de l'Alliance pour la République (APR). Son porte-parole, Seydou Guèye, affirme que son parti se mobilise pour réserver à son leader un retour " avec éclat ", tout en écartant toute lecture politique de cette visite. Il en profite également pour réaffirmer la ligne d'opposition de l'APR, commenter la décision du Conseil constitutionnel sur la révision de la Constitution et évoquer les rapports entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. L'Alliance pour la République (APR) prépare activement le retour de son président, Macky Sall, annoncé à Dakar le 17 juillet. Si la visite n'a pas encore été officiellement détaillée, elle suscite déjà une forte attente au sein des responsables et militants de l'ancien parti au pouvoir. Porte-parole de l'APR, Seydou Guèye assure que cette venue s'inscrit avant tout dans le cadre de la campagne internationale menée par l'ancien chef de l'État en vue de briguer le poste de secrétaire général de l'Organisation des Nations unies. Selon lui, Macky Sall poursuit depuis plusieurs mois une vaste tournée diplomatique destinée à élargir le cercle des soutiens à sa candidature. " Si vous l'avez suivi sur la dernière période, vous remarquerez que le président Sall parcourt le monde pour élargir et consolider les soutiens à sa candidature et partager sa vision d'une ONU dans le temps du monde autour d'un multilatéralisme rénové ", explique-t-il. À ses yeux, il était donc naturel que cette démarche passe également par le Sénégal et la sous-région, " singulièrement le Sénégal, qui est au-dessus de tout et qu'il a dans le cœur ". Préparatifs pour l'accueil de Macky Sall Seydou Guèye annonce d'ores et déjà un accueil à la mesure de l' ancien président de la République. " Sans aucun doute, l'Alliance pour la République se prépare à l'accueillir avec éclat et à la hauteur de sa grande œuvre, de son leadership et de la fierté légitime que beaucoup d'entre nous éprouvons de le voir bientôt siéger sur le toit de la gouvernance mondiale en tant que prochain secrétaire général de l'ONU ", déclare-t-il. Le porte-parole de l'APR indique toutefois ne pas être en mesure de préciser la durée du séjour de Macky Sall ni les différentes étapes de son agenda. Il estime néanmoins que cette visite pourrait s'étendre à d'autres pays de la sous-région dans le cadre de sa campagne diplomatique. " Je ne connais pas encore les séquences de son agenda ni la durée de son séjour. Mais cette visite auprès des chefs d'État et autres autorités pourrait le conduire également dans les pays voisins, frères et amis du Sénégal ", affirme-t-il. Pour lui, cette tournée ne doit pas être interprétée sous un angle partisan. " Comme vous l'imaginez, cette tournée n'aura pas de relents politiques au regard des enjeux diplomatiques et institutionnels. Elle devra se dérouler en parfaite cohérence avec les exigences évidentes qui s'imposent à tout candidat en campagne pour briguer le poste de secrétaire général de l'ONU. " Interrogé sur les spéculations faisant état d'un possible rapprochement entre Macky Sall et le président Bassirou Diomaye Faye, notamment dans la perspective d'un soutien officiel du Sénégal à sa candidature aux Nations unies, Seydou Guèye écarte toute remise en cause de la ligne politique de son parti. Il rappelle que l'APR demeure un parti d'opposition et affirme que sa stratégie n'a pas changé. " L'APR est un parti pivot de l'opposition politique. Nous travaillons autour d'une ligne claire. Nous combattons le pouvoir de Pastef au quotidien, nous nous préparons aux élections territoriales de 2027 et nous voulons l'alternance en 2029. Nous sommes tous tendus vers cette ligne qui est une ligne claire et une ligne d'espérance pour les populations ", soutient-il. Le responsable politique réagit également aux accusations formulées récemment par son parti contre la coalition " Diomaye Président ", après la réception de plusieurs maires issus de l'APR au Palais de la République. Tout en reconnaissant au chef de l'État le droit de rechercher une majorité favorable à son action, Seydou Guèye estime que cette démarche relève de la logique politique. " Le président Diomaye a le droit de chercher une majorité parlementaire qui accompagne sa vision et les politiques publiques qui en découlent pour la stabilité et le fonctionnement harmonieux des institutions de la République ", affirme-t-il. Sur le rejet, par le Conseil constitutionnel, de la proposition de loi portant révision de la Constitution initiée par des députés de Pastef, Seydou Guèye salue une décision qui, selon lui, préserve les équilibres institutionnels. Il considère que le texte était porteur de nombreux risques pour les institutions. " Cette proposition de loi régressive pour notre République a été déclarée inconstitutionnelle par l'instance compétente. Je voudrais me réjouir de la décision du Conseil constitutionnel qui remet le droit dans son lit ", déclare-t-il. Avant même cette décision, rappelle-t-il, l'APR avait rejeté le texte, estimant qu'il " n'apportait rien à la consolidation de la démocratie inclusive ou participative " et qu'il visait essentiellement " à servir le destin personnel d'un homme ". Réactions sur la révision de la Constitution Selon Seydou Guèye, cette réforme aurait pu conduire à une remise en cause de l'équilibre institutionnel. Il évoque notamment " une volonté claire de fragiliser le président de la République, garant du fonctionnement régulier des institutions, voire de le rendre impuissant ". À ses yeux, " la force de la loi a arrêté la furie partisane ". Le porte-parole de l'APR estime également que le recours introduit par le président Bassirou Diomaye Faye devant le Conseil constitutionnel était conforme à son rôle institutionnel. " Le président de la République doit, en toutes circonstances, honorer son serment de défendre la République et de garantir le fonctionnement régulier des institutions ", affirme-t-il. Selon lui, la majorité parlementaire de Pastef avait tenté " de tailler la Constitution à la mesure d'un homme ", ce qui justifiait une réaction du chef de l'État. Enfin, Seydou Guèye estime que les divergences entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, sont bien réelles. " Les divergences sont réelles. Aujourd'hui, il est clairement établi que le président Diomaye s'émancipe et veut s'assumer comme président de la République et acteur politique central ", analyse-t-il. Il appelle, dans ce contexte, l'opposition à poursuivre son travail de terrain et à renforcer son unité face au pouvoir en place. À l'en croire, les Sénégalais attendent désormais des réponses à leurs préoccupations quotidiennes plutôt qu'une confrontation entre les dirigeants de l'exécutif. " Le Pastef nous avait promis la rupture. À l'arrivée, c'est le recyclage des pratiques qu'il dénonçait. Les Sénégalais sont exaspérés de ce spectacle honteux d'une lutte fratricide pour capter le pouvoir, et qui ne se soucie guère de leurs priorités ou de leurs préoccupations ", conclut-il.

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